CHAPITRE XX
ACCESSOIRES DES ÉGLISES
- PISCINES. — BENITIERS. — FONTS BAPTISMAUX. — TOMBEAUX. CIMETIÈRES. — LANTERNES DES MORTS.
Pour se faire une idée complète de la physionomie que présentaient les églises romanes, on ne peut se contenter d'en étudier l'architecture proprement dite et la décoration, il est indispensable de connaître les accessoires nécessaires à la célébration du culte, ou que la piété des fidèles y accumulait.
Le plus important de ces accessoires est l'autel dont on se ser\?ait pour le Saint Sacrifice de la messe. Nous avons vu qu'avec le temps des modifications nombreuses s'étaient introduites dans les usages des premiers siècles. Le nombre des autels s'était multiplié, et les églises de campagne elles-mêmes avaient, en dehors du maître-autel logé à l'entrée de l'abside, des autels secondaires placés dans les absidioles, ou à l'extrémité orientale des bas-côtés, ou dans les bras du transept.
Depuis l'époque carolingienne, la vieille coutume qui voulait qu'on enfermât les tombeaux des saints dont on conservait les corps, dans une confession sur laquelle on élevait l'autel, était abandonnée, ou du moins elle s'était transformée. Les confessions étaient devenues des cryptes, c'est-à-dire des chapelles souterraines aj'ant elles-mêmes un ou plusieurs autels, et leur superficie, même quand elles étaient petites, dépassait notablement l'espace que le maître-autel occupait audessus d'elles.
Depuis l'époque carolingienne, l'usage de surmonter l'autel d'un ciborium était tombé en désuétude, du moins en Gaule, car j'ai dit plus haut qu'en Italie il ne passa jamais complètement de mode. Même chez nous, d'ailleurs, on en fit encore quelquefois dans certains monuments exceptionnels; ainsi, dans la première moitié du xi'= siècle, un des plus grands abbés de Cluny, saint Odilon, surmonta l'autel de saint Pierre, dans son église abbatiale, d'un ciborium dont les colonnes étaient revêtues d'argent niellé ' ; et la tradition n'en était pas encore complètement perdue au xni'' siècle, car un des vitraux de la Sainte-Chapelle nous montre