Ihid., p. 191. Duchesne, p. 245, n
3. Aussi leur donnait-on le nom d'oHcilioiia- 6. J. Bouillart, Hisl. de Saiiit-Geimain-ihsn'iim. l'it'lt P- 4-
4. Holtzinger, /?//(■/)/-. .•i/r/.)//., p. 1 1 5, fio. g2. 7. Greg. Magni, £/;/.?/., VI, 49.
100 ETUDE DETAILLEE DES BASILIQUES
Quelques églises particulièrement favorisées possédaient plusieurs corps de martyrs. Dans ce cas, on les réunissait volontiers dans une même confession de grande dimension. C'est là l'origine de ces chapelles souterraines que l'on nomme crj'ptes. Grégoire de Tours parle assez souvent de cr^'ptes; et si, dans certains cas, il semble avoir donné ce nom à de simples confessions, dans d'autres, il l'applique certainement à de véritables chapelles souterraines. Telle était la crypte de l'église Saint-Jean à Lyon, où on avait réuni les tombeaux de saint Irénée, de
saint Epipodius et de saint Alexandre, martyrisés au m' siècle". Telle était encore la crypte de l'église Saint-Pierre à Bordeaux ; et celle-ci devait être assez grande, car Grégoire de Tours nous apprend qu'elle contenait un autel, qu'on y célébrait des offices auxquels les fidèles pouvaient assister, et qu'une femme y étant restée à prier à la fin d'un de ces offices, y fut enfermée par les prêtres qui ne l'avaient pas aperçue -.
Ce qui achève de prouver d'ailleurs qu'il y a eu de véritables cryptes en Gaule, au moins dès le temps de Grégoire de Tours, c'est qu'il nous en reste une ou deux dont la date n'est peut-être pas postérieure de beaucoup à l'époque où vivait cet illustre prélat. La plus ancienne est certainement la crypte de Jouarre (Seine-et- Marne); elle se compose de deux parties : l'une, très grossièrement bâtie, ne remonte sans doute qu'à l'époque carolingienne; l'autre, ornée de colonnes antiques et de quelques jolis chapiteaux du iV siècle (fig. 36), est habituellement considérée comme un reste d'une église bâtie vers 634 '; elle contient, en effet, une série de très vieux tombeaux dont l'un porte une inscription au nom d'une abbesse Tichilde qui mourut dans la seconde moitié du vu" siècle (fig. 37) +. Peut-être aussi ancienne, et en tout cas beaucoup plus complète, est la belle crypte qui s'étend sous la partie orientale de l'église Saint-Laurent de Grenoble >. Son plan exceptionnel (fig. 83), qui semble inspiré des chapelles trichores, assez communes du
Fig. 85. — Grenoble. Crvpte de Snint-L.iurent.