AUTELS, CONFESSIONS ET CRYPTES
Il n'y avait primitivement qu'un autel dans chaque basilique, mais de très bonne heure on fut obligé d'en augmenter le nombre. Cette innovation se serait produite dès la première moitié du iV-' siècle, à en croire un passage du Liber pontificalis où il est dit que Constantin avait donné à la basilique de Saint-Pierre sept autels d'argent '. Mais Mgr Duchesne suppose avec toute vraisemblance qu'il ne s'agit pas ici d'autels proprement dits ', niais seulement de ces tables ou crédences sur lesquelles les fidèles déposaient leurs offrandes ' et qu'on voit figurer dans quelques très anciens monuments, notamment sur la mosaïque de la coupole de San Giovanni in Fonte, à Ravenne K
Quoi qu'il en soit, au v= siècle, le pape Hilaire adjoignit trois oratoires au
Fig. 82. — Tocane-S.iiiit-AprL-. l-ragiiiciit de cliancel.
baptistère de Saint-Jean-de-Latran >. Au \i'-' siècle, saint Germain consacra quatre autels, à Paris, dans l'église Sainte-Croix-et-Saint-Vincent, devenue plus tard Saint-Germain-des-Prés '. Il y en avait même treize dans une église de Saintes dont il est question dans les lettres de saint Grégoire le Grand '. Le jour où les autels se fiirent multipliés de la sorte, il devint impossible d'avoir un corps saint à placer sous chacun d'eux; on fut donc amené à se contenter d'une portion de corps, voire même d'une particule très petite scellée dans la pierre consacrée qui constituait l'élément essentiel de tout autel.
Les autels secondaires étaient généralement très simples; ils étaient placés dans les absidioles ou le long des murs de la nef. Ils n'avaient point de confession proprement dite, mais tout au plus un de ces coftres à reliques dont j'ai parlé plus haut. Ils étaient rarement surmontés d'un ciborium.
1. Lih. pontif., t. I, p. 172. 5. Lih. poiilif., t. I, ji. 242, et la note de Mgi-