Picardie hist. et moiiuni., t. V, p. 140 et s
4. La gravure donnée par' Petau paraissant être la plus conforme à l'original, c'est celle que j'ai fait reproduire ici.
5. Elle a été .reproduite dans Y An^eiger fur Kunde des deutschen Vor^eit de 1872 et dans Essenwein, Handbuch der Architectur , t. III, i« p., p. 133. L'original se trouve dans un évangéliaire donné par le prêtre Hillinus.
6. Mirac. S. Maximini Miciac, dans les Acia SS, ord. S. Bened.,'t. I, p. 79.
dans le monument, et l'une d'elles a été retrouvée sous le badigeon qui cachait une mosaïque dont Théodulphe avait orné la voûte de l'abside principale (fig. 220).
L'église de Germigny-des-Prés est donc un monument à date absolument certaine, et quoique une restauration excessive lui ait fait perdre en grande partie son apparence vénérable (fig. 127), elle n'en mérite pas inoins d'être considérée comme
Fig. 127. — Germigny-des-Prés.
un point de repère des plus précieux au milieu des ténèbres qui obscurcissent l'histoire de l'art carolingien.
Malheureusement cette église était d'un type particulier. Au lieu de former un rectangle allongé comme la plupart des églises latines, elle dessinait primitivement un carré parfait flanqué sur chaque face d'une abside saillante (fig. 128). La nef que l'on voit aujourd'hui est de date récente, et on a retrouvé les fondations de l'abside qui fermait originairement le monument du côté actuellement occupé par cette nef.
L'église de Germigny passait du reste, aux yeux mêmes des contemporains, pour
AIX-I.A-CHAPRI.I.i-
un édifice exceptionnel. Tiiéodulplie l'avait bâtie, nous dit un chroniqueur, à l'instar de la fameuse Chapelle palatine fondée par Charlemagne à Aix-la-Chapelle '. Mais c'est seulement par le luxe de sa décoration qu'elle pouvait être comparée à ce dernier monument car. en plan pas plus qu'en élévation, elle n'y ressemble le moins du monde.
L'église d'Aix-la-Chapelle existe encore et, quoique les outrages du temps, et surtout des hommes, en aient singulièrement altéré l'aspect primitif, on peut en restituer les traits essentiels avec assez d'assurance. Elle fut commencée vers 790 et consacrée en 804. Elle n'avait pas un siècle d'existence quand elle fut mise au
Fig. 128. — Église de Germigny-des-Prés Plan primitif, d'après J. Liscli.
l'ig. 129. — Aix-la-Cluipellc.
Parties carolingiennes.
pillage par les Normands, en 882 -. Elle fut restaurée à la fin du x" siècle par l'empereur Othon III; l'adjonction d'une série de chapelles et d'un vaste sanctuaire gothique a transformé le monument, mais il n'en a pas moins gardé jusqu'au xviii" siècle des preuves indiscutables de son ancienneté, notamment une mosaïque qui ornait la coupole centrale et fut malheureusement remplacée par des ornements inspirés de la mode déplorable qui exerça alors tant de ravages dans nos éghses. D'autres mutilations eurent lieu à la Révolution, elles ont été en partie réparées sous le premier Empire et lors des travaux de restauration entrepris en 1844 K Enfin des fouilles méthodiques, faites en 1861, ont fait retrouver les fondations du sanctuaire primitif et des constructions principales qui entouraient l'église ■•. C'était une imitation de Saint-Vital de Ravenne, c'est-à-dire une construction de forme octogone (fig. 1 29), composée d'une partie centrale voûtée en coupole et domi-
I. « Theodulfus... basilicam miri operis, instar videlicet ejus que Aquis est constituta, edificavit. » Mirac. saiicii Maxiwnii Miciac, dans Schlosser, p. 218, no 682.
Lasteyrie.
Architcchtrc