LE PLAN DE SAINT-GALL
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Fig. 124. — Fragment du plan de l'abbaye de Saint-Gall.
niqueui's décrivent les églises de ce temps : il fournit le plus utile contrôle aux appréciations des archéologues sur certains monuments réputés carolingiens. Nous avons un autre document, que l'on a mis parfois en parallèle avec le plan
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Fig. 125. — L'abbaye de Saint-Riquier, d'après une
de Saint-Gall. C'est une sorte de vue cavalière de l'abbaye de Saint-Riquier (fig. 125), qui ornait jadis le manuscrit original de la chronique de cette abbaye, écrit par Hariulf vers l'an 1088. Ce manuscrit a malheureusement péri dans un incendie en 17 19. Mais la miniature représentant l'abbaye avait été gravée au xvii^ siècle
GERMIGNY-DKS-PKKS
et publiée par Petau ' et Mabillon ^ M. Georges Durand, dans l'excellente monographie qu'il vient de consacrera Saint-Riquier ', en a tait une étude approfondie. Il a démontré que la grande église, bâtie vers l'an 800 par l'abbé Angilbert, n'avait été démolie qu'à l'extrême fin du xi^ siècle, que l'auteur de la miniature l'avait certainement eue sous les yeux, et que son dessin, quelque naïf qu'il soit, apporte de précieux éclaircissements aux textes qui concernent cette vieille église +.
Je mentionnerai encore une miniature du xi"= siècle qui nous montre l'ancienne cathédrale de Cologne >, commencée en 873 et remplacée plus tard par le vaste édifice gothique que l'on admire aujourd'hui (fig. 126). Les renseignements que nous fournit cette vue sont, en effet, corroborés par une ancienne description qui nous apprend qu'à l'époque carolingienne la cathédrale de Cologne était une longue basilique éclairée de chaque côté de la nef par douze fenêtres . Elle avait deux chœurs, deux cryptes et deux tours bâties en bois, de part et d'autre du chœur occidental.
Enfin les manuscrits à peintures du ix" et du x" siècle nous ont conservé un assez grand nombre de détails
d'architecture qui ne sont pas tous des œuvres de pure fantaisie, et dont on peut tirer quelques données curieuses sur la décoration des églises.
Quels sont les monuments carolingiens dont il reste quelque chose ? J'ai déjà dit que nos archéologues les plus autorisés en sont venus à considérer comme impossible de répondre à cette question d'une façon satisfaisante.
Nous possédons cependant, pour le ix" siècle, un édifice au moins dont la date est incontestable, c'est l'église de Germigny-des-Prés, dans l'Orléanais. Elle fut fondée sous le règne de Charlemagne par Théodulphe, évêque d'Orléans, un des plus fameux prélats du temps. A en croire une inscription, malheureusement des plus suspectes, elle aurait été consacrée le 3 janvier 806. Un incendie la ravagea dans le courant du ix= siècle ou au début du x^ Mais malgré ce désastre la plus grande partie de l'église nous est parvenue et a même conservé des restes considérables de sa décoration primitive. L'authenticité de ces restes est indiscutable, car un écrivain du x" siècle '' nous a conservé le texte des inscriptions qu'on lisait
— La cathédrale de Cologne au ix° siècle, d'après une ancienne miniature.
1. Petau, De Nitharâo... ac iota ejusâem prosap/'fl (Paris, 1613, in-4).