‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 89 sur 377 · Bull, mou., t. LXIII, p · texte numérisé non relu

Bull, mou., t. LXIII, p

7. Le P. de la Croix, Etude sur V ancienne église de Saint-Philibert de Grandlieu, p. 461.

DANS L OUEST. DR I.A l'RANCE

compliquée des piliers et des arcades à voussures multiples qui les relient. Mais, s'il est vrai qu'on n'a encore signalé des arcades ou des piliers de ce genre dans aucune construction sûrement carolingienne, par contre l'appareil des piliers de cette nef, avec son alternance de briques et d'assises de pierres (fig. 132), ne se rencontre en France dans aucune église romane ; on le retrouve au contraire dans plusieurs édifices du ix"-" siècle peu éloignés de Grandlieu. Le plus probable est donc

Fig. 131. — Rotonde de .Vlettkich.

que la nef de Saint-Philbert fut rebâtie dès l'époque carolingienne, mais à une date tardive où les pratiques que devaient généraliser les architectes romans commençaient à se mêler aux traditions anciennes.

A l'appui de cette hypothèse on peut invoquer la grande analogie qui existe entre cet appareil et celui du carré du transept d'une église certainement antérieure à l'époque romane, je veux parler de Saint-Martin d'Angers. Cet édifice passe pour avoir été fondé, au ix' siècle, par l'impératrice Hermengarde, femme de Louis le Pieux, ou par Hildegarde, femme de Charlemagne. Malheureusement cette tradition ne repose sur aucune base sérieuse. M. d'Espinay l'a amplement démontré.

140 L ARCHITECTURE RELIGIEUSE A 1. EPOaUE CAROLINGIENNE

Néanmoins il a donné de bonnes raisons pour croire que cette église, fondée au vii^ siècle par l'évêque saint Léon qui y fut enterré ', a été rebâtie au ix^ siècle -. Malgré l'excellent travail de M. d'Espinay, on a contesté l'antiquité de l'église Saint-Martin d'Angers. M. Alfred Ramé, s'appuyant sur une charte de Foulques Nerra qui mentionne une restauration de l'édifice vers l'an 1020, a déclaré un peu légèrement que cet édifice « ne saurait prétendre à une origine carlovingienne ' ».

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Fig. .3.

Mais, s'il avait fait une étude attentive du monument lui-même, il se serait sans doute aperçu qu'on y reconnaît les restes très visibles de plusieurs constructions d'âge différent; d'abord un magnifique chœur contemporain de Louis VII ou de Philippe-Auguste, puis une nef non voûtée, sûrement antérieure au xii' siècle et dans laquelle je ne crois pas téméraire de reconnaître l'œuvre de Foulques Nerra ; enfin un transept assez saillant, bâti en petit appareil, et dont le centre comprend deux parties distinctes : d'abord quatre grands arcs en plein cintre, construits en briques et pierres et surmontés d'une tour carrée, puis à l'intérieur de cette con-

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