‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 90 sur 377 · G. d'Espinay, Notices archéologiques, t. I, p. 117 et s · texte numérisé non relu

G. d'Espinay, Notices archéologiques, t. I, p. 117 et s

2. Des fouilles soigneusement exécutées par M. l'abbé Pinier, propriétaire de Saint-Martin, ont fait retrouver récemment l'abside de l'église carolingienne, et à quelque distance l'abside d'une église plus ancienne, qui est probablement celle p. li

du vue siècle. Des ornements de pur st^-le carolingien découverts dans les fouilles (S;///, mon., t. LXX, p. 88) ont fourni un nouvel argument à l'appui des conclusions que je soutiens ici.

3. Alf. Ramé, De l'état denos connniss. stirVarchit. carlov. (Bull, âv Comité îles Trav. Inst., 1882,

DANS L OUEST DK LA l'RANCE

struction une coupole sur pendentifs, ajoutée après coup, car ni les arcs qui la portent, ni les quatre grosses piles rondes surmontées de quatre colonnettes qui les soutiennent ne sont liés avec les maçonneries voisines. La forme aplatie de cette coupole, les chapiteaux ornés d'entrelacs et de damiers des grosses piles, ceux qui couronnent les quatre colonnettes et qui sont grossièrement imités du type corinthien, forment un ensemble assez archaïque pour qu'on doive l'attribuer sans hésiter au xi'' siècle, c'est-à-dire sans doute au même cycle de constructions que la

Ph. M. H. Église Saint-Martin. Arc triomphal.

nef. Il en résulte que le transept, avec ses insertions de briques, ne saurait être postérieur au x'-' siècle.

Une découverte récente vient d'apporter une confirmation éclatante à cette opinion. Des travaux exécutés en 1757 et 1763 avaient révélé l'existence dans le .sol de la cathédrale d'Angers de restes assez importants des églises qui ont précédé la cathédrale actuelle. Au mois d'août 1902, des fouilles dirigées par M. de Farcy ont remis ces restes au jour. Ils comprennent l'abside, le transept et une partie de la nef de l'édifice reconstruit au commencement du xi^ siècle par l'évèque Hubert de Vendôme et consacré le lé août 1030 ; puis, à un niveau inférieur, la nef d'une église plus ancienne, qui par conséquent remonte au moins à l'époque carolin-

gieniie. Or cette église qui aura remplacé, au viii" ou au ix' siècle, celle qui avait été élevée vers 470 ', était construite en pierres alternant avec trois rangs de briques -. C'est le même genre d'appareil qu'à Saint-Martin d'Angers ou à Saint- Philbert-de-Grandlieu. L'attribution de ces monuments à l'époque carolingienne est donc parfaitement justifiée.

On peut d'ailleurs reconnaître au transept de l'église Saint-Serge, dans la même

Fig. 134. — Gravant. Côté sud de la nef.

ville d'Angers, quelques restes d'un quatrième édifice de la même famille et de la même date. Ce transept est un mélange hybride de constructions successives, entre lesquelles on remarque des maçonneries en petit appareil, et à la base des piliers de la croisée quelques assises plus anciennes de grand appareil alternant avec deux rangs de briques. M. d'Espinay a fort bien établi que les parties en petit appareil devaient remonter à l'évêque Renaud qui restaura l'édifice vers l'an 1000 ' ; dès lors les assises plus anciennes, qui alternent avec des briques, doivent dater de la restauration qui suivit le départ des Normands dans le dernier quart du ix'^ siècle.

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