‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 91 sur 377 · D'Espinay, Notices archéol., t. I, p. 177 et s · texte numérisé non relu

D'Espinay, Notices archéol., t. I, p. 177 et s

DANS L OUEST DE I.A l'HANCE

C'est sans doute vers la même époque qu'il faut classer diverses constructions en petit appareil avec mélange de briques qu'on a depuis longtemps signalées en Touraine ou en Anjou, comme Saint-Eusèbe de Gennes (Maine-et-Loire) et Gravant, près de Loches. Le manque de renseignements historiques ne permet pas de se prononcer avec trop d'assurance sur l'âge de l'église de Gennes '. Mais on peut considérer celle de Gravant comme un bon spécimen de l'art carolingien

del. (M. H.)

(fig. 134), car elle ressemble étonnamment à une autre église dont on a vainement tenté de contester l'antiquité : je veux parler de Saint-Généroux (Deux-Sèvres). M. Berthelé a prouvé d'une façon irréfutable que celle-ci remontait au moins au x'= siècle (fig. 135). Il eût même pu l'attribuer au siècle précédent, s'il ne l'avait jugée un peu postérieure à une autre église, celle de Gourgé, qu'il a eu le mérite de faire connaître et dont la date paraît devoir être circonscrite entre 889 et 942 ^. L'église de Gourgé n'est pas assez bien conservée pour que j'ose me prononcer sur cette question d'antériorité. Mais, quoi qu'on en pense, on peut affirmer que les églises de Saint-Généroux et de Gravant sont bien des monuments carolingiens.

I. M. d'Espina)', qui a consacré quelques carolingienne (Notices archéol., t. II, p. 123). pages judicieuses à ce monument, l'attribue à 2. Berthelé, L'église de Gourgé, dans son Rec.

l'époque mérovingienne ou au début de l'époque pour servir à l'hist. des arts en Poitou, p. 11 et s.

L ARCHITECTURE RELIGIEUSE A L EPOaUE CAROLINGIENNE

et le curieux pilier couvert d'eiitrehics conservé dans cette dernière (fig. 136) ne peut que le confirmer.

Il serait trop long d'éuumérer tous les monuments de l'Anjou et de la Touraine que l'on a voulu faire remonter en tout ou en partie à l'époque carolingienne. Pour la plupart, cette prétention est manifestement insoutenable. On doit néanmoins attribuer au ix" siècle le pignon de l'église de Glanfeuil et sa belle croix d'entrelacs, que M. le chanoine Usureau a fait connaître '. De même à Cormery, près de Tours, M. Bobeau a retrouvé des restes de la façade et de la nef de l'église abbatiale bâtie au ix*-' siècle -. Enfin parmi toutes les constructions de petit appareil, que M. l'abbé Bourassé a trop complaisamment attribuées aux temps mérovingiens, plusieurs doivent dater de la période de paix relative qui suivit la fin des invasions normandes '>. C'est sans doute le cas de l'église Saint-Mesme deChinon. Alfred Ramé s'est eiforcé de prouver qu'elle n'était pas antérieure à l'an 1025 ■*. Il n'est pas douteux en effet qu'on y travaillait dans le second quart du xi" siècle ', et les arguments invoqués par Ramé seraient irréfutables si l'édifice avait été bâti d'un seul jet. Mais il ne faut pas un très long examen du monument pour reconnaître qu'il appartient à diverses époques. L'œuvre du xi^ siècle avec son grand appareil et ses sculptures est venue se superposer à des restes plus anciens, dans lesquels le petit appareil domine et qui offrent assez de ressemblance avec ce qu'on voit à Gravant et à Saint-Généroux pour que Ramé ait déclaré que ces trois constructions sont contemporaines « et qu'une date bien établie pour l'une des trois suffirait à déterminer l'âge des autres '' ». Or, on l'a vu plus haut, Saint-Généroux est au moins du x^ siècle, c'est donc à cette date au moins qu'on peut attribuer les parties les plus anciennes de Saint-Mesme de Chinon.

Fig. i;6. — Cr.ivam.

t'ilastre carolingien.

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