‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 94 sur 377 · DANS LEST DH LA FRANCF · texte numérisé non relu

DANS LEST DH LA FRANCF

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Dijon.

Chapiteaux de la crypte de Saint-Bénign Ph. du vicomte de Trucliis.

très curieux pilier couvert d'ornements (fig. 141) dont le dessin est meilleur que celui des chapiteaux de même date qui couronnent plusieurs colonnes de cette crypte, et surtout que la vilaine tête humaine qui tient la place de l'un d'eux. Cette oeuvre d'une barbarie extrême montre bien à quel point de décadence l'art de la sculpture était alors tombé. On en peut encore juger par la collection de chapiteaux qui s'est conservée à Saint-Romain-le-Puy en Forez '. La date de cette église ne nous est donnée par aucun texte, et MM. Thiollier, qui l'ont signalée à l'attention des archéologues, la supposent du XI'' siècle ; mais quand on compare les chapiteaux qui la décorent (fig. 142) à ceux d'églises italiennes dont l'origine carolingienne n'est pas douteuse, comme celle d'Alliate (fig. 143) par exemple, on est obligé de conclure ou qu'elle est plus ancienne qu'on ne croit, ou qu'on a fait emploi en la reconstruisant de morceaux provenant d'une église du ix= ou du x" siècle.

La sculpture ornementale n'est guère mieux traitée dans la curieuse crypte de Saint-Germain d'Auxerre, bâtie dans le second quart du ix=

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Pilastre de la crypte.

F. et N. Thiollier, Arl el archèol. âans le départ. Je la Loire, pi. 11.

siècle ', ni dans une seconde crypte que l'on possède également à Auxerre ei que l'on peut rattacher à l'art carolingien, quoique chronologiquement elle n'appartienne qu'au début de la période suivante. C'est celle de la cathédrale. Elle fut bâtie par l'évêque Hugues de Chalon, entre 999 et 1039 ^, mais par son mode de construction, son appareil, sa décoration, elle rappelle encore les oeuvres carolingiennes.

La Champagne a passé longtemps pour posséder plusieurs églises en .tout ou partie antérieures à l'an 1000. La plus célèbre d'entre elles est Saint-Remi de Reims. Elle fut, en effet, reconstruite au ix^ siècle, et consacrée en 852 par le fameux archevêque Hincmar. Malheureusement ceux qui ont voulu, comme Viollet-le-Duc ', retrouver dans l'édifice actuel des restes importants de l'église carolingienne se sont étrangement mépris.

Dès 995, en effet, l'abbé Airard entreprit de la remplacer par un édifice plus vaste et plus imposant qu'aucun de ceux qui existaient alors -dans les Gaules. Mais il mourut avant de l'avoir terminé et son successeur Thierr}^ effrayé de ce qui restait à faire, trouva plus sage de démolir ce qui avait été bâti et d'y substituer une construction moins grandiose *. Il ne conserva de l'œuvre d'Airard que certaines parties ' qui lui parurent susceptibles d'être utilisées par les nouveaux rchitectes, notamment les colonnes ; puis quand les murs des galeries ^ furent terminés et que l'intérieur de l'édifice eut atteint une hauteur suffisante, il jeta bas l'édifice d'Hincmar, couvrit le chœur d'un toit provisoire pour permettre la célébration des offices et éleva un petit mausolée au-dessus du tombeau de saint Rémi. L'abbé Thierry mourut sur ces entrefaites (1045). Son successeur Hérimar reprit les travaux après une courte interruption. Il acheva l'aile nord du transept déjà fort avancée, puis s'occupa du bras sud dont les fondations seules étaient posées; il construisit les escaliers donnant accès aux combles et fit apporter des environs d'Orbais les bois nécessaires pour la charpente; le monument enfin

-ig. T43. — Alliate.

D'après Cattaneo.

1 . Le corps de saint Germain y fut transféré en 841 (Heirici Mirac. S. Germ. Autiss., II, 4). Cf J. Tillet, Lahbaye de S. -Germain d' Auxerre, Congr. archéol. d'Avalloii, 1907, p. 627 et s.

2. Gesla poiilif. Autiss., dans Mortet, Recueil de U'xles, p. 92.

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