Pignot, t. I, p
no.
C'est du second abbé de Gluny que date véritablement la grandeur du monastère : la sainteté d'Odon et Tesprit de charité qui Tanimait, joints à sa grande éloquence, lui avaient obtenu un empire incontesté sur les âmes : nous en avons la preuve dans l'appel que lui adressa le pape Léon VII, qui le manda à Rome pour réconcilier le patrice romain Albéric et son beau-père Hugues, roi d'Italie *. Odon mourut le 14 décembre 942, à Tours, et fut enterré dans l'église de Saint-Julien de la même ville.
Aymar, qui succéda à Odon, joua un rôle assez efTacé. Accablé d'infirmités il se désista de ses fonctions, et la dignité abbatiale fut conférée en 94p à un jeune moine nommé Mayeul. L'acte de son élection reçut la sanction de cent trente-quatre religieux venus de différentes maisons soumises à Cluny. Sous saint Mayeul les donations se multiplièrent et la puissance de l'abbaye augmenta considérablement : en même temps la régularité florissait dans le cloitre et le respect qui s'attachait à la personne de l'abbé s'étendit au point que l'empereur Othon II lui offrit la tiare que Mayeul refusa : il servit du moins de médiateur entre Othon et sa mère Adélaïde 2. D'une piété égale à celle de son prédécesseur Odon, Mayeul fut d'une austérité moins sévère, plus doux, plus indulgent et plus tendre : il resta pendant plusieurs siècles un des saints les plus populaires de la France. C'est sous son gouvernement que l'église de Saint-Marcel près Chalon fut reconstruite 3, mais à Cluny il semble s'être contenté de l'église et des bâtiments édifiés par ses prédécesseurs.
L'élection d'Odilon de Mercœur en 991 fut contresignée par cent soixante-dix-sept relii^ieux : c'est Odilon qui établit la fête de la Commémoration des morts ; il augmenta encore le prestige des abbés de Cluny, jouissant d'un res-