‹ L'architecture romane dans l'ancien diocèse de MâconChapitre 115 sur 120 · Penjon, p · texte numérisé non relu

Penjon, p

plein cintre, complètement entourées d'une série de gros disques sculptés en creux : deux pilastres cannelés, munis de bases et de chapiteaux, séparent ces trois baies. Les chapiteaux de ces pilastres et dos modillons intercalés supportent une autre corniche servant d'appui à trois fenêtres en plein cintre dont les archivoltes retombent sur des colonnettes ; deux groupes de deux colonnettes séparent donc les trois fenêtres au-dessus desquelles règne la corniche qui marque la naissance de la voûte. *

Lorsqu'on se retourne pour considérer l'élévation occidentale de cette même travée, on retrouve les mêmes dispositions qu'en face : au rez-de-chaussée, l'ouverture murée du second collatéral, amortie par un arc en cintre brisé, doublé, surmonté d'une partie de mur nu, puis le triforium, et enfin les trois grandes baies (celle du milieu est seule actuellement ouverte). La face occidentale a reçu une décoration moins soignée que la précédente, et cela s'explique parce fait qu'en entrant dans l'église, c'est l'élévation orientale qui se présente aux regards.

La muraille qui fait face à la chapelle Saint-Martial est percée d'abord de deux très longues et larges fenêtres, en plein cintre, sans aucune ornementation caractéristique. Au-dessus, un cordon mouluré sert d'appui à une grande fenêtre en plein cintre, ayant deux colonnettes à ses pieds droits; plus haut encore, règne une petite corniche placée au niveau des tailloirs des chapiteaux des colonnes engagées qui, à droite et à gauche, soutiennent les retombées

1. L*élévation de cette travée reproduisait évidemment Télévation des travées de la grande nef, qui présentait ainsi beaucoup d'analogie avec la nef de Téglise de Paray-le-Monial. « Dans chaque travée (il s*agit de la nef de Cluny), deux rangs de petites arcades ouvertes au-dessus de la grande, différaient de celles du vestibule par leur nombre et leur disposition; les trois arcades du rang inférieur étaient portées par des pilastres, les trois supérieures par de petites colonnes. On remarquait encore, dans cette construction toute à plein cintre, la forme ogivale de la grande arche ouverte sur les collatéraux... » (P. Lorain, Eas&i historique ^ur l'abb&ye d^ Cluny^ Dijon, 1839, in-8*, p. 85.)

d'un grand arc brisé sur lequel repose le mur d'où nait la coupole. Au-dessus de cette corniche sont percées deux fenêtres en plein cintre, séparées par un pilastre, et dont les pieds droits sont cantonnés de colonnettes.

Dans la travée suivante, toujours à l'occident, nous trouvons à gauche, au rez-de-chaussée, une porte qui donne accès à l'escalier placé dans la tour de l'Horloge, et qui conduit dans le clocher de l'Eau-Bénite, au-dessus de la coupole (cet escalier, d'une conservation excellente, est voûté par un berceau rampant). A un niveau supérieur on voit une grande fenêtre en plein cintre, murée, puis un cordon mouluré, et au dessus, à droite, une fenêtre en plein cintre dont les pieds droits sont cantonnés de colonnettes, sous le cintre d'une arcade appliquée dont les retombées portent sur des colonnes engagées.

En retour d'angle est le mur qui fermait le transept au sud : toute la partie inférieure est nue et ne présente que l'ouverture de la porte du cloître*. Les arcs en tiers point de deux portes disparues sont encore visibles à travers le badigeon. A une assez grande hauteur, s'ouvraient au-dessus d'une corniche trois fenêtres en plein cintre ébrasées, actuellement bouchées, ayant à leurs retombées des colonnettes; au-dessus d'une seconde corniche étaient percées trois autres fenêtres en plein cintre, dont les archivoltes doublées nécessitaient deux colonnettes àchaque pied droit; la baie du milieu est seule ouverte.

Lorsqu'on est sorti pour examiner l'extérieur, « on voit paraître, au-dessus de la mairie, le pignon triangulaire du croisillon sud de l'ancienne église, bordé de modillons et percé d'un oculus à deux retraits. En arrière de ce pignon, sur un massif carré, est une tour octogone, élevée de deux étages. Au premier de ces étages, sur chaque face, trois baies cintrées; l'arc du milieu, plus large, est seul ouvert;

1. Cette porte, refaite au dix-huitième siècle, n'a aucun caractère.

les archivoltes sont bordées de torsades. Ces trois arcs comportent huit petites colonnes à chapiteaux feuillages, ainsi rangées ..::.. A Tétage supérieur, aussi sur chaque face, on voit quatre baies en plein cintre, bordées comme les premières, avec un second retrait simple ; les deux arcs du milieu plus larges et seuls ouverts. Les deux arcs aveugles ont pour appui chacun deux pilastres; les deux autres reposent sur trois colonnes dont la médiane leur est commune. Les quatre pilastres sont chevronnés ; les fûts des trois colonnes sont lisses. Les sept chapiteaux sont sculptés de feuillages. Une forte moulure sépare les deux étages. A chacun des angles de la tour, un pilastre cannelé sans chapiteau monte jusqu'au sommet. En haut, sur chaque face, six petits arcs en frise (arcatures lombardes); petite corniche à modillons simples. Grand comble d'ardoises, à huit pans... Effet imposant; construction et sculpture soignées... »

« A l'angle sud-ouest du même croisillon, se dresse la tour de l'Horloge, déforme quadrangulaire; un cordon à modillons; puis, sur chaque face, une double baie cintrée, avec deux impostes et une colonne médiane à chapiteau feuillage. Comble moderne, en pavillon »

c( Pour bien voir le côté oriental du même croisillon, il faut se placer à une des fenêtres de l'ancien bâtiment des moines. Appareil en petites pierres régulières. Contreforts plats en pierres de taille. Le mur présente d'abord deux fenêtres cintrées et une corniche à modillons ; puis, dans le massif qui sert de base à la tour, trois fenêtres également cintrées, disposées deux et une. Une absidiole (chapelle Saint-Etienne) éclairée par trois baies semblables aux précédentes ; deux colonnes portant chacune un bout de contrefort ; chapiteaux feuillages du douzième siècle. Au mur extérieur de l'absidiole, sur un enduit de plâtre en partie tombé, quelques faibles restes d'une inscription du dix-septième siècle...; écusson fascé de sable.

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» Â la place d'une seconde absidiole, une chapelle dir quatorzième siècle (chapelle Saint-Martial); fenêtres ogivales condamnées, accostées de colonnettes à chapiteaux de feuillages -y crossettes autour des archivoltes. Entre deux contreforts, un édicule carré qui a pu servir de sacristie.

» À la suite du croisillon, un arrachement du mur de la grande abside ; arcs de décharge ; une fenêtre cintrée.

» Du second transept, il reste une absidiole d'une hauteur très considérable; arc cintré sur imposte; voûte et fenêtre en plein cintre ; une partie de la voûte en cul-defour. Deux très hautes colonnes engagées avec chapiteaux corinthiens très frustes. Restes de mur avec fenêtres hautes en plein cintre.

» Sur un débris de contrefort extérieur de second transept, traces d'une épitaphe très effacée, du onzième ou du douzième siècle

« C'est à l'extrémité méridionale du second transept, que se trouve placée en hors d'œuvre la chapelle de Bourbon »*

Quelle est, en somme, dans cette construction, la part qui revient au onzième siècle, celle qui appartient au douzième? et quelles furent les modifications apportées par les siècles suivants ?

Lors de la première dédicace par Urbain II, en 1095, le chœur était achevé probablement jusqu'au niveau du petit transept, peut-être allait-il un peu plus loin, mais le grand transept ne doit remonter qu'aux premières années du douzième siècle. Commencée en 1089 par saint Hugues, l'église était, paraît-il, presque achevée vingt ans après, à la mort du grand abbé, en 1109 ; mais dans l'accident survenu en 1125, la nef s'était écroulée, et Pierre le Vénérable avait dû la reconstruire : les travaux marchèrent assez

1. Bibl. nat. niss. fr., nouv. acq., n* 0099. {Papiers de Guilhcrmy.)

rapidement pour permettre en ilSj la dédicace définitive par Innocent II ^ En 1220, le narthex était ajouté à Téglise. Mais à quels remaniements s'applique cette phrase de la Chronique de Cluny.., « Item chorum augmcntavit et novum fieri fecit (il s'agit de Tabbé Bertrand I, mort en 1308)? » O'est ce qu'il est difficile de dire. Pierre II de Chastellux (1322-1344) fit construire la chapelle Saint-Martial et suréleva un des Barabans^. Vers le milieu du quinzième siècle, Eudes II de la Perrière édifia le clocher de Sainte-Marie- Madcleine ^ et restaura le second Baraban ; le portail du narthex fut également refait par ses soins. Nous avons vu plus haut les réparations importantes que Jean de Bourbon effectua à la couverture des quatre gros clochers; la chapelle qu'il bâtit; item reparari fecit bassas voltas

ajoute la Chronique de Cluny, Quelles sont ces basses voûtes ? cela peut s'appliquer aux compartiments de voûte du second collatéral. Mais les plus gros travaux entrepris à Cluny depuis le douzième siècle furent certainement ceux que dirigea dom Dathoze au milieu du dix-huitième siècle : il est vrai que l'église n'y fut pour ainsi dire pas intéressée. *

1. L'église oc fut cependant entièrement achevée qu'en 1135. (Aug. Bernai*d, leê Églises de Cluny, dans le t. XXIX du Bulletin Monumental.)

2. Louis, duc d'Orléans, second fils de Charles V et de Jeanne de Bourbon, qui passa à Cluny le 11 octobre 1389. (E. Jarry, Ul Vie politiqiLe de Louis de France, duc d'Orléans, 1312-UOl, Paris et Orléans, 1889, in-8*, p. 51) avait fondé et meublé une chapelle dans l'église abbatiale, ainsi qu'il ressort d'un mandement du 2'i juin 1397. (Bibl. nat., mss. fr., nouv. acq., n* 3G39. Collection de Bastard.)

3. Nous hésitons toujours à identifier ce clocher avec celui des Bis&ns : ne serait-ce pas plutôt le môme que celui des Lampes, construit au-dessus de la croisée du petit transept ?

- 4. Il faut citer encore parmi les travaux concernant Cluny : An. de Barthélémy, Essai sur l'histoire monétaire de l'abbaye de Cluny,

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