Commune do Laives, canton de Scnnecey-le-Grand
oculus à direction oblique) ; mais outre le mur de fond, il y a aussi le mur oriental et le mur occidental du croisillon. De ceux-là nous n'avons rien à dire, car il est rare d'y rencontrer la baie d'une porte ou d'une fenêtre.
Les absides des églises construites dans l'ancien diocèse de Mâcon sont en général d'une décoration fort simple ; elles se distinguent en cela des absides de l'école voisine d'Auvergne. On n'y voit pas, si ce n'est tout près de nos limites, à Tournus, sous la corniche de la grande abside de Saint-Philibert, dont la construction offre d'ailleurs plus d'une analogie avec celle des églises auvergnates, de ces placages en pierres de couleurs variées formant comme un revêtement de mosaïque ; on n'y rencontre pas non plus cette galerie d'arcatures cintrées portées sur de courtes colonnes, qui orne comme d'une couronne au-dessous de la corniche de la grande abside certains édifices nivemais, tels que Saint-Étienne de Nevers * et Saint-Agnan de Cosne. 2
Dans la région que nous avons étudiée toutes les absides ou absidioles sont construites sur plan demi-circulaire : on ne constate qu'une exception à Tabside principale de l'église du bourg de Thizy, qui ronde à l'intérieur est carrée à l'extérieur. Il est rare que le mur de l'abside soit renforcé par une plinthe à sa partie inférieure : nous en pouvons cependant fournir trois exemples empruntés à ChapaizC) à Tabsidiole ronde du grand transept de l'église abbatiale de Gluny et à Châteauneuf. Ces trois absides appartiennent ail douzième siècle. Parfois, comme à Châteauneuf , les fenêtres de l'abside sont décorées avec plus de soin que les autres ; elles sont généralement au nombre de trois, et sont séparées
i- De SouUrall, Répertoire archéologique du département de la Nièvre, Paris, 1875, in'>4% col. 162.
2. VlolleWe-Duc, Dictionnaire raisonné d* architecture, I, p. 5. — De Soultrail,
fiépertoire, col. 86.
les unes des autres par des contreforts. Ces contreforts sont d'habitude assez peu saillants et de section rectangulaire : nous citerons cependant quelques églises où Ton trouve à l'abside des contreforts en forme de colonnes engagées ; ce sont celles de : Saint-Vincent-des-Prés, Donzy-le-Royal, Saint-Nicolas de Beaujeu, Chânes et Châteauneuf. L*église de la Chapelle-sous-Brancion ^ située dans le diocèse de Chalon, mais presque sur la limite, en possède aussi. Parfois les contreforts rectangulaires sont munis de bases moulurées élevées sur socles (abside principale de l'église de Châteauneuf, Saint-Maurice-de-Châteauneuf).
La toiture de l'abside, posée directement sur les reins de la voûte en cul de four, est soutenue à sa naissance par une corniche dont le profil est en général fort simple : elle se compose souvent de trois bandeaux de pierres en retrait les uns sur les autres, la saillie la plus considérable étant formée par le bandeau supérieur. Cette corniche est tantôt portée sur des modillons sculptés, comme à Iguerande, à Lys, à Châteauneuf; et tantôt repose sur l'extrados d'une série d'arcatures en plein cintre comme à Chapaize, à Saint- Vincent-des-Prés, à Donzy-le-Pertuis, à Cotte. Une certaine quantité d'églises, celle d'Ameugny entre autres, n'ont même pas de contreforts à l'abside.
On peut distinguer trois sortes de contreforts : des contreforts d'une saillie accentuée, d'une masse très résistante; des contreforts en forme de colonne engagée aux absides ; et enfin des contreforts si peu saillants qu'il vaut mieux les considérer comme de simples bandes destinées à la décoration. On trouve de puissants contreforts à Chapaize, à Ameugny, à Iguerande, à l'abside d'Uchizy, et dans l'intérieur de la nef de Saint-Nicolas de Beaujeu. Des contreforts peu saillants et de simples bandes se rencontrent à
1. Commune du canton de Tournus, arrond. de Mâcon (S.-et-L ).
Farges, à Saint- Vincent-des-Prés, à lanef d'Uchizy, à Saint- Hippolyte, à Loche, à Châteauneuf. Nous venons de donner plus haut rénumération des églises munies à l'abside de contreforts en forme de demi-colonnes.
Nous avons dit également que les églises à nef non voûtée n'avaient de véritables contreforts qu'à l'abside, et encore toutes les absides ne sont pas étayées.
Nous croyons que primitivement la couverture du glacis supérieur des contreforts était faite de laves : on en voit encore des exemples aux contreforts des murs latéraux de la nef à Chapaize, à Ameugny. D'habitude, les contreforts sont d'une seule montée, sans ressauts : nous excepterons ceux de la naissance du chœur à Uchizy, et ceux qui étayent le clocher et sont apparents à l'intérieur de la nef à l'église Saint-Nicolas de Beaujeu.
Parmi les contreforts à colonnes, tantôt, et c'est le cas le plus fréquent, les colonnes sont engagées directement dans le mur de l'abside, tantôt, comme à' Châteauneuf, vers le milieu du douzième siècle, elles sont engagées dans un dosseret appliqué sur le mur de l'abside ; ces colonnes sont munies de bases, de socles, d'astragales, de chapiteaux et de tailloirs : au-dessus du tailloir est une pierre taillée de façon à former un glacis très incliné, à une seule ou à trois pentes.
Avant de parler des portes et des fenêtres, il est bon de dire deux mots sur les porches et les narthex ; on connaît la distinction établie entre ces deux termes : un porche s'entend d'une construction placée au devant du portail d'entrée et ouverte ; un narthex est une construction fermée qui sert de vestibule à l'église. Certaines de nos églises rurales ont leur porte de façade qui ouvre sous un porche ; mais la construction de ces porches remonte presque toujours au quinzième ou au seizième siècle : ce sont habituellement des ouvrages légers, en bois plus ou moins sculpté. Les narthex sont des édifices beaucoup plus impor-
tants et d'un intérêt supérieur; notre région en possède plusieurs qui sont vraiment remarquables : dans les limites du diocèse de Mâcon nous citerons ceux de Charlieu et de l'ancienne cathédrale Saint-Vincent de Mâcon, et, dans le voisinage, mais dépendant du diocèse d'Autun, le beau . nftrthex de l'église du prieuré de Perrecy-les-Forges * ; on en voit encore, bien que peu importants, à l'église du bourg de Thizy et à celle du Villars-sur-Saône. ^
Les portes ornées ne sont pas fort nombreuses : quelquesunes sont simplement décorées de moulures et de chapiteaux sculptés, comme la porte de la façade à Farges, à Iguerande, celle du collatéral nord à Uchizy, les deux portes de l'église de Vinzelles, la porte du côté septentrional à Chissey ; les autres ont leur linteau décoré de personnages, comme la porte du collatéral sud à Châteauneuf ; d'autres enfin, plus complètes, présentent un linteau et un tympan magnifiquement sculptés, comme la superbe porte du narthex de Charlieu, celle de l'entrée de l'église sous le narthex dans le même édifice, celle du vieux Saint-Vincent à Mâcon, placée également sous le narthex, et la belle porte de Saint-Julien-de-Jonzy. Toutes ces baies ont leur encaclrement en plein cintre.
Bien qu'elles n'aient reçu aucune ornementation caractéristique, il faut citer comme anciennes les portes des églises de Chapaize, de Saint- Vincent-des- Prés, de Donzyle-Pertuis, de Cotte, de Jalogny, de Clessé ; celles de Chapaize, de Cotte, de Jalogny et de Clessé, en plein cintre, sont doublées.
Un modèle bien ancien de fenêtres romanes est celui où l'ébrasement est tout entier réservé à l'intérieur; l'encadrement de la baie à l'extérieur y est seulement chanfreiné.
1. Canton de Toulon-sur-Ârroux, arrond. de GharoUes (S.-eUL.).
2. On trouvera la description détaillée de ces narthex dans les notices spéciales que nous avons consacrées à chacune des églises de l'ancien diocèse de Màcon.
Ces fenêtres sont fort étroites, en forme de fentes, amorties à leur partie supérieure en plein cintre : parfois c'est un linteau d'une seule pierre cintrée à sa partie inférieure, qui recouvre la fenêtre (Uchizy). On trouve de ces fenêtres très étroites, presque sans ébrasemen.t extérieur, à Farges, à Massy, à Blanot, à Donzy-le-Pertuis, à Vinzelles, à Péronne, à Chardonnay, à Burgj', à Chidde, à Châteauneuf. Parfois, principalement au douzième siècle, les fenêtres sont largement ouvertes et ébrasées aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur (absides de Chapaize, de Saint-Hippolyte, de Beaujeu, de Châteauneuf). A l'abside de l'ancienne église de Pierreclos, les fenêtres ont leurs pieds-droits cantonnés de colonnettes à l'intérieur ; à Châteauneuf la fenêtre centrale de la grande abside a ses pieds-droits cantonnés de colonnettes à l'extérieur. Dans certaines églises, le mur de décrochement qui relie le cul de four de l'abside à la voûte du chœur ou de la croisée est percé d'une fenêtre assez ornée : à Chapaize et à 8aint-Hippolyte, la fenêtre placée à cet endroit est cantonnée de colonnettes à l'intérieur et à l'extérieur.
La fenêtre haute qui décore la façade de l'église de Chapaize, et la fenêtre correspondante de l'église de Châteauneuf sont également cantonnées de colonnettes. Un fait très rare et dont nous ne pouvons citer qu'un exemple, à Châteauneuf, les fenêtres de la nef entrent en pénétration dans la voûte.
Les fenêtres en forme d'oculus se trouvent assez rarement à la façade, au-dessus de la porte ; on les rencontre aussi dans le mur de fond des croisillons (Châteauneuf), ainsi que dans le mur de dccrochemont qui relie la coupole à la voûte plus basse de l'abside (Cotte). Los fenêtres sont parfois doublées, comme à Saint-llippolyte ol à rabl)atiale do
Cluny.
Dans notre promenade extérieure autour de l'église, nous n'avons point encore parlé du clocher : c'est qu'il est fort
rare de rencontrer des tours portant de fond, placées soit en façade, soit latéralement* : dans notre région, c'est sur la croisée du transept, ou, quand il n'y a pas de transept,, sur la travée qui précède le chœur, que s'élèvent habituellement les clochers. Dans les exemples les plus anciens, ils ne paraissent pas avoir été construits dans un but de défense. ^
Avant d'étudier les caractères généraux des clochers, nous les rangerons dans deux groupes : le premier groupe comprend les tours montées dans toute leur hauteur sur un plan carré ou rectangulaire; le deuxième renferme les tours qui, au-dessus du toit de la nef, abandonnent le plan carré pour passer au plan octogonal.
Bien que l'école bourguignonne soit une de celles qui, à l'époque romane, ont accueilli avec faveur la tour octogonale, nous constaterons, d'accord avec M. Anthyme Saint- Paul, que « le clocher carré a précédé le clocher octogonal, et qu'il est demeuré, en somme, le plus usité, admettant
1. Il faut citer cependant le clocher de la façade à l'église du bourg de Thizy. qui forme porche an rez-de-chanssée (cette église possède d'ailleurs un autre cIocher« plus important, au-dessus de la croisée); les tours octogonales du vieux Saint- Vincent, à M&con,dont le soubassement date très probablement du douzième siècle, et qui sont placées latéralement dans l'axe des bas-côtés dont elles précèdent la première travée; le clocher de Sologny et celui de Saint-Maurice-de-Ch&teauneuf, construits à côté du chœur. Il faut citer aussi les deux clochers, actaclleraent en façade, de Ghi!«sey et de Saint-Jnlien-de-Jonzy : mais ces deux derniers ne sont pas des exceptions h la règle, attendu (]ue des remaniements considérables des édifices dont ils dépendent leur ont fait perdre leur situation primitive. Dans l'ancien diocèse d'Aulun le«« exemples de clochers en façade sont pout-èti*e plus fréquents : il nous suffira de nommer Paray-le-Monial qui, outre la tour principale octogonale élevée au-dessus de la croisée du transept, a un porche surmonté de deux clochers cirrés; nragny-en-CharoIlals, et le beau clocher carré de Perrecyies-Forges qui domine la remarquable conslrnclion du porche. Dana l'ancien diocèse de Chalon,on peut aussi donner l'exemple de l'église abbatiale Saint-Philibert de Tournus.
2. Ce n'e&t pas qu'ils n'aient jamais été employés dans ce but : nous renvoyons le lecteur à la description des ruines si curieuses de l'église de Saint-IIippolytc ; quant aux clochers d'Uchizy et de Blanol, il nous parait évident que leur étage supérieur, très postérieur au reste de la construction, a dû être construit pour y établir un guet. La tour massive de l'église de Sologny a plutôt l'air aussi d'une tour de défense que d'un simple clochrr.
peu d'exceptions là où il a prédominé, et très fréquent encore là où il semblait céder, le pas à son rival. » *
En effet, dans toute la région que nous avons parcourue, nous n'avons remarqué de clochers octogonaux que dans cinq édifices : à l'ancienne cathédrale de Saint-Vincent de Mâcon (où les deux clochers qui subsistent encore, romans dans toute leur partie inférieure, ont cette particularité qu'ils affectent, dès leur soubassement, la forme octogonale], au croisillon méridional du grand transept de Tabbaye de Cluny, à Saint-Marcel de Cluny, à Clessé et à Loche ^ ; aucune de ces tours ne nous parait être antérieure à la fin du onzième siècle. ^
Le type le plus ordinaire est donc celui du clocher carré que Ton retrouve, mais sous des aspects bien différents, au onzième siècle et au douzième, dans le Maçonnais et dans le Brionnais *. Il n'est pas nécessaire en effet d'insister sur
1. Anthyme Saint-Paul, De la forme deê clocherBj p. 2 du tirage & part d'un article paru dans la Revue de l'Art chrétien, faisant suite à un autre article intitulé : De la position des clochers,
2. En étendant nos investigations, nous avons remarqué, dans le voisinage de l'ancien diocèse de M&con, les tours octogonales de Saint-André de B&gé (canton de DAgé-le-Cb&tel, arrondissement de Bourg, Ain), k l'est; de Semur-en-Brionnai», Anzy-le-Duc, Paray-Ie-Monial, Palinges (arrond. de Charolles, S.-et-L.) à Touest; et, au nord, de Saint-Gengoux-Ie-Royal (ch.-l. de canton de l'arrond. de MAcon, SaAne-et-Loire).
3. c L'école bourguignonne semble avoir pratiqué le clocher octogonal dès le milieu du onzième siècle; mais ce n'est que dans deux départements qu'on en trouve un certain nombre : dans l'Ain et dans Saône-et- Loire. Dans Saône-et- Loire surtout il en existe de fort beaux, élevés la plttpart sur la croisée, et ornés, comme les clochers rhénans, de bandes lombarde» et de fenêtres accouplées ou géminées. H ^ a à Cluny deux de ces clochers, dont l'un couvrait un des grands croisillons de l'abbaye; celui d'Anzy-le-Duc est aussi fort beau. Les deux tours jumelles de l'ancienne cathédrale de M&oon, greffées sur le narthex, sont remarquables par leur élancement; mais elles n'ont été achevées qu'au treizième siècle. La tour octogonale de Semur-en-Brionnais date tout entière de cette dernière époque, après laquelle, en Saône-et-Loire comme dans le reste de la Bourgogne, le clocher carré l'emporte. • (Anthyme Saint-Paul, De la forme des clochers, p. 10 et 11.)
4. c La Bourgogne adopte partout le clocher carré dès la fin du treizième siècle. Avant cette époque, dans Sa6ne-et-Loire, le pays le plus spécialement voué au clocher octogonal, nous avons & signaler Cluny et Tournus pour leurs tours centrales carrées; il est surprenant que Cluny, la tète de l'école bourguignonne, ait
les avantages que présentait la forme carrée, et sur la facilité qu'il y avait à élever une construction bien d'aplomb au-dessus des quatre piliers de la croisée du transept et des arcs doubleaux qui les réunissent. Mais quand il fallut passer de ce plan si simple et naturellement indiqué au plan octogonal, le problème se compliqua ; les encorbellements et les trompes firent leur apparition. C'est pourquoi les clochers octogonaux restèrent pour ainsi dire à l'état d'exceptions, et il n'est pas plus vrai de dire que la forme octogonale est caractéristique des clochers clunisîens, que d'affirmer Texistence constante de porches ou de narthex au devant des édifices du même ordre.
Le clocher carré de nos régions n'est pas, comme il Test l)ar exemple dans l'Ile-de-France, enserré de contreforts jusque vers le haut du dernier étage; ses étages ne sont pas non plus construits en retraite les uns au-dessus des autres, de façon à préparer dès la base l'élancement final d'une flèche. Les architectes de nos clochers semblent s'être médiocrement préoccupés de la silhouette à grande distance de leurs constructions : peut-être^ se trouvant dans un pays généralement accidenté, ont-ils jugé inutile do ménager un eff'ct que l'on ne peut obtenir qu'en terrain plat, avec de vastes horizons. Combien nous sommes loin avec nos tours généralement courtes et trapues de cette suprême élégance du clocher de la Trinité de Vendôme et surtout du Clocher Vieux de la cathédrale de Chartres ' .
conservé la forme quadrangulaire pour sa tour principale, tandis que deux on trois autres présentaient huit pans. Les belles tours de Chapaize, de Saint-Laurent«en- Brionnais et de Chàteauneuf sont aussi à quatre pans. A l'époque ogivale furent construites les tours centrales de Notre-Dame de Cluny, avec lanterne (treizième siècle), et de SaintpLazare d'Âutun (quinzième siècle), avec une magnifique flèclie en pierre. Dans la Côte-d'Or, il se construisit des clochers romans carrés sur les petites églises jusqu'à la fin du treizième siècle au moins; la belle tour centrale de Notre-Dame de Beaune est également carrée et date du treizième siècle, avec le style ogival nettement accusé. > (Anthyme Saint-Paul, De la forme des clochers,
1. Voir dans Viollet-le-Duc, Dictionnaire d*erchHecture, à Tarticle Cfoc/ier, la
description des clochers de Vendôme et de Chartrc^s.
L'impression, si délicatement indiquée par M. Anthyme Saint-Paul, qu'éprouve l'observateur lointain de ces merveilleuses constructions, n'est jamais ressentie à la vue de nos clochers même les mieux réussis. C'est que nos architectes bourguignons, qui avaient du goût, n'étaient pas doués de ce sentiment artistique si ingénieux et si lin qui caractérisa de bonne heure les maîtres de l'œuvre dans les environs du domaine royal, et leur fit faire des progrès si rapides que les dernières années du douzième siècle marquent « l'apogée du génie de nos constructeurs du moyen âge appliqué aux clochers. » *
Les principales qualités de l'école bourguignonne étaient le bon sens, l'emploi judicieux des matériaux et la logique qui distinguent toutes ses productions. Assurément ceux qui ont élevé, au douzième siècle, les belles tours de Saint- Philibert de Tournus, celles de Perrecy-lcs-Forges et de Saint-Julien-de-Jonzy, avaient dans l'esprit quelque chose de plus que les connaissances techniques nécessaires à ceux qui bâtissent. Des églises, comme celles de Châteauneuf et de Semur-en-Brionnais, de proportions si heureuses et d'une harmonie si frappante, prouvent d'autres qualités chez leur architecte que celle d'un bon entrepreneur : mais où trouvet-on dans nos églises de village l'équivalent de certaines constructions, telles que le charmant clocher de Nesles*, près risle-Adam, construit au début du douzième siècle, si bien conçu, d'un dessin si pur, et si remarquablement étudié dans son ensemble comme dans ses détails. La basse Bourgogne, du côté d'Auxerre et à Vézelay, semble avoir fait son profit des progrès réalisés dans les clochers de la région de l'Ile-de-France, témoins la vieille tour de Saint- Jean à l'église abbatiale de Saint-Germain d'Auxerre, et