Anthyme Saiat«Paal, De la forme des clochers, p
allongé ; l'architocte a employé ce système à cause de Télévation considérable qu'il voulait donner à sa tour. On peut considérer cette dernière comme composée de trois étages : l'étage inférieur percé sur chacune de ses faces d'une ouverture amortie en plein cintre ; l'étage intermédiaire percé sur ses deux faces larges de doubles baies jumelles, et sur ses deux faces étroites d'une simple baie géminée ; l'étage supérieur est ajouré de même. Du clocher de Chapaize on peut rapprocher celui d'Uchizy, qui a trois étages également, mais dont les parois s'élèvent verticalement sauf deux légers retraits, et qui est construit sur plan carré. Nous ne tenons pas compte de l'étage supérieur ajouté après coup. Les clochers de Saint-Vincent-des-Prés, de Massy et de Farges ont beaucoup de ressemblance avec les deux précédents : ils n'ont que deux étages. Les tours de Saint-Hippolyte et de la Vineuse sont fort intéressantes et offrent beaucoup d'analogie entre elles : elles sont également décorées de bandes et d'arcatures, présentent deux étages de baies, mais leur étage supérieur est percé de baies triples. A Taizé et à Flagy on voit encore des types analogues, bien que moins importants ; enfin on remarque dans le clocher d'Ameugny un type très trapu, très massif, à un seul étage de baies triples.
Dans les clochers du deuxième groupe, les bandes et arcatures sont absentes : nous signalerons d'abord la grosse tour courte d'Iguerande (dont la vue rappelle assez celle du clocher central de Saint-Martin d'Ainay à Lyon), également sans contreforts, à un seul étage de doubles baies jumelles; dans cet exemple, ainsi qu'à Chidde, où l'on constate la présence d'un seul étage de baies triples, les parements des murs n'ont reçu aucune décoration. Le clocher de Saint-Nicolas de Beaujeu, moins lourd que les précédents, est à deux étages de baies : l'étage inférieur est percé sur chaque face d'une simple fenêtre amortie en plein cintre ; de doubles baies jumelles éclairent l'étage du beffroi :
des groupes de quatre colonnettes supportent, comme à Châteauneuf et à Saint-Julien-de-Jonzy, la retombée commune des archivoltes de ces baies jumelles; de plus, à Textérieur, le nu du mur est orné sur chaque face par trois colonnes engagées. Le clocher de Châteauneuf* est vraiment élégant et d'une décoration soignée : on y remarque deux étages de baies, Tétage inférieur est orné sur chaque face d'une belle fenêtre en plein cintre, dont les pieds-droits sont cantonnés de colonnettes, et dont les archivoltes sont surmontées d'un gable peu aigu; chacune des faces de l'étage supérieur est décorée vers les angles non de colonnes engagées comme à Beaujeu et à Saint- Julien-de- Jonzy, mais de pilastres ornés ; on y voit des baies jumelles de grandes dimensions dont les archivoltes sont portées à leur retombée commune par un groupe de quatre colonnettes. Au-dessus de la corniche de cet étage s'élève une belle pyramide à quatre pans, en maçonnerie, percée de quatre lucarnes.
A Saint-Laurent-en-Brionnais on voit un beau clocher carré dont la construction offre une très grande analogie avec celle du clocher de Varennes-l'Arconce (canton de Semur-en-Brionnais, arrond. de CharoUes, S.-et-L.), situé à peu de distance. Construit sur plan rectangulaire, il est divisé en trois étages : l'étage supérieur est bâti en retrait sur les deux autres. L'étage inférieur est partagé dans sa hauteur, sur chacune de ses faces, par trois colonnes engagées dans l'intervalle desquelles s'ouvrent deux baies doublées, amorties en plein cintre sans décoration. La corniche sur laquelle repose le deuxième étage est ornée d'un cordon de grosses perles ; on y voit encore, ainsi qu'au troisième étage, trois colonnes engagées avec bases et chapiteaux;
1. Voir dans VioUefc-le-Duo, Dictionnaire d'architecture, t. III, p. 328-330, l'éléraUon, la ooape et le plaa de ce clocher, accompagnés d'une description.
dans l'intervalle sont de belles fenêtres doublées, dont l'archivolte intérieure repose sur des pieds-droits cantonnés de colonnettes. Entre l'étage intermédiaire et l'étage supérieur règne une seconde corniche perlée; au-dessus de cette corniche, la tour est ajourée sur chaque côté par de doubles baies géminées cantonnées de colonnettes avec bases, chapiteaux et tailloirs sculptés.
Quant au joli clocher carré de Saint- Julien-de-Jonzy, il ne peut être comparé à aucun clocher de la région. Très soigneusement construit et décoré, il se compose d'un soubassement et de l'étage du bejGfroi. Le soubassement plein, en pierres de moyen appareil, est orné sur chaque face d'une série d'arcatures en plein cintre dont les archivoltes aux fines moulures reposent sur de courts pilastres cannelés soutenus eux-mêmes par de petits culs-de-lampe. On retrouve cette disposition dans l'ancien diocèse de Chalon au clocher de la façade et au clocher central de Saint-Philibert de Toumus, et dans l'ancien diocèse d'Autun au clocher de Perrecy-les-Forges. L'étage du beflfroi est largement ajouré par de magnifiques baies jumelles dont le dessin a autrement d'ampleur que celui des fenêtres d'échelle assez mesquine que l'on voit d'ordinaire i nos clochers. Ces grandes baies dont les archivoltes bordées de moulures sont doublées, ont à leurs retombées des colonnettes ; un faisceau de quatre colonnettes soutient les retombées communes : ainsi que le fait remarquer VioUetle-Duc à propos du clocher de Châteauneuf, cette disposition est à la fois solide et élégante. Vers les angles de la construction, des colonnes engagées munies de bases et de chapiteaux montent dans toute la hauteur de l'étage. Un double cordon de perles après avoir contourné les angles du clocher et entouré comme d'un anneau le fût de ces colonnes vers les deux tiers de leur montée, suit la courbure de l'extrados des archivoltes. Une vilaine toiture moderne en ardoises, en forme de pyramide à quatre pans, est posée
comme un éteignoir au-dessus de cette charmante architecture.
Les clochers de Pierreclos et de Sologny ne rentrent, à vrai dire, ni dans le premier groupe, ni dans le deuxième : ce sont de grosses tours massives, d'aspect défensif, élevées sur un plan rectangulaire sans décoration autre que les rares baies géminées qui éclairent le beffroi. L'étage supérieur du clocher de Sologny, avec ses nombreuses ouvertures rectangulaires, ne nous parait pas contemporain de la Tïonstruction primitive.
Un dernier type de clochers carrés, sans caractère celuilà, est précisément celui que Ton trouve le plus fréquemment dans les petites églises rurales : il a été employé depuis l'époque romane (Ex. : le clocher de Saint-Mauricede-Châteauneuf) jusqu'en pleine époque gothique. On est souvent embarrassé de dater les spécimens de ce type que Ton peut décrire ainsi : construction sur plan carré, un seul étage de baies géminées habituellement sans aucun style, ornementation nulle : c'est à ce signalement que répondent les clochers d'Avenas, de Donzy-le-Royal, de la Chapellesous-Dun, etc.
Les clochers octogonaux ne donnent pas lieu au groupement établi pour les clochers carrés. En effet, toutes les tours à huit pans appartenant au diocèse de Mâcon, et qui sont toutes situées, il est vrai, dans le bassin de la Saône, sont décorées d'arcatures et de bandes lombardes ; mais ce n'est pas caractéristique de notre circonscription puisque les clochers de Saint-André de Bâgé, à l'est de Mâcon, et de Saint-Gengoux-le-Royal, au nord-ouest, se font aussi remarquer par l'application sur leurs faces de bandes et d'arcatures ; et ce n'est non plus particulier au bassin de la Saône, puisque le clocher d'Anzy-le-Duc, situé tout près de la Loire, a reçu la même ornementation. D'ailleurs, étant donné le petit nombre de types que nous avons à examiner, il est inutile de les enfermer dans une classification. Le
plus important de tous est le clocher qui domine le croisillon méridional du grand transept de Téglise abbatiale de Cluny , connu sous le nom de clocher de TEau-Bénite ; son plan est celui d'un octogone régulier; son élévation présente deux étages. L'étage inférieur repose sur une corniche, simple bandeau de pierre sans ornementation ; chacune des faces de cet étage est comme encadrée, en bas par la corniche que nous venons d'indiquer, en haut par une corniche ornée de gros disques sur laquelle s'élève l'étage supérieur, et à droite et à gauche, aux arêtes de la construction, par des pilastres cannelés qui se replient sur les faces adjacentes. Dans cet encadrement on remarque trois grandes arcatures jumelles, en plein cintre, dont l'archivolte est ornée vers l'intrados d'une sorte de torsade ; des colonnettcs supportent les retombées des archivoltes ; une baie unique en plein cintre, dont les pieds-droits sont cantonnés de colonnettes, est percée dans l'arcature centrale. L'étage supérieur, de dimensions sensiblement égales à celles de l'inférieur, présente sur chaque face le même encadrement, sauf qu'en haut la corniche est remplacée par une série de six petites arcatures en plein cintre : au milieu de l'encadrement, on voit trois grandes arcatures dont l'archivolte en plein cintre est décorée vers l'extrados d'un cordon de perles rondes. Ici des pilastres diversement sculptés alternent avec les colonnettcs pour soutenir les retombées des archivoltes ; l'arcature centrale est percée de baies jumelles séparées par une colonnette. Au-dessus de cet étage, une série de modillons soutiennent sur chaque face la corniche où repose la base du toit.
Dans la même ville de Cluny, l'église Saint-Marcel possède un clocher octogonal : de longues bandes lombardes, reliées les unes aux autres sous la corniche par de petites arcatures en plein cintre, encadrent chacune des faces de la tour, composée d'un soubassement plein orné de grandes arcatures aveugles, et de deux étages à peu près semblables
percés de baies géminées accompagnées de colonnettes. Une flèche du treizième siècle, en maçonnerie, à huit pans, complète Tensemble d'une façon assez harmonieuse.
L'église de Loche est surmontée d'un clocher élaneé dont le soubassement, fort allongé, est décoré sur chaque face de bandes et arcatures. Au-dessus s'élèvent deux étages exactement semblables, ajourés chacun de huit baies géminées.
Le soubassement du clocher de Clessé est de tout point pareil à celui de Loche ; mais il n'y a qu'un étage de baies. Cet étage a chacun de ses côtés encadré en bas par une corniche, à droite et à gauche par des bandes lombardes se rejoignant au-dessus des baies par quatre petites arcatures. Les baies, allongées et étroites, sont élégamment cantonnées de colonnettes. Au-dessus des arcatures règne une corniche ornée supportée par une série de corbeaux.
Jamais on n'a juxtaposé à nos clochers des tourelles d'escalier pour donner accès à l'étage du beffroi. Seul, le clocher de l'Eau-Bénite à l'abbaye de Cluny est muni d'un escalier, non apparent à l'extérieur, remontant aux premières années du douzième siècle, voûté par un berceau rampant et d'une conservation merveilleuse.
Nous n'avons ici que quelques mots à dire sur l'ornementation et la sculpture en général : pour plus de détails, nous renvoyons le lecteur aux notices spéciales consacrées à chaque édifice. Il est bon seulement de faire remarquer encore que dans les églises du Maçonnais la décoration est presque nulle. On n'y voit guère que ces encadrements formés d arcatures et de bandes lombardes que l'on retrouve en Provence et dans les églises des bords du Rhin ; et aussi ces lignes d'ornements composés de petites pierres grossièrement taillées en forme de briques, et posées de champ*, obliquement, pour se contrebuter les unes les autres, de façon à figurer des zigzags ; ou bien posées à plat, oblique-
ment, pour se présenter par leur angle, et figurer ainsi des dents de scie. La façade et Télévation latérale du narthex de Saint-Philibert de Toumus, offrent le meilleur exemple où se voient réunis ces divers genres de décoration. *
On ne verra point dans le Maçonnais de pilastres cannelés (excepté à Tabbaye de Cluny), très rarement des colonnettes : là où se trouvent des chapiteaux, ils sont pauvrement et grossièrement sculptés, tandis que la partie du diocèse qui s*étend vers le Brionnais est couverte d'églises qui, comme Châteauneuf, Saint-Julien de Jonzy, Saint-Bonnet de Cray, Charlieu, justifient amplement la réputation de richesse de l'architecture romane en Bourgogne^. A Charlieu notamment on voit le parti qu'a su tirer l'architecte du système de bandes et d'arcatures lombardes, partout ailleurs employé dans toute sa simplicité : les arcatures y sont enrichies de moulures, et les bandes verticales ornées de galons et de grecques d'un beau dessin.
Dans le Maçonnais, les églises où l'on peut constater l'absence à peu près complète de décoration sont celles de Chapaize, Farges (excepté la porte), Uchizy, Saint- Vincentdes-Prés, Ameugny, Massy, Blanot, Saint-Hîppolyte, Chazelles, etc. Certains édifices appartenant à la même circonscription présentent toutefois quelques parties intéressantes au point de vue de l'ornementation : la porte de Farges,
1. Certaines églises des bords da Rhin offrent aussi des spécimens de cette ornementation : voir, entre autres, un des clochers de la cathédrale de Spire, dessiné dans le DicUonn&ire de VIoUet-Ie-Duc, t. III, p. 405.
Mérimée signale également ces rangées de zigzags et de dents de scies (Cf. Essai sur iarchitecture religieuse du moyen ége^ particulièrement en France^ dans l'Annuaire historique pour Vannée i838, publié par la Société de l'histoire de France, Paris, 1837, p. 295), que l'on voit fréquemment employées surtout dans les pays où la brique joue un grand rôle, comme & Toulouse, au clocher des Jacobins.
2. C'est le cas de répéter ce que nous disions au début de cette étude, en citant ce passage de Mérimée : c La nature des matériaux contribua beaucoup & produire des difTérences marquées entre les constructions contemporaines de nos provinces. Là, par exemple, où pour b&tir on avait une pierre calcaire facile à tailler, la sculpture fit des progrès rapides. • [Estai sur Varchitecture religieuse du moyen âge, p. 295.)
dont la sculpture en creux, d'un aspect si plat, nous parait remonter au onzième siècle; une figure grossièrement taillée dans la colonnette d'une des fenêtres de la face nord du clocher de Chapaize ; les chapiteaux de la nef de Téglise de Chissey ; certains chapiteaux et tailloirs aux colonnettes des baies géminées des clochers, etc.; tandis que dans le Brionnais on voit des arcatures de chœur richement décorées depuis Saint-Bonnet-de-Cray, Ligny, Vauban, Mussysous-Dun, la Chapelle-sous-Dun, Châteauneuf, jusqu'en plein Beaujolais, à Beaujeu, par les Ârdillats et Âvenas. Les clochers des églises de Châteauneuf, Saint-Bonnet-de-Cray et Saint-Julien-de-Jonzy présentent une ornementation remarquable, tandis que dans la région qu'il occupe, le clocher de Tabbaye de Cluny est le seul ayant reçu une décoration soignée.
A l'église de Farges, l'archivolte de la porte de la façade est surmontée d'un véritable gable ; la fenêtre haute de la nef à la façade de l'église de Châteauneuf, ainsi que les fenêtres du premier étage du clocher au même édiOce, sont accompagnées d'encadrements terminés à leur partie supérieure en forme de gables. Les modillons sculptés soutenant les corniches ne sont pas extrêmement communs : on en trouve cependant à Iguerande, à Lys, à Chardonnay, à Clessé, à Sologny, à Châteauneuf, à 8aint-Martin-de-Lixy, à Saint-Maurice-de-Châteauneuf, à la Chapelle-sous-Dun. Les chapiteaux du narthex de Saint-Vincent de Mâcon, ceux d'Iguerande, du porche de Charlieu présentent de l'intérêt et méritent d'être étudiés. A l'abbaye de Cluny on remarque des chapiteaux à feuillages très re fouillés. Partout ailleurs la sculpture des chapiteaux est grossière et assez plate : ce sont des feuilles d'eau appliquées, des volutes sans grand relief et médiocrement traitées. Dans le Brionnais, l'usage des cordons de perles et des chapelets de petits disques est assez répandu (Châteauneuf, Saint-Bonnet-de-Cray, Charlieu) ; on voit quelques dents de scie (Saint-Bonnet-de-Cray) ;
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au clocher de Saint-Julien-de-Jonzy, des petits pilastres cannelés soutiennent une rangée d'arcatures appliquées; les quatre feuilles, les petites rosaces, les grosses perles, les têtes de clous se rencontrent aussi ; à Chàteauneuf les archivoltes des portes et des fenêtres présentent des tores d'un bol effet ; les oves sont employés à la porte du collatéral nord à Uchizy, sur des tailloirs au clocher de l'église de la Vineuse.
En résumé, on peut ramener les principaux caractères des églises à trois nefs construites sur le territoire de l'ancien diocèse de Mâcon aux suivants : nef voûtée par un berceau généralement brisé, non contrebuté par les voûtes des collatéraux ; entre le haut des grandes arcades et les fenêtres de la nef, pas d'étage intermédiaire formé par un triforium ou des arcatures aveugles (exception à Cluny). L'arc brisé est une forme qui a été employée pour les voûtes, les grandes arcades de la nef et de la croisée du transept. Il n'y a que quatre espèces de voûtes : berceau plein cintre ou brisé, voûte d'arêtes, coupole et cul-de-four, cette dernière n'étant même qu'une variété de la précédente. Le plan des piliers est circulaire, ou cruciforme, ou carré cantonné de colonnes ou de pilastres, ou cruciforme cantonné aussi de colonnes et de pilastres. Les pilastres cannelés sont d'un emploi en somme assez rare. Le clocher s'élève au-dessus de la croisée du transept généralement couverte par une voûte en forme de coupole. Les voûtes sont quelquefois, et cela dès le onzième siècle, portées à une grande hauteur. La saillie des transepts à l'extérieur est la plupart du temps assez faible. La présence d'un déambulatoire est exceptionnelle si ce n'est aux très grandes églises comme l'abbatiale de Cluny. Au douzième siècle le mur de fond du chœur est souvent orné d'arcatures appliquées reposant sur des pilastres ou des colonnettes; les pilastres, ainsi que les chapiteaux et les bases des colonnes
sont sculptés sous Tinfluence des monuments antiques, particulièrement des portes romaines d'Autun. Les clochers sont généralement carrés, rarement octogonaux : leurs toitures sont des pyramides assez courtes, à quatre pans. Les nefs sont couvertes par des toitures composées de grandes pierres plates ou laves, posées directement sur les reins des voûtes ^ ; nous en avons fait la constatation dans un certain nombre d'églises rurales; à la grande église abbatiale de Cluny il n'en était pas autrement, et l'architecte y avait suivi les habitudes bourguignonnes : nous lisons en effet dans la description donnée par Mabillon, qui visita Cluny en 1682, cette phrase : « Ceterum tanta basilica commoda, sonora, nulla lignorum contignationey sed solis
tegulis fornici imposilis cooperta • » Dans la majorité des
cas la toiture de la nef est indépendante de celle des collatéraux. Les bandes et arcatures lombardes se rencontrent dans une très grande quantité d'édifices, presque exclusivement dans ceux du Maçonnais ; la richesse de la décoration n'existe que dans le Brionnais, c'est-à-dire dans la partie qui touche au diocèse d'Autun.
t. c Beaucoup d'églises de nos départements du centre et du midi n'ont pas de combles. Leurs voûtes ont été garnies àl'extrados d'une chape de mortier portant directement un dallage de pierre qui est l'unique toiture de l'édifice. > (J. Quicherat, Fragments d'un cours d'archéologie^ publiés dans J. Quiclierat, Mélangea d'archéologie et d'higloire, -^Archéologie du moyen âge, Paris, 1886« in-8*, p. 480.)
2. Annalea ordinig sanctl Benedicti, Paris, t713, in-^, t. V, p. 251-253.