‹ L'architecture romane dans l'ancien diocèse de MâconChapitre 29 sur 120 · C^rtul. de Saint^Vincent de MAcon · texte numérisé non relu

C^rtul. de Saint^Vincent de MAcon

La nef est suivie par un transept avec lequel elle communique par une arcade en plein cintre.

Le transept se compose d'une croisée et de deux croisillons ; la croisée est voûtée par une coupole sur trompes en cul de four et communique avec les croisillons par des arcades en tiers point que leurs moulures signalent comme appartenant au quinzième ou au seizième siècle. Les deux croisillons ont en effet été construits à cette époque, ainsi qu'en témoignent leur voûte sur croisées d'ogives à moulures prismatiques, les écussons à la clef de voûte, le remplage flamboyant des fenêtres et l'encadrement en accolade des piscines dans le croisillon nord aussi bien que dans le croisillon sud.

La coupole est établie sur quatre arcs en plein cintre appliqués contre les murs de la croisée du transept.

En quittant la croisée on passe dans Tabside par une arcade en plein cintre. L'abside est en hémicycle; elle est voûtée en cul de four et éclairée par deux larges fenêtres en plein cintre.

Les dimensions générales deTédifice, prises à Tintérieur, sont les suivantes :

Longueur totale : 25*25. — Longueur de la nef : 15™50. — Largeur de la nef : 6"90. — Largeur totale du transept : li"10. — Épaisseur du mur de façade : 1"15. — Saillie des contreforts de la nef : 1"90. — Largeur des mêmes contreforts : 1"35.

Avant de quitter Tintérieur de l'église, remarquons les tailloirs des pilastres qui supportent les doubleaux de la nef : ils se composent d'un bandeau sur qui reposent les sommiers de l'arc, et d'une doucine qui raccorde le tailloir au pilastre. La maçonnerie n'est pas apparente à l'intérieur : le crépissage et le badigeon couvrent les murs et les voûtes.

Considérons maintenant l'extérieur en commençant par la façade, sur laquelle est appliquée une porte avec tympan,

dont l'archiToIte est accompagnée de plusieurs rangs de moulures. Cette porte est moderne et sans caractère. La grande fenêtre en plein cintre placée au-dessus de la porte est moderne aussi et ne mérite pas de nous arrêter plus longtemps. La façade est terminée à sa partie supérieure par un pignon dont les rampants accompagnent ceux du toit, à un mètre environ au-dessus d'eux.

L'élévation latérale accentue les divisions de la nef par de très puissants contreforts dont le glacis supérieur forme une véritable toiture à un rampant formée de laves. Dans l'intervalle de ces contreforts s'ouvrent les fenêtres, et dans le mur de la troisième travée, au midi, est percée une porte qui ne donne lieu à aucune remarque. Des modillons placés en haut du mur soutiennent un cordon de pierre formant corniche sur laquelle vient reposer la partie inférieure du toit. Le toit est fait en laves et repose directement sur la voûte.

L'élévation extérieure des croisillons ne donne lieu à aucune remarque; ils sont ornés d'une fenêtre sans aucun style dans le croisillon méridional, et d'une fenêtre à remplage flamboyant du quinzième siècle, au nord. On peut y remarquer aussi les contreforts posés d'angle, suivant l'usage adopté au quinzième siècle. En contournant les croisillons vers l'orient, on arrive à l'abside éclairée par deux grandes fenêtres refaites, là où primitivement il devait y^ en avoir troifi d'étroite ouverture. Comme à l'église de la Vineuse et à celle de Blanot, l'abside de l'église d'Ameugny n'est flanquée d'aucun contrefort.

C'est au-dessus de la croisée du transept que s'élève le clocher, épais et court. Construit sur plan carré, il présente quatre faces qui sont toutes les quatre décorées de la même façon. Considérons-en une : nous y pouvons distinguer trois étages. L'étage inférieur ou soubassement est encadré à droite et à gauche, vers les arêtes de la construction, par deux bandes verticales qui se replient sur les faces adja-

centes en embrassant Tarête, et montent ainsi jusqu'à la corniche placée sous le toit ; une série de huit arcatures en plein cintre relie ces deux bandes latérales. Au-dessus de ces arcatures est un cordon saillant de pierres qui séparent Tétage inférieur de Tétage intermédiaire. Ce second étage ne se distingue par aucune particularité ; il présente un mur absolument nu ; il est encadré par les deux bandes verticales qui le limitent à droite et à gauche, en bas par le cordon de pierres, et en haut par un cordon analogue au-dessus duquel commence Tétage supérieur. Ce troisième étage est décoré sur chaque face par une baie trigéminée dont les cintres ont leurs deux retombées communes portées sur des colonnettes ; aux retombées extérieures sont de simples pieds-droits en maçonnerie. Nous pouvons citer parmi les églises dont le clocher possède un étage de baies trigéminées, celle de Chidde et celle de la Vineuse.

Au-dessus de ces baies sont des modillons très simples, dont le profil est composé d*un bandeau et d'un cavet, qui supportent la corniche ou vient s'appuyer le bord du toit. C'est encore, comme presque tous les toits de nos clochers romans bourguignons, une pyramide très surbaissée, à quatre pans, couverte en laves.

La construction de l'église Notre-Dame d'Ameugny est singulièrement massive : la nef, il est vrai, est assez large, et la portée de la voûte qui la couvre est considérable, mais les précautions ont été bien prises, et il est difficile de voir un édifice d'un aspect aussi robuste et aussi trapu. Le clocher, lui aussi, bien qu'original, est remarquablement épais. Cet ensemble nous donne assurément une impression d'ancienneté, mais ne suffit pas pour nous permettre d'assigner avec certitude une date à la construction de l'église ; en dehors des chapiteaux et bases des colonnettes du clocher, du plan de l'édifice, des arcs en plein cintre de

la croisée du transept, les caractères nous manquent pour appuyer notre opinion. Si les fenêtres anciennes avaient

subsisté, elles nous auraient peut-être fourni une indication. Bref, considérant l'absence de contreforts à Tabside, le plein cintre des arcs qui donnent entrée dans la croisée, d'un côté, et cette disposition de baies trigéminées au clocher, de l'autre ; tenant compte aussi du plan et de la structure générale si massive, nous croyons que si la mention à la date de 1050 se rapporte à l'église que nous venons d'étudier, celle-ci devait être construite depuis assez peu de temps. En tout cas, il nous semble diflîcile de donner à cet édifice une date postérieure aux dernières années du onzième siècle.

•«o^tt^o»-

EGLISE DE BLANOT

Le village de Blanot^ est situé au milieu de montagnes assez élevées, à huit kilomètres au nord-est de Cluny. On y exploite des carrières de pierre de taille.

Cette paroisse dépendait du bailliage et du diocèse de Mâcon; elle appartenait à l'archiprêtré de Vérizet, et l'abbé de Cluny qui nommait le titulaire de la cure - y avait aussi la justice. En 927, une charte mentionne l'église Saint- Martin de Blanot : « Ecclesia S. Martini in villa Blanusco ^ » ; en 1156, nous voyons que c'était un prieuré de l'ordre de Cluny*. Dans le pouillé de 1513, l'église de Blanot et celle de Donzy-le-Pertuis étaient unies.

M. Ragut, dans sa description des communes du département de Saône-*et-Loire, écrit : « L'église de Blanot parait avoir été construite au douzième siècle ; cet édifice est

1. Canton de Clany, arrondissement de M&con (Saône-et-I^oire).

2. Pouillé du quatorzième siècle, publié par l'abbé U. Chevalier. — Pouillé du seizième siècle, publié par Aug. Bernard.

3. Cartulaires de Cluny, publiés par Aug. Bernard et Bruel, 283. (Documents Inédits.)

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