Cartulaire B de Cluny, in flne
remarquable par sa hauteur et par son architecture gothique*. » Dans V Annuaire de Saône-et- Loire de 1843, nous, lisons que le clocher est du dixième siècle, et qu'il est remarquable par son élévation et le style de son architecture. Le Dictionnaire de Jeanne attribue le clocher de Blanot au onzième siècle : nous partageons cette opinion.
L'église de Saint-Martin de Blanot est à une seule nef plafonnée, éclairée de chaque côté par trois fenêtres n'ayant au vitrail que 0™20 de largeur, et dont tout Tébrasement est pratiqué à l'intérieur : c'est un caractère d'ancienneté. La nef n'a pas de porte dans la façade dont le mur est plein : cela arrive quelquefois dans les églises dépendant d'un prieuré : cela se voit à Uchizy ; c'est que les bâtiments de la communauté se trouvaient probablement adossés au mur de la façade. Deux portes sans caractère donnent accès dans la nef de Blanot : l'une au midi et l'autre au nord.
La nef communique avec la travée placée au-devant du chœur par une arcade en plein cintre, doublée; cette travée est voûtée par une coupole sur trompes en cul-defour. A droite et à gauche de la coupole, c'est-à-dire au midi et au nord, deux larges arcades en plein cintre contrebutent la coupole et supportent le poids du clocher élevé au dessus ; l'intérieur de cette travée est éclairé de chaque côté par une étroite fenêtre en plein cintre analogue à celles de la nef. Puis vient l'arc triomphal en plein cintre, puis l'abside en hémicycle et voûtée en cul-de-four, précédée d'une petite partie droite. Ce cul-de-four de l'abside est établi à une assez grande hauteur et vient s'emmancher sensiblement au-dessus du cintre de l'arc triomphal ; il est porté au même niveau que le plafond de la nef. L'abside est éclairée par trois fenêtres ébrasées à l'intérieur et à l'extérieur et qui présentent une ouverture plus grande que
1. C. Ragut, Statistique du département de Sadne-eNLotre, M&con, 1838, 2 vol. lD-4*; t. II, p. 40-41.
les fenêtres de la nef. L'épaisseur du mur de l'abside est de 1 mètre ; l'épaisseur du mur de la travée voûtée en coupole est de 0"85.
L'orientation de l'église de Blanot est bonne ; ses dimensions principales sont :
Longueur totale dans œuvre : 25" 15. — Longueur de la nef : 17"'55. — Hauteur sous Tare triomphal : 3'"65. — Largeur de la nef dans œuvre : 6™20. — Épaisseur du mur de la nef : 0"*85. — Largeur des fenêtres de Tabsido au vitrage : 0"30.
Si nous passons à l'extérieur, nous avons dit qu'il n'y a pas de façade à examiner ; l'élévation latérale est fort simple : pas de contreforts puisque la nef n'est pas voûtée; on remarque simplement les ouvertures très étroites des fenêtres en plein cintre et la baie de la porte.
La toiture de la nef est établie sur des combles de peu de pente; elle est recouverte en laves. Au bout de la toiture de la nef s'élève le clocher dans lequel on distingue trois étages de baiee. Il est monté sur un plan à peu près carré, et présente quatre faces toutes semblables. L'étage inférieur de la face méridionale est percé d'une porte qui donne accès dans le clocher; au dessus est une fenêtre ancienne, en plein cintre. L'étage intermédiaire est éclairé par deux fenêtres en plein cintre, juxtaposées, et comprises dans un encadrement formé de deux bandes verticales reliées par une série de six arcatures en plein cintre, les deux du milieu ayant une ouverture plus grande que les autres et encadrant le cintre des fenêtres. Cette sorte d'encadrement a été employée surtout au onzième siècle.
Au dessus est une corniche formée par un cordon de pierres saillantes ; nous croyons que cette corniche supportait autrefois la base du toit, et que l'étage supérieur à été ajouté postérieurement à l'achèvement de l'église au onzième siècle. Cet étage supérieur se compose de deux larges fenêtres ouvertes sur chaque face, et amorties par
des arcs en anse do panier; au dessus sont des culs-delampe à trois ressauts qui pourraient bien avoir servi à l'établissement d*un hourdage ou de mâchicoulis; mais les mâchicoulis n'existent plus, et c'est actuellement une toiture très plate, formée d'une pyramide à quatre pans couverte en laves qui vient reposer et déborde même sur ces encorbellements. Après avoir constaté que deux contreforts d'une grande saillie étayent de chaque côté la base du clocher, nous voyons que l'abside en hémicycle, percée de ses trois fenêtres, ne présente pas de contreforts. La toiture de l'abside, qui n'est isolée du mur par aucune corniche, est en laves reposant directement sur la voûte.
En résumé, nous pensons avoir affaire à Blanot à une église du onzième siècle; il est bien difficile de fixer si elle est du commencement, du milieu ou de la fin du onzième siècle ; nous nous appuyons surtout pour défendre cette date assez vague sur un ensemble de caractères : les fenêtres de la nef, les arcades en plein cintre, l'ornementation du clocher, l'absence de contreforts à l'abside, et sur ces ornements en zigzags qui décorent l'abside sous la toiture, ornements que l'on voit à Tournus, à Massy, à Farges, etc.