‹ L'architecture romane dans l'ancien diocèse de MâconChapitre 45 sur 120 · Archives départementales. G · texte numérisé non relu

Archives départementales. G

tandis que la nef a été fort remaniée en ces derniers temps pour l'établissement d'une voûte. C'était primitivement une église à une seule nef plafonnée, suivie d'une travée dont la voûte en coupole sur trompes en cul-de-four supporte le clocher, puis enfin d'une abside voûtée en cul-de-four brisé. Les arcades qui font communiquer la travée sous la coupole d'un côté avec la nef et de l'autre avec l'abside sont en cintre brisé.

Le chœur en hémicycle est éclairé par trois fenêtres en plein cintre, de médiocre ouverture, ébrasées à l'intérieur et à l'extérieur. Au quinzième siècle, on a pratiqué une ouverture dans le mur méridional de la travée sous le clocher, et on a construit une chapelle voûtée sur croisée d'ogives, et éclairée par une fenêtre dont le remplage est flamboyant.

Si nous examinons l'extérieur de l'église, nous laisserons de côté la nef, remaniée, pour arriver tout de suite au clocher élevé sur plan carré, par conséquent à quatre faces, toutes semblables. Chacune de ces faces est divisée horizontalement en deux parties formant deux étages de baies : l'étage inférieur est percé d'une fenêtre en plein cintre, sans ornements, au-dessous de laquelle on voit dans la maçonnerie un arc de décharge en forme d'arc brisé; cet étage inférieur est encadré à droite et à gauche par deux bandes verticales ou bandes lombardes, faisant saillie sur le nu du mur, et se rejoignant à quelque distance au-dessus de la fenêtre par une série de petites arcatures en plein cintre. Un cordon de pierres légèrement saillant sur le parement du mur forme la séparation extérieure des deux étages. L'étage supérieur présente sur chaque face deux baies jumelles en plein cintre flanquées d'une colonnette à chaque extrémité formant les pieds-droits, et d'une autre colonnette supportant au milieu la retombée commune des deux archivoltes. Ces baies ont leur appui placé au niveau de la bande de pierre qui forme la séparation des deux

étages. Cet étage supérieur est encadré, comme Tautre, par un système de bandes lombardes et d'arcatures en plein cintre. Au-d«ssus de cet encadrement est la corniche qui porte le toit formé d'une pyramide obtuse à quatre pans couverte en laves. Cette corniche est constituée par trois éléments : deux cordons de pierre horizontaux, et dans leur intervalle une ligne de pierres d'environ 0"05 ou 0"06 d'épaisseur, posées de biais de façon à former une série d'angles saillants et d'angles rentrants. Ce genre de décoration est fréquemment employé dans les monuments de cette région, notamment à Saint-Philibert de Tournus et à l'église de Massy.

L'abside présente à l'extérieur trois fenêtres en plein cintre, dont Tébrasement est assez accentué; entre ces fenêtres sont deux contreforts, droits, sans talus ni glacis d'aucune sorte, si ce n'est à leur extrémité supérieure. La corniche qui supporte la retombée du toit est composée comme celle du clocher; elle a en plus des modillons très simples qui soutiennent le ruban de pierre inférieur. Audessus du ruban, est cet ornement constitué d'angles saillants et rentrants où s'accroche la lumière, et que l'on trouve au onzième siècle principalement. La toiture de l'abside est formée de laves appuyées directement sur les reins de la voûte.

En résumé, cette église que nous voyons citée en 1095 peut bien en effet remonter au onzième siècle, mais tout à fait aux dernières années du onzième siècle; le soin avec lequel le clocher a été appareillé, l'élégance de sa silhouette, prouvent une habileté que n'avaient pas encore les constructeurs de la tour de Chapaize, par exemple, située à peu de distance de l'édifice que nous venons de décrire, et qui doit appartenir, elle, à la première moitié du onzième siècle.

EGLISE DE CHISSEY

Chissey ', village situé au milieu des montagnes, faisait partie autrefois du bailliage et du diocèse de Mâcon, de Tarchiprêtré de Vérizet^, et ressortissait à la justice de Tabbé de Cluny^. L*église, placée sous le vocable de saint Pierre, était à la collation du Chapitre de Saint- Vincent de Mâcon*; elle est mentionnée, à la date de 926 : « Ecclesia sancti Pétri de Chisiaco^ )),»dans une charte de Cluny, et entre 1031 et 1060, dans une charte du Cartulaire de Saint^ Vincent de Mâcon : « Ecclesiam de Chisciaco in honore beati Pétri dicatam. » ^

L'église de Chissey, qui était fort délabrée depuis longtemps (on en a la preuve dans un procès-verbal de visite, vers 1675, où il est dit que « les vitres du chœur ouvertes et sans verres causent des inconvénients "^ ») a été complètement restaurée vers 1850 ; la construction du chœur, de labside et du transept remonte à cette époque.

L'église de Chissey est une intéressante église qui possède encore d'importantes parties anciennes : la nef et le clocher. Elle est orientée à contre-sens, et présente les dispositions suivantes : une sorte de porche formé par le dessous du clocher, puis la nef, le transept et enfin le chœur. Nous ne nous occuperons pas de ces deux dernières parties très intelligemment reconstruites.

1. Canton de Saint-Gengoax-le-Royal, arrond. de Mâcon (Saône-et-Loire).

2. Pouillé du quatorzième aiéclCf publié par Tabbé U. Chevalier.

3. Ragut, Statistique du département de Saône-et-Loire^ Màcon, 1838, 2 vol. in-4% t. II.

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