‹ L'architecture romane dans l'ancien diocèse de MâconChapitre 51 sur 120 · Annuaire de Saône-^t-Loiref · texte numérisé non relu

Annuaire de Saône-^t-Loiref

0"75. — Hauteur à Tébrasement : V°OT). — Largeur : 0"65. Le vitrage de ces fenêtres affleure à Textérieur au ras du mur.

Dans le décrochement du mur de la croisée, à Tendroit où vient s'emmancher le cul-de-four de Tabside, on remarque une fenêtre en plein cintre ayant, comme toutes les autres fenêtres anciennes du même édifice, tout son ébrasement à Tinté rieur.

Nous n'avons plus à noter dans l'intérieur de l'église que l'ornementation des corniches placées aux impostes de la grande arcade qui fait communiquer la nef avec le transept. Ces corniches affectent le profil suivant : un bandeau ou méplat à la partie supérieure ; la partie inférieure est abattue et se présente en biseau; le méplat est séparé du biseau par une petite gorge sculptée en creux : sur le biseau sont sculptées en relief de grosses perles placées les unes à côté des autres, mais sans se toucher.

Si nous passons à l'extérieur, nous ne nous arrêterons guère à la nef, dont la façade est entièrement moderne, et dont l'élévation latérale donne lieu à peu de remarques. On y voit seulement de chaque côté deux fenêtres en plein cintre, refaites au midi, intactes au nord. Puis on rencontre la légère saillie formée par les croisillons percés chacun d'une fenêtre en plein cintre, et en continuant toujours on contourne l'abside en hémicycle, éclairée par trois fenêtres qui, n'ayant pas d'ébrasement à l'extérieur semblent être de dimensions tout à fait exiguës. Entre les trois fenêtres sont placés deux contreforts sans ressauts, d'une faible saillie et d'une médiocre largeur, terminés en haut par un glacis qui s'applique contre le mur. Il n'y a pas de corniche sous le toit de l'abside, qui est formé de laves posées sur les reins du cul-de-four. On peufr regretter que dans cette église le crépissage enlève la vue de l'appareil, et empêche ainsi de voir si le clocher est d'une construction autre que celle du reste de l'édifice.

Le clocher émerge au-dessus de la croisée du transept ; il est établi sur plan carré et bâti en moyen appareil d'un fort échantillon. Les constructions aussi soignées que celle qui nous occupe sont extrêmement rares dans le pays ; on voit que l'on quitte le Maçonnais où le petit moellon irrégulier règne à l'exclusion de la pierre d'appareil, pour entrer dans le Charollais où la nature de la pierre change et se laisse tailler plus aisément. Le clocher de Chidde a ses quatre faces semblables : il est divisé en deux étages : l'étage inférieur décoré de deux grandes baies ou arcatures aveugles en plein cintre ayant leur appui sur une bande de pierre légèrement saillante portée par de petits modillons très simples, et l'étage supérieur qui présente sur chaque face une ouverture trigéminée ayant assez d'analogie avec celle du clocher d'Ameugny : ce sont trois baies en plein cintre, d'une apparence trapue, dont les archivoltes reposent sur quatre colonnes courtes, solides, composées d'un socle carré, d'un fût d'une très petite longueur et d'un chapiteau. La sculpture des chapiteaux est assez plate et ne dénote pas un art bien avancé. Au-dessus de ces fenêtres on voit sur chaque face six modillons soutenant une corniche moderne et une petite flèche couverte en ardoises. A la place de cette flèche on voyait, il y a une quarantaine d'années une pyramide à base carrée en belles pierres d'appareil. Quant à la cloche de 1 108, signalée par V Annuaire de Saôneet-LoirSy il n'en est plus question. A-t-elle été détruite ? ou transportée ailleurs ? ou n'a-t-elle jamais existé ? le fait est que le clocher renferme actuellement une cloche avec inscription du seizième siècle. Nous remarquons dans cet édifice l'absence de bandes lombardes avec arcatures en plein cintre; c'est que, encore une fois, nous quittons le Maçonnais où cette ornementation est si employée. L'église de Chidde nous paraît appartenir au début du douzième siècle.

EGLISE DE CLESSE

Clessé^ est un village situé à 15 kilomètres au nord de Mâcon. Il dépendait du bailliage et du diocèse de Mâcon, de Tarchiprêtré de Vérizet et de la justice de Tabbaye de Saint-Pierre de Mâcon ; le prieur de cette abbaye nommait le titulaire de la cure^. Le Cartulaire de Saint- Vincent de Mâcon mentionne plusieurs fois cette localité, dès le dixième siècle 3, mais il n'est question de l'église dans aucune charte.

L'église est placée sous le vocable de Notre-Dame ; elle est bien orientée. h*Annuai7'e de Saône-et-Loire de 1843, la cite comme « remarquable surtout par son clocher octogone, aux fenêtres géminées, de style roman du dixième siècle ». M. H. Pignot, dans son Histoire de V ordre de Cluny^^ y reconnaît un clocher clunisien octogone.

En 1096, Urbain II confirme au prieur et à la communauté de Saint-Pierre de Mâcon, le droit de nommer aux églises paroissiales du patronage de Saint-Pierre : l'église de Clessé se trouve comprise dans la liste. ^

C'est une petite église à une seule nef plafonnée, éclairée de chaque côté par trois fenêtres refaites, en plein cintre, qui communique avec la croisée du transept par une grande arcade en plein cintre. La croisée est voûtée par une coupole sur trompes ; les grandes arcades qui y donnent entrée sont toutes en plein cintre, non doublées. Les deux croisillons, voûtés sur croisées d'ogives, datent de la fin du quinzième ou du commencement du seizième siècle.

La croisée du transept communique avec le chœur à

1 . Canton de Lugny, arrondissement de Màcon (Saône^t-Loire).

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