‹ L'architecture romane dans l'ancien diocèse de MâconChapitre 52 sur 120 · Cartulaire de Saint-Vincent de Mâcon · texte numérisé non relu

Cartulaire de Saint-Vincent de Mâcon

4. H. Pignot, Hist. de Vordre de Cluny, t. II, p. 534, en note.

5. De la Rochette, Hiet. des évéquet de Mâcon^ t. II. p. 86-87.

chevet plat par une arcade en plein cintre. Le chœur primitif se terminait sans doute par une abside ronde ; il a été refait sur plan rectangulaire et voûté d'arêtes : il n*a aucun caractère.

Passons à l'extérieur et considérons la façade qui n'a pas été remaniée : elle se compose d'un mur terminé à sa partie supérieure en forme de pignon. Au centre de la façade, au rez-de-chaussée, est percée une porte en plein cintre, doublée. En haut, dans le pignon, s'ouvre une petite fenêtre en plein cintre qui éclaire les combles. Le reste de la façade est décoré par quatre encadrements formés de bandes verticales qui se rejoignent à leur partie supérieure par une série d'arcatures en plein cintre. C'est un système d'ornementation que l'on rencontre souvent dans les églises du Maçonnais et du Chalonnais : une disposition assez rare, est celle d'une bande verticale qui descend jusqu'au-dessus de la porte, au milieu du plein cintre. Nous ne connaissons qu'une autre façade d'église où cette particularité se retrouve : c'est à Saint-Martin de Laives ', et dans cette dernière église la même particularité se remarque à l'abside au-dessus de la fenêtre centrale.

L'élévation latérale divise à l'extérieur la nef en trois travées ; chaque travée est éclairée par une fenêtre en plein cintre, remaniée et séparée de sa voisine par un contrefort plat, en forme de bande verticale qui monte rejoindre la corniche du toit. Cette corniche, formée par un bandeau de maçonnerie est supportée par des modillons sculptés d'une façon variée : têtes grimaçantes, profils d'animaux. Les modillons qui supportent la corniche du mur septentrional ne sont pas sculptés.

Nous ne parlerons pas de l'élévation extérieure des croisillons, ni de la petite tour polygonale moderne qui ren-

1. Canton de Sennecey-le-Grand, arrondissement de Chalon-sur-Saône (Saôneet-Loire).

ferme l'escalier du clocher, ni du chevet de l'église. Arrivons au clocher.

Le clocher de l'église de Clessé est octogonal. Les trompes en cul-de-four qui transforment le carré en octogone sont chargées à leur partie supérieure, en dehors, par des petits talus de maçonnerie à deux pentes.

II faut distinguer deux étages : Tétage inférieur, aveugle, est orné sur chaque face par deux bandes verticales qui se rejoignent en haut par deux arcatures en plein cintre. Une corniche d'un profil fort simple, sépare l'étage inférieur du deuxième étage, orné sur chacune de ses faces d'un encadrement de bandes verticales et d'arcatures en plein cintre, au nombre de quatre. Dans cet encadrement, et sous une arcature en cintre légèrement surbaissé qui a pour piedsdroits deux colonnettes, s'ouvre une baie géminée dont la retombée médiane est portée sur une colonnette, tandis qu'aux retombées extérieures correspondent de simples pieds-droits en maçonnerie. Au-dessus de cet étage est la corniche portée sur chaque face par six modillons d'un profil fort simple; au-dessus de ces modillons, la corniche est composée par un simple cordon de pierre surtnonté d'une ligne de grosses têtes de clous, puis vient une moulure en quart de rond qui rejoint le toit. Le toit en forme de pyramide à huit pans est recouvert par des tuiles ; il est moderne.

En somme, c'est surtout l'extérieur qui est intéressant à réglise de Clessé, et particulièrement le clocher construit dans d'excellentes proportions. Bien que certains détails de la façade et de l'intérieur de l'église nous paraissent appartenir à la fin du onzième siècle, il nous paraît difficile de faire remonter la construction du. clocher à une date aussi éloignée. Notre opinion est que l'église de Clessé dont l'apparence est assez homogène doit appartenir au début du douzième siècle.

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