‹ L'architecture romane dans l'ancien diocèse de MâconChapitre 66 sur 120 · EGLISE DE LOCHE · texte numérisé non relu

EGLISE DE LOCHE

L'église de Loche * est, avec une partie du village, située sur le penchant d'une montagne, d'où la vue s'étend sur la ville de Mâcon et sur les plaines de la Bresse. Loche était autrefois annexe de Vinzelles, dépendait de l'archiprêtré de Vauxrenard et de la châtellenie de Chânes et Crèches.

L'église de Loche présente en plan une seule nef suivie d'une travée au-dessus de laquelle s'élève le clocher, et terminée par une abside en hémicycle. La nef est précédée à l'extérieur par un petit porche dont la toiture à trois pentes, appliquée contre le mur de façade, est soutenue en avant par deux piliers en pierre de forme polygonale, qui reposent eux-mêmes sur un petit bahut à l'intérieur duquel est appliqué un banc. Le porche doit être de la fin du quinzième siècle ; la nef semble appartenir au douzième, et le chœur, en y comprenant la travée au-dessous du clocher, et le clocher lui-même, remontent évidemment au douzième siècle.

i. Canton de M&coa-sud (Saùne-et-Loire)

La nef, qui n'était pas primitivement voûtée, est actuellement divisée en trois travées voûtées par des compartiments d'arêtes séparés par des doubleaux qui retombent latéralement sur des culs-de-lampe. Elle a dû être restaurée il n'y a pas bien longtemps. Chaque travée est éclairée de chaque côté par une fenêtre en plein cintre ébrasée à l'intérieur et à l'extérieur ; il y a également une fenêtre en plein cintre percée dans le mur de façade. La nef communique avec la travée suivante par une grande arcade en plein cintre. Le dessous du clocher est voûté par une coupole octogonale sur trompes en cul-de-four ; il est éclairé de chaque côté par une fenêtre en plein cintre de 40 centimètres d'ouverture au vitrage ; contre les murs latéraux sont appliquées deux arcades en plein cintre sur l'extrados desquelles repose la coupole. Cette travée communique avec l'abside en hémicycle par une grande arcade en plein cintre. L'abside est voûtée par un cul-de-four et éclairée par trois fenêtres en plein cintre.

Si nous sortons pour examiner la façade, nous constatons sous le porche la présence d'un très beau portail à voussures, orné d'une grande profusion de sculptures. Le tympan est couvert do moulures contournées dans le style flamboyant du quinzième siècle. Les vantaux de la porte datent de la même époque et sont également remarquables.

L'élévation latérale n'offre rien qui puisse nous arrêter. Le clocher est étayé de chaque côté par deux contreforts ; l'abside, outre l'ouverture de ses fenêtres présente trois contreforts, deux latéraux, et un dans l'axe de l'église qui ne monte que jusqu'à l'appui de la fenêtre ; mais ces contreforts sont si plats qu'ils ressemblent plutôt à des bandes appliquées pour orner Tabside.

Le clocher qui s'élève au-dessus de la coupole est octogonal et de proportions très élégantes ; il est surmonté d'une flèche octogonale qui n'est point ancienne. On peut considérer dans le clocher quatre zones : dans la première

qui représente le soubassement, le plan est encore carré ; les quatre faces sont éclairées chacune par une très petite baie en plein cintre. C'est au niveau de ces petites fenêtres que la construction devient octogone. Le deuxième étage est aveugle ; sur chacune de ses huit faces est un encadrement formé par deux bandes verticales lombardes se rejoignant à leur partie supérieure par deux arcatures en plein cintre. Le troisième étage, ainsi que le quatrième sont ornés de baies géminées sur chacune de leurs faces : ces baies s'ouvrent dans des encadrements de bandes et d'arcatures lombardes analogues à ceux qui ornent les faces de Fétage aveugle. La retombée médiane des archivoltes en plein cintre de ces baies porte sur une colonnette ; de simples pieds-droits en maçonnerie supportent les autres retombées. Au-dessus de la corniche qui couronne le quatrième étage s'élève la toiture.

Nous ne croyons pas devoir attribuer au onzième siècle une construction aussi élancée ; nous ne connaissons pas d'ailleurs dans toute la région, un seul clocher octogonal remontant certainement au onzième siècle.

Page 1