‹ L'architecture romane dans l'ancien diocèse de MâconChapitre 87 sur 120 · LX III P · texte numérisé non relu

LX III P

OGTOBBIS Inscription sur le premier pilier nord de la nef.

Elle nous donne la date de 1463. Quant à Farcature qui décore le chœur, une partie qui avait été détruite a été restituée dans les dernières restaurations.

Si nous passons maintenant à la description de Textérieur, nous trouvons que la façade reproduit les dispositions intérieures de la nef, c'est-à-dire qu'elle est divisée verti-

calement en trois parties correspondant à la nef et aux collatéraux. Le mur de la nef principale se termine en haut en forme de pignon ; il est séparé du mur formant la façade des collatéraux par deux longs contreforts qui finissent audessus du point correspondant à l'extrémité supérieure du toit des collatéraux qui vient s'appuyer contre le mur de la nef. Entre ces deux contreforts s'ouvre, au rez-dechaussée, la porte principale, dont la baie rectangulaire amortie par un linteau nu surmonté d'un tympan également nu est encadrée par trois séries de moulures formant une archivolte en plein cintre; les pieds-droits qui supportent le linteau sont des colonnes engagées comme celles que l'on voit à la porte de l'église d'Iguerande : leurs bases ont été refaites ainsi que leurs chapiteaux. Les moulures de la seconde série ont aussi des colonnes comme pieds-droits. La partie supérieure de ce mur de façade est ornée par une irrande fenêtre en plein cintre dont l'archivolte moulurée retombe de chaque côté sur une colonnette ; un encadrement terminé en haut par un gable triangulaire soutenu par des pilastres cannelés entoure cette baie. — Le mur de façade des collatéraux est limité vers l'arête par un contrefort ; une longue et étroite fenêtre en plein cintre, sans ébrasement extérieur, en forme le seul ornement. La toiture de la nef, ainsi que celle des bas-côtés, est posée directement sur les reins de la voûte.

Considérons l'élévation latérale vers le midi : nous trouvons trois fenêtres longues et étroites, en plein cintre, séparées l'une de l'autre par des contreforts de peu de saillie qui marquent la division intérieure en travées. La troisième travée est percée au rez-de-chaussée par une curieuse porte du douzième siècle. L'encadrement de cette porte est en plein cintre ; les voussoirs sont très bien taillés et appareillés : ils sont munis vers leur extrados d'une moulure composée d'un méplat dont l'angle est abattu puis creusé en une gorge que vient remplir un tore. Les sommiers de cette

voussure reposent sur des colonnettes munies de bases, de chapiteaux et de tailloirs richement sculptés sur leur méplat et leur chanfrein ; les chapiteaux sont à personnages. La baie proprement dite est rectangulaire et amortie par un linteau sur lequel sont sculptés douze personnages, probablement les douze apôtres, représentés debout, chacun sous une petite arcature en plein cintre. Un linteau analogue se voit à Tintérieur du porche de Charlieu, au-dessus de la porte qui donnait entrée dans l'église. Le tympan qui est au-dessus de ce linteau, à Châteauneuf, n'est pas sculpté.

En continuant notre examen, nous arrivons devant le mur qui ferme le croisillon limité par deux contreforts. Ce mur est orné d'un bel oculus du douzième siècle dont la baie circulaire est bordée d'une sorte de feston encadré par des moulures.

Venons maintenant au chevet : chaque absidiole est flanquée d'un contrefort en forme de demi-colonne, présentant une belle base du douzième siècle, et un chapiteau à feuillages richement sculpté.

L'abside centrale est flanquée de deux contreforts rectangulaires formant pilastres, munis d'une base et d'un socle. Ces contreforts séparent les trois fenêtres qui éclairent l'abside : la fenêtre de l'axe a seule des colonnettes à ses pieds-droits ; la fenêtre de l'abside tournée vers le nord n'a pas d'ébrasement extérieur. La corniche placée à la base du toit est très saillante et moulurée; les parties anciennes en sont supportées par des modillons à têtes grimaçantes dont la sculpture est très variée.

La toiture de l'abside et des absidioles est posée directement sur les reins des voûtes. Quant au clocher carré qui s'élève au-dessus de la croisée du transept, il est dessiné dans le dictionnaire de Viollet-le-Duc, à la description duquel nous n'avons rien à ajouter. On travaillait tout dernièrement à le restaurer en entier.

Il nous parait en somme évident que l'église de Châteauneuf, bien homogène, remonte tout entière au milieu du douzième siècle, sauf les remaniements et restaurations qu'elle a dû postérieurement subir. La richesse de Tornementation du chœur, de la nef, des fenêtres, des portes, de l'abside, est vraiment remarquable et caractéristique. En un mot, l'église de Châteauneuf est un type que l'on s'efforce avec raison de conserver.

EGLISE DES ARDILLATS.

L'église Saint-Pierre des Ardillats * était à la collation de révêque de Mâcon^, et dépendait do l'archiprêtré de Beaujeu^; nous voyons dans le Cartulaire de l'église collégiale de Notre-Dame de Beaujeu une mention, qui remonte au onzième siècle, de la paroisse Saint-Pierre dos Ardillats : « Parrochia sancti Pétri de Arziliaco ». *

C'est une église du douzième siècle très remaniée à l'époque gothique. Elle est à trois nefs, mais primitivement elle n'en avait qu'une : la nef principale est plafonnée, les nefs latérales sont voûtées d'arctes et éclairées par des fenêtres modernes ou garnies de remplages du quinzième siècle. L'arcade qui donne entrée de la nef dans la croisée est en plein cintre ; la croisée est voûtée par un berceau légèrement brisé ; le croisillon méridional supporte le

1. Canton de Beaujeu, arrondissement de Villefranche (Rhône). ?. Pouillé du ««tziéme sièete, publié par Aug. Bernard.

3. Pouillé du quatorzième siècle^ publié par M. l'abbé U. Cheyalier.

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