‹ L'architecture romane dans l'ancien diocèse de MâconChapitre 98 sur 120 · Archives départementales, B · texte numérisé non relu

Archives départementales, B

Les deux premières rangées de piliers dans la nef sont construits sur plan cruciforme; la face tournée vers Taxe de la nef est cantonnée d'une colonne engagée pour soutenir la retombée du doubleau. Les piliers de la troisième rangée sont construits sur le même plan, mais comme les grandes arcades de la quatrième travée sont doublées, il a fallu engager une colonne du côté de cette grande arcade pour soutenir la retombée intérieure du doubleau. Les grandes arcades de la nef sont brisées ; les grandes arcades doublées de la quatrième travée ont plus d'ouverture que les autres à cause de Técartement plus grand des piliers qui les supportent.

L'arc triomphal est en plein cintre doublé ; mais il ne fautpasy attacher d'importance, car il a été refait. L'abside, également reconstruite, est voûtée en cul-de-four et éclairée par deux grandes fenêtres en plein cintre.

Avant de sortir de l'église, remarquons un détail qui a son importance, et que d'ailleurs nous verrons aussi du dehors : c'est la forme de l'amortissement des fenêtres. Les fenêtres des collatéraux, aussi bien que celles de la nef, ébrasées à l'intérieur et à l'extérieur, présentant une ouverture de médiocre largeur, sont amorties à leur partie supérieure non par un arc en plein cintre, mais par un arc brisé. Ce caractère ne semble guère convenir à une église construite au douzième siècle, et cependant la construction entière de l'édifice, la forme des piliers, le profil des grandes arcades, des tailloirs, la sculpture des bases et des chapiteaux appartiennent certainement au douzième siècle. Nous croyons bien d'ailleurs que les fenêtres sont contemporaines de l'église, et pour concilier ces différents caractères, nous admettrons que l'église appartient au dernier quart du douzième siècle.

A l'extérieur, nous remarquons d'abord que la façade annonce très bien qu'on a affaire à une église à trois nefs, mais les bas-côtés n'ont pas de toiture différente de celle

de la nef principale ; c'est un même toit à deux rampants, posé à peu près directement sur les reins de la voûte, qui couvre les trois nefs. Au sommet du pignon de la façade se dresse un petit clocher carré qui passe pour être le clocher ancien : en tout cas, il a dû être remanié et. n'a aucun caractère.

La façade est divisée en trois parties verticales par quatre contreforts ; la partie qui correspond à la nef principale est percée au rez-de-chaussée par une large porte dont Tarchivolte en arc brisé repose sur des colonnettes dont la base ressemble à celle des colonnettes du chœur de Téglise de Donzy-le-Royal ; les chapiteaux sont d'une sculpture très simple. Le cintre de l'archivolte est encadré par une moulure en forme de glacis qui, à la hauteur des impostes de l'arc, se retourne dans une direction horizontale pour traverser toute la façade. Au-dessus de la porte est une longue fenêtre amortie en arc brisé, qui éclaire la nef.

Les parties de façade qui correspondent aux collatéraux, encadrées à droite et à gauche par deux contreforts sont ornées de longues fenêtres analogues aux autres.

L'élévation latérale, sauf les contreforts qui la flanquent et les fenêtres qui y sont ouvertes, ne présente aucune particularité.

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