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CHAPITRE XII

l'art byzantin.

Si la fondation d^un nouvel empire à Byzance, par Constantin, en 33o de Père chrétienne, est un des grands événements de l'histoire du monde, elle marque en même temps, dans Thistoire de Tarchitecture, la naissance d'un art nouveau ou, plus exactement, le départ .d'une évolution de Part antique, modifié par les influences orientales.

L'art byzantin n'est pas sorti spontanément du fait de la translation du siège de l'empire, de Rome à Byzance, car les traditions romaines se sont longtemps continuées et elles sont visibles encore au vi* siècle, dans les plans des édifices construits par Justinien aussi bien que dans les détails de la construction de ces monuments. D'ailleurs, Constantin s'était préoccupé d'imiter Rome et les édifices qu'il éleva en grand nombre dans sa nouvelle capitale sont romains.

Depuis la chute de l'empire latin, Byzance avait vaillamment résisté aux Barbares; aussi le v* siècle qui vit toutes ces luttes ne fut-il pas favorable au développement des arts dans le nouvel empire d'Orient.

« La période qui s'étend de Constantin à Justi-

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nien fut, pour Part byzantin, un âge de formation*. »

Mais, dès le commencement du vi* siècle, Part byzantin se dégage des traditions latines ; il marque Tessor d'un développement original qui s'est manifesté par une architecture hardie, laquelle témoigne delà grande science et de Thabileté des architectes byzantins.

Le caractère dominant de Tarchitetture byzantine réside dans l'emploi de la coupole comme partie architectonique, avec toutes les conséquences résultant de ce mode de construction.

La coupole n'était pas une forme nouvelle. Les Romains la connaissaient de longue date puisqu'ils avaient sous les yeux, à Rome, le temple rond du Panthéon et le Caldarium des Thermes d'Antonin Caracalla, modèles achevés d'architecture, aussi admirables par les savantes combinaisons de leur structure que par la magnificence de leur décoration. Les anciens Romains ou les nouveaux Byzantins connaissaient également, par leurs relations suivies avec les peuples de l'Orient et de la Perse, alors dans tout l'éclat de leur prospérité et de leur civilisation, la coupole asiatique sur pendentif; mais on ne l'avait appliquée jusque-là qu'à des édifices de petites dimensions comme des chapelles ou des baptistères.

Cependant des essais avaient été faits sur de plus grandes dimensions et la coupole de Saint-Georges à lîzra, dans la Syrie centrale, est un des exemples les plus intéressants de ce genre de construction. La coupole d'Ezra, bâtie dans les premières années du vi* siècle, a

I. Ch. Bayet, VArt byzantin, (Bibliothèque de l'enseignement DS& BEAUX-ARTS.— MaisoD Quantio.)

environ dix mètres de diamètre; il faut noter queleplan de Saint-Georges d'Ezra étant octogone, il était plus facile de passer de l'octogone à la coupole circulaire que d'élever celle-ci sur un plan carré, racheté par des pendentifs. Toutefois, l'exemple n'en est pas moins des plus instructifs.

Mais, lorsque la coupole devint le principe même de la construction, les difficultés s'accrurent en raison de la dimension agrandie des édifices. L'une de ces difficultés fut de concilier la nouvelle architecture avec les formes rectangulaires nécessitées par les services du culte chrétien. On commença par supprimer les colonnades de la basilique latine ou des anciens édifices à coupoles de l'antiquité païenne et chrétienne ; on les remplaça par de puissants piliers au-dessus desquels on banda de grands arcs dont les vastes ouvertures sont les quatre côtés d'une croix dont la coupole est le centre. Dans ces grands arcs formant l'ossature de l'édifice, comme dans les thermes romains, les colonnes ne sont plus que des subdivisions; elles ne servent plus qu'à soutenir les arcades des tribunes ou à séparer les galeries secondaires.

La coupole repose ainsi directement sur le sommet des quatre arcs élevés sur plan carré, reliés par des pendentifs sphériques appareillés normalement à la courbe, rachetant le carré — c'est-à-dire passant du plan carré de la naissance des arcs au plan circulaire couronnant leurs clefs — et reportant les charges de la coupole hémisphérique sur les quatre piliers.

Afin de contrebuter ces grands arcs sur lesquels agissent d'énergiques poussées verticales, on appuya

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contre eux des voûtes en quart de sphère ou en berceau, et la coupole centrale se trouva ainsi soutenue et maintenue de tous côtés. Elle devient le centre autour duquel sont disposés les demi-coupoles et les berceaux nécessaires pour assurer la stabilité de Touvrage; en même temps cette disposition donne à Pédifice de grands espaces qui sont utilisés pour la célébration des offices prescrits par la liturgie chrétienne.

Au point de vue technique, ce nouveau mode de bâtir fit une grande impression sur Tesprit des architectes; il excita leur émulation, il provoqua leurs études sur cette nouvelle forme dont ils pouvaient tirer un si grand parti et surtout sur les règles architectoniques qu^il fallait suivre dans ses applications.

« Dès lors, les basiliques de type latin devinrent Texception en Orient. La coupole fut comme le thème autour duquel on exécuta des variations nombreuses*. »

Sous Justinien on éleva à Constantinople, mais sur des plans différents, un grand nombre d'églises à coupoles présentant de grandes variétés dans leurs dispositions, notamment un édifice célèbre à cette époque : Téglise des Saints-Apôtres, décrite par Procope*.

L'historien grec, si utile à consulter pour ceux qui cherchent la vérité des faits plutôt que l'expression plus ou moins exacte d'une opinion personnelle, nous donne des détails d'un haut intérêt qui prouvent

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