‹ L'architecture romaneChapitre 32 sur 102 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

<OLI«l DBS St. SBROB BT BACCHVt, A COlIST AHTI HOFlB. ^GLltB DB SAXWT-TXTAI.) A BAVBNNB.

L^église des SS. Serge et Bacchus fut élevée à Constantinople dans les premières années du vi* siècle^ sous le règne de Justinien.

Elle est^ parmi les rotondes byzantines bâties en Orient, une des plus remarquables.

a La coupole octogonale est flanquée de quatre niches dont les axes sont à 45 degrés sur ceux de Pédifice. Les renflements ainsi produits font la transition entre Toctogone central et le carré de l'enceinte extérieure; des niches placées aux coins de celle-ci achèvent de compléter cette disposition '. »

La coupole, d'un type fort original, présente, audessus des huit pendentifs, seize arêtes saillantes, séparant les uns des autres des fuseaux concaves et formant des pénétrations dans lesquelles de petites fenêtres

I. II* partie, chapitres xi e xu. (Saint-Marc à Venise et Saint- Front à Périgueux.) 8. De Dartein.

lia L'ARCHITECTURE ROMANE.

•alternées éclairent et décorent la base de la coupole.

Malgré la forme carrée de son mur d'enceinte, l'église

ORIGINES DE L'ARCHITECTURE ROMANE* ii|

des SS. Serge et Bacchus peut être considérée comme une rotonde parce que toutes ses parties sont groupées symétriquement autour d^une coupole à base octogonale.

Le problème d'appliquer cette rotonde aux besoins d'une église chrétienne a été habilement résolu ; les niches n'existant que sur les côtés diagonaux de Poctogone intérieur, l'espace central se rapproche du carré et prend une plus grande surface, augmentée par les galeries entourant l'octogone central. C'est un compromis entre le rectangle des églises latines et la rotonde.

L'élévation des travées rappelle encore les dispositions romaines; les colonnes de l'ordre inférieur, formant comme le soubassement de l'ordonnance générale, sont relevées par un entablement; les arcades de l'étage supérieur forment les pans de l'octogone à l'angle desquels sMlève un pendentif, et elles sont subdivisées chacune par trois arcatures reposant sur des colonnes sans architrave.

Fia. 64.

éoLItl DBS ••.•BROR ET BACCHOt,

A coitiTAitTmOFT.B. (Plan)

ARCK. ROM AU B.

L'église de Saint- Vital, à Ravenne, fut fondéç en Tannée 526 de notre ère, par saint Ecclesius, après un voyage qu'il fit à Constantinople avec le pape Jean I". Elle paraît avoir été élevée suivant le plan de l'église octogone construite à Antioche par Constantin. Les travaux commencés furent continués d'après les ordres de Justinien, dont les armées venaient de reconquérir une partie de l'Italie, et sous la direction d'un personnage du nom de Julien — Julianus — qui exerçait les fonctions de trésorier — argentarius.

L'édifice achevé, orné de superbes mosaïques, aurait été consacré vers 547 par Maximianus, archevêque de Ravenne — 546 à 556 — en présence de l'empereur d'Orient Justinien et de l'impératrice Théodora.

La disposition générale de l'église, les détails de sa décoration intérieure donnent à cet édifice un caraaère particulièrement intéressant, car nous trouvons pour la première fois un monument franchement byzantin, construit en Occident au commencement du vi* siècle et portant les signes certains qui ont marqué les œuvres des architectes de cette époque.

Les analogies frappantes qui existent entre le plan de Saint- Vital et celui de l'église des SS. Serge et Bac« chus, appelée par ses contemporains la petite Sainte- Sophie — et qui a précédé la grande, — ont fait supposer avec raison que le célèbre monument de Ravenne a été construit par des architectes de Constantinople.

Le plan de l'église de Saint-Vital est un octogone ayant 34 mètres de diamètre intérieur, cantonné à ' l'extérieur de plusieurs tours rondes et terminé à l'est par une grande abside.

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L'église est orientée suivant la règle prescrite par le . clergé dès le v* siècle. {Orientation des basiliques chré" tiennes, I*» partie, chap. v.)

La nef intérieure, de 1 5 mètres de diamètre, reproduit 'dans son plan la même forme que le périmètre extérieur; mais chaque pan est agrandi par un exèdre,

FIO. 65. ÉG.LItB DB •AI1IT-VITAI.,'A KAVBNNB.

I (PUn.)

:formé par deux colonnes disposées symétriquement sur un arc de cercle communiquant parles entre-colonnements avec la galerie intermédiaire.

Les bas côtés, enveloppant la nef intérieure, sont à deux étages recouverts par des voûtes d^aréte; ils établissent la circulation depuis la tribune à Pouest jusqu^à la travée de l'octogone contenant le sanctuaire à Pest^ sur lequel s^ouvrent deux tribunes dans la* galerie haute. Le chœur et le sanctuaire sont accessibles, dan$

L'ARCHITECTURE ROMANk.

la galerie basse et latéralement, par des entre-colonnements qui établissent une communication facile avec

les sacristies placées dans les tours vers Tabside Ces tribunes étaient, suivant Tusage, réservées aux femmes.

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Le porche moderne, qui précède Tédifice, a changé les dispositions anciennes. Le narthex à deux étages, ou porche primitif, n^occupait sur la surface ouest qu^un des côtés de Toctogone; deux tours s^élevaient à chaque extrémité de cet avant-corps ; elles contenaient

VI 3. 07. ë-GLltt, DE SAINT- VI TA l.| A RAVENNB*

(DèuiU d'une arcaJe de la galerie haute.)

des escaliers s'ouvrant dans le vestibule du temple et desservant les galeries hautes, éclairées par des fenêtres percées dans le mur extérieur.

L'extérieur de Saint- Vital n'offre plus grand intérêt parce qu'il a été dénaturé par de nombreuses répara-* tions ei par l'adjonction du porche moderne placé maladroitement en biais.

fi8 L'ARCHITECTURE ROMANE.

A rintérieur, le principe des églises à coupole est développé avec une puissance de moyens, aussi originaux par la composition et les détails de Parchitecture qiie par la somptuosité de sa décoration appliquée.

Chacune des faces de Toctogone central, soutenu par huit piliers robustes qui portent sur leurs reins la grande coupole, est percée d'une grande arcade. Ces arcades forment sur sept de leurs pans des niches qui viennent se fermer en quart de sphère derrière les grands arcs et qui sont ajourées par deux étages d'arcatures éclairant les galeries hautes et basses. Le huitième pan de Toctogone à Test s'ouvre dans toute la hauteur de l'arcade afin de laisser voir l'abside et l'autel.

Au-dessus de ces grandes arcades s'élève la coupole, hémisphérique, dont la base circulaire se lie à l'octog<>ne par une série de petits pendentifs. — Cette disposition rappelle les moyens employés en 5i5 par les constructeurs du baptistère de Saint- Georges d'Ezra, dans la Syrie centrale (fig. 39). A la base de la coupole, huit grandes baies géminées, à la manière byzantine, éclairent la partie haute de la nef centrale.

Les détails de la construction attestent la continuité de l'influence romaine; la coupole est construite en poteries noyées dans un mortier très solide, à l'exemple du temple de Minerva medica et du cirque de Maxence* A Saint- Vital, la base de la coupole est bâtie en pote-* ries ayant la forme des amphores antiques, emboîtées les unes dans les autres et posées verticalement'; la calotte, est faite de mêqae, mais avec des amphores plus petites reliées par du mortier; ces poteries forment untt

ppif^w^pî:»*;

ORIGINES DE L'ARCHITECTURE ROMANE, tt^

spirale continue, d'une grande légèreté et d'une solidité à toute épreuve.

Les détails de l'architecture et de la sculpture sont également romains, -mais interprétés avec une grande rudesse, appréciable surtout dans la sculpture des chapiteaux de forme orientale supportant les arcatures des grandes niches.

Cette sculpture est grossière, et le rudiment d'entablement romain qui surmonte ces chapiteaux alourdit inutilement la retombée des arcatures.

Mais ce qui distingue surtout Téçlise de Saint -Vital parmi les édifices byzantins, c'est la somptueuse décoration en mosaïque dont elle fut revêtue du temps deJustinien. •

t C'est à Ravenne qu'il faut chercher les plus belles

VIO. 68. — ÉGLISE DB IAI«T'VÏT>L, A RAVBNltR.

(Vue perspeciivc d'un des cxèdres de ïa gjterîe bisst.)

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mosaïques byzantines. Rien en ce genre nVgale là décoration de l'abside de Saint- Vital. D'un côté, Justinien- entouré de dignitaires et de gardes; de l'autre, Tliéodora, suivie des femmes de sa cour, offrent des présents à l'église. L'impératrice franchit l'atrium, où se trouve la fontaine sacrée, tandis qu'un serviteur soulève devant elle les voiles suspendus à la porte du temple; son costume est splendide : une large broderie, qui rei^résente l'adoration des mages, orne le bas de sa robe; des joyaux couvrent sa poitrine; de la chevelure pendent sur les épaules des torsades de perles, et un haut diadème couronne la tête ceinte du nimbe ^. >

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