CHAPITRE XV
iOlItB DB FOfT'EVRAVtT. — ÉGLISE DE • A U M D K. «* éotir . DU PUT-ER-VBLAY (fhANCB).
Uéglise abbatiale de Fontevrault a été bâtie à peu près en même temps que la cathédrale d^Angoulémc, de iioi à II20, et consacrée pour la première fois en 1 1 19 par le pape Calixte II.
Le plan de ces deux églises est le même, sauf le chœur ; les coupoles sont semblables et sont certainement des dérivés de Saint-Front en ce qui concerne le parti architectural et le mode de construction; cependant les progrès que nous avons constatés à Cahors et à Angoulême s'affirment plus encore et ces perfectionnements s'expliquent par Thabileté toujours croissante des architectes romans; les piles, les arcs-doubleaux et les pendentifs n'ont plus que le^ dimensions nécessaires; les poussées et les résistances sont calculées savamment et les contreforts, placés aux points utiles, s'accusent davantage, afin de ne plus donner aux murs de clôture que des épaisseurs utilement réduites.
Les détails de la construction, les ornements sculptés sont plus affinés et ils annoncent un art en pleine possession de ses moyens, arrivant à son apogée qui fut bientôt le point de départ d'une transformation nouvelle.
HISTOIRE ET CARACTERES
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Le chœur de Fontevrault est moins ancien que la nef; c'est une expression différente de rarchiteciure romane dans laquelle on reconnaît aisément les dispositions des églises d'Auvergne ; car cette partie de Péglise abbatiale présente une très grande analogie avec le chœur de Téglise de Saint-Paul, à Issoire.
(Voir la figure 137.)
Mais la manière, nouvelle alors, dont la croisée de transsept a été voûtée est particulièrement remar quable. Ce n'eî;t plus une coupole proprenient dite ; c'est une voûte sphérique coupée par les quatre doubleaux des arcs de la croisée; c'est, en un mot, une voûte annulaire dont les poussées sont moins énergiques que la coupole, en raison de sa moi ns grande pesanteur. La construction en est très simple, car chaque ligne d'assise farmam chveau concave, les
àcLl^M. DE PONTE VU A U £T»
(FUa)
,86 L'ARCHITECTUHE ROMANE.
cintres peuvent être réduits à leur plus simple expression. Les retombées et cette voûte annulaire sont accusée^ par des chapiteaux placés un peu plus haut que ceux qui reçoivent les arcsdoubleaux de cette croisée.
Nous avons vu déjà ce mode de
ne. 176. — ÉGLifB PE FONibVRAULT. constTUCtlon de
(Coupe de U vo&t« de U croisée du transsept.) VOÛtCS^ * il Se
montre quelques années après Fontevrault, à l'église
Saint-Pierre, à Saumur, avec un perfectionnement plus accusé qui marque, mieux encore qu'à Saint-Avit-Sénieur, le passage de la voûte en coupole à la voûte d'arête, soutenue par des croisées d'ogives.
^ Ce dernier système, qui donne une plus grande lé«
gèreté aux voûtes et nécessité des arcs-doubleaux et des I. A réglise de Saint-Avit-Sénteur. II' partie, chap. xiii.
no. 177. — Kcmr. de sa dm un, (Coiipc de la voûte.)
nn, 178. — LGLISB DW PUy-«N-VELAr. (Foçade.) ARCH. ROMANE. I9
spo L'ARCHITECTURE ROMANE.
points d^appui beaucoup moins importants, se développa rapidement; nous en verrons les premières applications dans les cliapitres xvi et xvii.
En dehors des églises à coupoles, que nous avons étudiées ou signalées, il faut citer Péglise de Notre-Dame, au Puy-en-Velay, issue des mêmes types, mais qui présente un caractère particulier.
La nef, se terminant par une abside sans collatéral, consiste en une suite de travées voûtées, comme le carré du transsept Test ordinairement dans les églises romanes, c'est-à-dire que chacune de ces travées est surmontée d'un tambour octogone, sur plan carré, racheté par des trompes très ingénieusement disposées, et d'une cou pôle également octogone, qui rappelle celles de Saint- Vital, de Ravenne ou de l'église palatine d'Aix-la-Chapelle; la coupole surmontant la croisée du transsept est disposée de même, mais plus élevée au-dessus du comble à deux pentes qui couvre celles de la nef; les ailes du transsept sont voûtées en berceau.
Suivant Vio)let-le-Duc, Notre-Dame du Puy est unique dans sa disposition, a En passant par un porche très relevé, comme une loge immense, on pénètre sous le parvis de l'église et on débouche par un escalier devant le maître-autel. Ce degré se prolonge au loin, dans la rue percée en face le portail. Cette disposition si étrange avait été prise jjour permettre aux nombreux pèlerins qui visitaient Notre-Dame du Puy d'arriver processionnellement jusqu'à l'image vénérée. La cathédrale du Puy présente des traces d'un édifice du xi« siècle. Les trois travées orientales sont en plein cintre et les autres
riG. 17V. — ÉGLISE DU P U T • B « -T E L AY. (Clochcr.)
spa L'ARCHITECTURE ROMANE.
en arcs brisés^ — achevées vers le milieu du xii* siècle et couronnées par des coupoles octogones... Les parements extérieurs sont composés d^assises de grès blanc et de lave noire, de façon à former de grandes mosaïques*. »
Le clocher rappelle les clochers limousins et périgourdins, surtout ceux de Saint-Léonard et de Brantôme. Il se compose', à la base, d'une muraille carrée, reliée à quatre piles isolées par des arcs portant des berceaux perpendiculaires aux quatre côtés de ce myr; sur ces berceaux reposent les étages supérieurs se rétrécissant à chaque étage jusqu'à Paplomb des piles inté rieures.
Le cloître, dont la construction primitive remonterait, en partie, au x« siècle (?), a été reconstruit sur trois côtés au xii« siècle. Les galeries sont couvertes par des voûtes d'arête romaines, portant d'un côté sur les murs extérieurs et, du côté de l'aitre du cloître, sur de grosses piles composées d'assises et cantonnées de colonnes monolithes dégagées. Ces piles sont reliées par deux rangs d'archivoltes en plein cintre, formées de claveaux alternativement noirs et blancs et dont l'extrados est orné de mosaïques de lave et de briques en losange, qui décorent également les écoinçons et la frise audessus de la corniche. Le cloître du Puy a un caractère byzantin très accusé par la construction même indiquant nettement l'influence orientale et par tous les détails de la décoration bâtie ou sculptée.