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QUALIFICATION DU VENT

VITESSE PAR SECONDE , en mètres.

EFFORT DU VENT EN K t LQG .

dans le sens de sa direction, sur une surface normale et par mètre carré.

! Brise légère

0” so

Vent id

Vent assez fort

SO

Vent très- fort

Tempête

so

Grande tempête

Ouragan

Indiquons maintenant, pour la construction des tuyaux de cheminée, un procédé qui a le mérite d’empêcher les refoulements de la fumée , et de donner aux cheminées un tirage énergique. Ce proeédé consiste à rétrécir la gorge de la cheminée, c’est-à-dire la partie immédiatement supérieure au foyer, de manière à laisser à peine passage pour un petit ramoneur ; à élargir ensuite le tuyau un peu au-dessus de l’étranglement, jusqu'à une hauteur de 0m 70, et, à partir de ce point, à le diminuer de nouveau , jusqu’à ce qu’il ait aiteinl scs proportions ordinaires.

La planche XLII représente différentes sortes de clôtures propres au parcage des animaux domestiques; elles font partie du projet de notre ferme de grande exploitation (planche XXVIII). La clôture, figure 1, est spécialement destinée au parcage de la race ovine , ou à entourer de jeunes plantations , des massifs d’arbres , etc. Sa hauteur est de 1™ 00 au-dessus du sol , sa profondeur en terre est de 0“ 55. Les montants sont espacés de 0™ 90 , et sont à fourches afin de donner à la clôture un point d’appui solide. La barre supérieure est ronde , les autres sont méplates.

Chaque partie de clôture compte cinq montants; et toutes ces parties se relient entr'elles par le recouvrement des joints des barres transversales dont nous donnons le détail dans la ligure 4.

La ligure 2 est une clôture qui diffère de la précédente, en ce qu’elle est exclusivement composée de barreaux ronds. Celte clôture est très-solide et convient pour le gros bétail. Les trois espaces inférieurs peuvent être munis d’un treillage qui interdira tout passage à la volaille.

La hauteur de cette clôture est de 1” 15 au-dessus du sol et de 0” 5b au-dessous. La jonction sc fait de quatre en quatre montants , lesquels sont éloignés les uns des autres de 1“ 10 et sont fourchus comme ceux de la figure 1. L’agencement des différentes parties a lieu au moyen de douilles fixées aux montants pour recevoir l’extrémité des barres qui sont maintenues à l’aide d’un clou rivé. La figure 5 indique cet assemblage.

Nous donnons , dans la figure 5 , un troisième mode de clôture pour les animaux. Les montants sont en fer laminé; ils sont espacés de 2m 75. On ménage aux angles et dans toute la longueur de la clôture quelques montants en bois scellés fortement en terre; ces montants reçoivent les vis destinées à tendre ou à relâcher les fils de fer composant la clôture.

Les cultivateurs anglais , qui aiment tout ce qui est solide et durable , ont rejeté les clôtures en bois comme étant trop dispendieuses; ils ont donne la préférence aux clôtures en fer, qui ont sur les premières le grand avantage de se démonter facilement et d’occuper peu de place.

Le prix de la clôture figure 1 , prise à la manufacture de

Bierley-Hill , est de 2 fr. 80 c. le mètre.

Celui de la figure 2 3 50 —

Celui du dessin n” 3 2 00 —

Habitation «voc dru* chambre* et dépendance*.

Cette petite habitation , élevée de quelques marches audessus du sol environnant , offre une disposition qui nous semble heureuse et commode. Du porche 1 (figure 1, planche XLI), on communique d'un côté avec la pièce commune ou cuisine 2 , de l’autre avec la chambre à coucher 4. Ces deux pièces ont une annexe ; la cuisine a la pièce 5 qui sert d’arrièrc-cuisine et dans laquelle se trouvent la douche et les réchauds ; la chambre à coucher a le cabinet 5.

La partie du milieu 6 est occupée par le combustible; le water-elosct 7 est situé à l'un des angles du bâtiment.

Les cheminées sont placées de manière à transmettre une partie de leur chaleur dans les deux petites pièces qui leur sont contiguës.

Il convient , dans ces sortes d’habitations , de placer des armoires dans les murs , et cela peut se faire sans nuire à la symétrie et à la solidité de la construction. Ces armoires sont très-utiles sous plus d'un rapport ; 1" elles tiennent lieu de. meubles, de là économie; 2° les meubles occupent de l'espace, et comme les chambres de ces habitations n’ont réellement qu’une étendue très-restreinte, on doit éviter d’y placer des objets qui gêneraient la circulation.

Le plan que nous donnons offre cette distribution. Les armoires 8 8 sont suffisantes pour une demeure de ce genre; 8’ est l’endroit où se trouve le buffet renfermant la vaisselle, et 9 une garde-robe pour 1» chambre à coucher.

L’élévation représentée par la figure 2 est d’une simplicité élégante, et cependant les matériaux les plus communs concourent à sa décoration. Ainsi nous avons placé des pilastres en briques pour consolider les angles ; la partie du milieu , le timpan, la corniche sont également en briques. Le rejnplissage est fait en blocaille; nous n’avons employé la pierre que pour le soubassement, encore ne sont-ce que de simples moellons équarris dont les faces sont faites à la pointe.

La toiture est en tuiles à doubles bords ; les carrés sont formés de tuiles rouges encadrées dans un bandeau de tuiles

bleues; le couronnement est en tuiles faîtières jaunes et vernissées.

La ligure ô donne une coupe transversale qui fait connaître comment la toiture des dépendances se relie au bâtiment principal.

Dn Matériaux de ronntrnrtlon.

DEIXIÈUE ARTICLE.

Pierres siliceuses. — Ces pierres sont insolubles dans les acides et inaltérables au feu. Leur structure est compacte et leur couleur blonde. Elles sont composées de silice plus ou moins pure ; elles ont la propriété d’étre très-dures, de rayer le verre et de faire feu sous le choc du briquet.

Les pierres siliceuses proviennent des couches supérieures du terrain crétacé ; elles se rencontrent quelquefois par bancs entiers, quelquefois elles sont éparpillées dans la couche crayeuse. Ces pierres sont, après les calcaires, celles qu’on emploie le plus fréquemment dans les constructions ; elles s’équarrissent facilement au marteau , mais elles ont le défaut, lorsque leurs faces sont taillées, d’ètre peu adhérentes aux mortiers. Elles ne peuvent former une maçonnerie solide qu’à la condition d’ÿvoir conservé une partie de leur enveloppe crayeuse , car alors lcurç faces présentent des aspérités rugueuses qui se prêtent à leur liaison avec le mortier. Aussi conseillons-nous de ne tailler que le côté qui doit être en parement, cl de laisser les autres dans leur état naturel.

On se sert habituellement de ces pierres pour le pavage des routes , seulement elles ont l’inconvénient de devenir très-glissantes lorsque leurs aspérités sont usées ; elles conviennent parfaitement , vu leur grande résistance , pour construire des chaussées à la Mac-Adam ; elles sont aussi très-propres à la construction des foyers, et leur inaltérabilité assure à ceux-ci une longue durée.

Le granit est une roche de structure cristalline formée de la combinaison du quartz , du feldspath et du mica. Le quartz se reconnaît à ses grains irréguliers et souvent colorés ; le feldspath a la forme de cristaux brillants et lamellcux ; le mica se distingue par ses petites paillettes miroitantes , presque toujours de couleur noire.

Les granits sont plus ou moins colorés suivant que les trois parties principales qui les composent sont plus ou moins mélangées d'oxide de fer ou de manganèse.

Les granits sont des pierres très-dures, et cette dureté tient à la présence du quartz, qui est delà silice pure ou presque pure ; ils font feu sous le briquet; leur cassure est droite et leur couleur ordinairement grise ou rougeâtre.

Les constructeurs distinguent deux espèces de granits, les durs et les tendres ; le quartz abonde dans les premiers cl ce sont ceux qu'on préfère.

Les granits se présentent dans la nature en masses considérables non stratifiées , présentant la forme de monticules le plus souvent recouverts de débris de pierres réduits à l’état sableux. On les trouve aussi dans les terrains sédimentaires, en liions plus ou moins volumineux. Leur poids au mètre cube est de 2,700 kilogrammes.

L’exploitation et la taille des granits sont difficiles et coûteuses. Comme ils se présentent ordinairement à l’état de roches non stratifiées , on peut en extraire des blocs considérables. Ils conviennent surtout aux grandes constructions, ils bravent les injures du temps et se conservent intacts pendant de longues années. Les Romains, qui en ont fait usage, nous ont laissé des monuments qui datent de vingt siècles.

La Belgique ne possède point de granit. La France et l'Angleterre, au contraire, en sont abondamment pourvues. Les Français l'emploient généralement pour bordures de route, trottoirs, bornes, murs de quai, dallage, etc. Les Anglais s'en servent pour la construction des ponts, des édifices publics , et pour le pavage des rues.

L’extrême dureté des granits , surtout dans les constructions civiles , est plutôt un inconvénient qu’un avantage, et

cela pour plusieurs raisons. D'abord, comme nous l'avons dit tout à l'heure, la taille en est très-difficile, ensuite leurs arêtes ne peuvent être aussi vives que celles des pierres calcaires , parce que les cristaux dont il sont composes se détachent sous l'action des outils.

Plusieurs espèces de granits sont susceptibles de recevoir un beau poli; ils prennent alors le nom de marbres durs.

Pierres meulières. — Les pierres meulières sont composées de quartz-silex; leur pâte et leur cassure sont très-inégales ; elles sont inaltérables à l'air , à l'eau , à la gelée et au feu.

Les pierres meulières proviennent : 1° des assises supérieures du terrain parisien ; 2° des sables du terrain de molasse. Les premières ne contiennent pas de coquilles, tandis que les secondes en renferment une quantité plus ou moins grande ; c’est pour cela qu’on les désigne sous le nom de coqitillières.

Les meulières se divisent en deux catégories: l'une est d’un gris blanchâtre, elle se trouve en bancs considérables ; sa dureté égale celle du silex , ce qui permet d'en faire des meules d’une seule pièce ; la seconde ne donne que des fragments qui ne peuvent être employés que comme moellons ; sa couleur tire sur le rouge jaunâtre.

Les meulières sont de toutes les pierres celles qui adhérent le mieux aux mortiers ; leur structure poreuse donne une explication toute naturelle de cette propriété.

Les meulières sont d’excellentes pierres à bâtir, mais comme elles sont très-dures , elles sont aussi très-difficiles à exploiter et à tailler.

La caillasse est une variété de meulière dont le grain est très-uni. Comme elle est totalement dépourvue de cellules, clic se lie mal avec les mortiers, aussi ne l’cmploie-t-on pas dans les constructions.

Les pierres meulières , lorsqu’elles sont employées avec soin , font une très-belle maçonnerie ; elles remplacent avantageusement la pierro de taille, et elles produisent un très-

bel effet lorsqu'elles sont encadrées dans des pierres de taille. Elles sont maintenant d'un très-grand usage à Paris.

Ces pierres, avant d’être employées comme parements, doivent être débillardécs au vif, afin de les débarrasser des terres rougeâtres contenues dans leurs cellules , car si l’on a négligé celle précaution , il arrive souvent qu'au bout de quelques années les parties en parement donnent naissance à des plantes parasites qui y prennent racine et y poussent, ce qui est une cause d'humidité et de dégradation (1).

Les pierres meulières servent aussi à la construction des fourneaux métallurgiques, leurs déchets servent à empierrer les chaussées et à faire le béton. On en construit des meules de petites dimensions, dont les diverses parties sont reliées entre elles au moyen de plâtre et de cercles en fer.

Grès. — Le grès provient de roches composées de grains de silex ou de quartz plus ou moins gros , et agglutinés par un ciment siliceux, argileux ou calcaire; il offre quelquesuns des caractères que nous avons attribués aux espèces précédentes. II se rencontre rarement en couches continues, mais le plus souvent en masses irrégulières isolées et à la surface de la terre.

Les meilleurs grès sont ceux qui ont le grain fin et serré; comme les calcaires , ils se trouvent dans presque tous les terrains de sédiment.

Les grès sont souvent incolores ; lorsqu’ils sont colorés , les teintes jaunâtres, rougeâtres et grises sont les plus fréquentes.

On peut diviser les grès en plusieurs catégories , suivant leur alternance avec les bancs calcaires et la formation à laquelle ils appartiennent :

(i) Les carriers se servent d’un moyen très-ingénieux pour diviser les blocs lorsqu’ils doivent être débités en plusieurs parties. Après avoir fait une incision profonde et étroite sur les différentes faces, ils y enfoncent des coins en bois de chêne très-sec ; on mouille alors les coins , et la pierre ne larde pas à se fendre suivant la direction qui lui a été tracée à l’avance. •

1° Le grès fistuleux , appartenant an terrain parisien , et se rencontrant aussi aux environs de Bruxelles;

2° Le grès de Fontainebleau, provenant des terrains de même espèce ;

3° Le grès des Vosges, dont sont formées les montagnes de ce nom ;

4° Le grès bigarré, appartenant aux terrains de trias ( bunter sandslein des Allemands);

5° Le nouveau grès rouge ( new red sandstone des Anglais, rotli Liegende des Allemands);

6° Le grès de Luxembourg , provenant des couches inférieures des terrains jurassiques ;

7° Le quarder-slandstein ou grès de Kœinigstein des Allemands, venant des terrains crétacés ;

8° Le psammite, qui se forme dans les terrains dévonien, silurien et houiller ;

9° Le vieux grès rouge ( old red sandstone des Anglais) , qui appartient au terrain dévonien ; il est fort répandu dans le pays de Galles et en Belgique.

Ces différentes espèces de grès renferment des débris fossiles qui présentent les caractères inhérents aux terrains d’où ils sont extraits.

Certains grès constituent d’excellentes pierres à bâtir; leur dureté et leur résistance sont assez variables, mais en général ils adhèrent difficilement au mortier, ils sont rebelles à la taille et les arêtes se soutiennent mal. Ils résistent bien à la gelée et assez bien au feu , mais souvent ils se ramollissent par une immersion prolongée.

La ténacité des grès est on ne peut plus incertaine; parfois elle est telle qu'on a de la peine à les entamer avec les outils les mieux acérés ; quelquefois ils sont si peu consistants qu’on peut les égrener avec la main. Ceux de la première espèce peuvent se ranger parmi les grès siliceux, car alors leur grain est aussi (in que leur dureté est grande ; les seconds sont rangés dans la classe des grès tendres.

On emploie les grès durs dans les pays dépourvus de pierres calcaires , pour la construction des parapets des ponts ; le

plus souvent ils servent au pavage des routes , niais dans ce cas leur pesanteur spécifique doit être de 2,470 kilogrammes; on en fait aussi des dalles, des pierres à aiguiser, etc.

Les poudings , les brèches et les grès calcaires ne sont que des variétés de l’espèce précédente ; les acides les dissolvent.

Schisles. — Les pierres schisteuses n'entrent pas en effervescence sous l’action des acides et ne donnent pas d’étincelles sous le choc du briquet. Cette espèce de pierres se trouve dans les gisements voisins des granits et présente une résistance et une dureté variables. Elle s’altère à l’eau et à la gelée et ne se lie aux mortiers que quand scs faces sont rugueuses.

Les moellons de schiste sont d’une qualité médiocre. Plusieurs espèces fournissent des dalles et des tablettes trèsutiles dans les constructions.

Nous dirons deux mots des schistes argileux et des schistesardoises, parce qu’ils sont les plus communs. Les premiers proviennent des terrains bouillcrs ou dévoniens , et les seconds des terrains siluriens et cambriens.

Ces deux espèces n’ont pas le même degré de solidité ; les schistes-ardoises peuvent être employés aux constructions dans les pays où les autres pierres manquent ; les schistes argileux ne peuvent servir au même usage , à cause de leur altérabilité à l’air. Avec les schistes-ardoises, lorsqu’ils sont d’une grande fissilité , on fabrique des ardoises ; celles-ci , pour être bonnes, doivent être légères, d’une épaisseur uniforme , dures , douées de la propriété de n’absorber qu’une faible quantité d’eau, et de se laisser tailler facilement.

Dans l’intérêt des propriétaires et des constructeurs, nous croyons faire une chose utile en leur mettant sous les yeux le rapport que des ingénieurs distingués de la Belgique ont fait sur les matériaux qui se rencontrent le plus communément dans cette contrée. Les considérations générales qu’on y rencontre s’appliquent aux schistes-ardoises de tous les pays.

« 1" L’ homogénéité est certainement une des conditions qui influent le plus sur la solidité et la résistance aux phénomènes atmosphériques , dans les ardoises comme dans toute autre espèce de matériaux.

« Il est essentiel qu’elles ne renferment point de ces substances susceptibles de se décomposer à l'air, qui finiraient, par conséquent , par laisser des trous à leur place. Celle de ces substances qui sc trouve le plus fréquemment dans les ardoises est le pyrite de fer; mais il faut distinguer soigneusement les deux variétés que reconnaissent les minéralogistes et que doivent également bien discerner certains industriels. En ciïct, celles qui sont jaunes et fort brillantes , surtout lorsqu'elles sont cristallisées , ne s’elïleurissent jamais à l’air et n’y éprouvent d’autre altération que de se convertir à la longue, et à leur surface seulement, en hydrate de fer, tandis que celles qu’on nomme blanches , bien qu’elles soient plus souvent grises et qu’elles aient même encore quelquefois une teinte jaunâtre , s'effleurissent très-promptement en une poudre , blanchâtre et soluble dans l'eau , de sulfate de fer.

« 2° Elles doivent avoir un grain fin et serré, et , par suite , ce luisant que l’on recherche généralement dans les ardoises. C’est sans doute de ces conditions que dépendent principalement leur imperméabilité à l’eau , qui doit à la longue , par sa congélation et son évaporation , les altérer couches par couches , écailles par écailles , comme nous le remarquons sur nos toits à la suite des hivers longs et rigoureux , et l’impénétrabilité aux graines de petites plantes (mousses, lichens, etc.) , que nous voyons souvent recouvrir nos toits et qui en accélèrent promptement la destruction , en désagrégeant l’ardoise et en y entretenant une humidité constante.

« 5° Le long grain (série de stries à peu près parallèles, qu’on remarque dans toutes les ardoises) doit être parallèle à la longueur. On remarque eu effet que les ardoises sc laissent casser plus facilement dans un sens parallèle au long grain que tout autre; et l'on conçoit aisément, d’après la

manière dont elles sont disposées sur un toit , que c'est dans le sens de leur largeur qu'elles doivent présenter la plus grande résistance à la cassure. On peut en outre remarquer que , quand le long grain est parallèle au long côté , si l’ardoise vient à casser, il y a bien peu de chances que la rupture ait lieu précisément dans un plan vertical passant par le joint inférieur ; et il est d’ailleurs à présumer que chacun des deux morceaux restera encore fixé à un clou , si l’on a eu soin d'en mettre au moins deux à chaque ardoise. Quand le long grain est perpendiculaire au long côté (on dit alors que l’ardoise est traversine ou traversière) , elle cassera , suivant toutes les probabilités, entre les clous et le puceau (1), de manière que le morceau inférieur se détachera et que la pluie pourra entrer par les deux joints (supérieur et inférieur), mis en partie à découvert.

« Quand le long grain a une position intermédiaire entre les deux que nous venons d'indiquer (on dit que l'ardoise est binisp ) , elle se trouvera dans les conditions du minimum de solidité ; il s’en détachera facilement des coins qui tomberont , et il pourra en résulter les mômes inconvénients que de la rupture d’une ardoise traversière ; mais il parait que c’est principalement dans les transports que ces ardoises souffrent beaucoup.

« Du reste , la bonne position du long grain dépend souvent de l’ouvrier qui façonne l’ardoise ou de l’entrepreneur qui le paie; mais il faut quelquefois, pour l’obtenir, subir un déchet considérable. En effet, le banc d’ardoise se divise souvent , par suite de sa structure toute particulière ou bien à cause des fissures à peine visibles qui en interrompent à chaque instant la continuité , en fragments irréguliers d'une surface assez petite, pour qu’on ne puisse en obtenir qu’une pile d'ardoises dont le long grain est oblique ou perpendiculaire à leur longueur avec un morceau dont on ne pourra plus tirer bon parti , tandis qu'il est possible d'en extraire

(I) On appelle ainsi la partie vue de choque ardoise posée sur le loit.

deux piles d'adoiscs défectueuses sous le point de vue qui nous occupe, et dans ce dernier cas le fcndeur a trop d’intcrét à accepter le second parti pour songer meme au premier.

« 4° Nul doute que la matière des ardoises ne doive être assez dure pour qu'elles puissent résister longtemps aux frottements continuels que doivent leur faire subir le vent et la pluie. Cette dureté doit être assez grande pour empêcher les trous de s’agrandir trop vite , sous la double influence du ballottement et de la rouille des clous.

« 3° Les ardoises doivent avoir cette ténacité et cette élasticité qui, étant les conditions principales de leur solidité, font qu’elles résistent aux chocs pendant le transport , au mouvement de la volige, à l’effet des ouragans, de la grêle, au poids de la neige, à celui des échelles et des couvreurs.

« Les qualités que nous venons d’énumérer sont , selon nous , celles qui donnent aux bonnes ardoises la sonorité métalloïde qu’elles présentent, après quelque temps d’exposition à l'air , et dans laquelle nous reconnaissons avec tous les praticiens un des meilleurs caractères de bonté.

« C’est sans doute aussi de ces qualités réunie# que dépend , dans les ardoises , la double propriété de se laisser tailler facilement , à vives arêtes , de manière que le déchet à la taille et à la retaille est , pour ainsi dire , nul , et de se laisser percer d’un nombre indéfini de trous , ce qui facilite la pose , permet de les remployer un grand nombre de fois , cl diminue par conséquent les frais de construction et de réparation des toits.

6° Elles doivent être planes et unies , ce qui permet de les appliquer bien exactement les unes sur les autres , et les empêche de donner accès au vent et à la pluie qui , nonseulement nuisent aux édifices qu'elles sont appelées à garantir , mais accélèrent aussi la destruction des toits et celle des ardoises elles-mêmes.

« 7° Dimensions. — L’examen des formes et des dimensions en surface les plus convenables aux ardoises , est une des questions les plus compliquées que présente l’art du

constructeur. Nous ne l'aborderons pas et nous nous bornerons à faire connaître la grande diversité qu'offrent, sous ce rapport, les ardoises que nous connaissons.

« Les ardoises anglaises qui sont importées en Belgique et qui proviennent, dit-on , de deux localités (le Bangor et le Westmoreland) , se font remarquer par leur grande surface; il y en a six modèles dont voici les noms et les dimensions :

Doubles

sur 15

centimètres.

Ladies’

Comtcss’

Duchess’

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