‹ L'architecture ruraleChapitre 19 sur 37 · TABLEAU · texte numérisé non relu

TABLEAU

Indiquant les différentes muses i/ui font fumer les cheminées, et les remèdes à y apporter.

Les appareils dont on surmonte parfois les cheminées pour les soustraire à l’influence des coups de vent , de la pluie et du soleil qui s’opposent à l'évacuation de la fumée , sont trèsnombreux. On peut les ranger dans deux catégories distinctes : les appareils fixes et les appareils mobiles.

Dans la construction des cheminées de nos habitations , on rétrécit habituellement les tuyaux à leur partie supérieure , afin d’augmenter la vitesse d’échappement de la fumée et d’empêcher l’introduction de la pluie et des rayons solaires. Le plus ordinairement ce rétrécissement a lieu au sommet de la cheminée , au moyen de tuiles de différentes formes. Mais ce procédé ne réussit pas toujours ; il faut alors avoir recours à des appareils spéciaux , suivant les inconvénients dont on veut triompher.

Appareils fixes. — Dans les cas les plus fréquents , on emploie un appareil simple , qui souvent remplit parfaitement son but. 11 consiste en un tuyau circulaire maçonné au sommet de la cheminée; ce tuyau reçoit un chapeau dont les bords le dépassent d'une saillie assez prononcée.

L’appareil, figure 8, planche XLII1, formant un T , est assez généralement employé pour les cheminées récalcitrantes; mais comme il produit, lorsqu'il est placé à une certaine hauteur , un effet assez désagréable , on peut le remplacer avantageusement par celui que donne la figure C ; celui-ci est plus simple et ses effets sont plus puissants.

Les figures 7 et 9 représentent un appareil qui est trèsusité pour soustraire les cheminées à l’action des vents.

De tous les appareils fixes employés jusqu’à ce jour, nous n'en connaissons pas qui remplissent mieux leur objet que les appareils figures 2 et 1 1 . Le premier est formé d’un tube et d’un tambour en tôle ou en zinc, et couvert d'un chapeau à rebords saillants ; le pourtour du tambour est percé d'une infinité de trous carrés pratiqués du dedans au dehors ; les ébarbures qui proviennent de celte opération forment autant de petites pyramides tronquées et saillantes à la surface extérieure. Les bons effets produits par cette espèce de mitre

sont dûs aux remous qui se forment autour des ouvertures et qui empêchent l'air de pénétrer dans l’intérieur du tambour. Toutefois eet appareil n’est pas sans inconvénient ; il a besoin d'étre nettoyé souvent; sans cette précaution les ouvertures ne tardent pas à se recouvrir d’une sorte de tissu qui empêche la fumée de s’échapper.

C’est dans le but d’obvier à cet inconvénient que nous donnons dans la figure 1 1 le dessin d'un appareil d’un effet analogue, mais dont les ouvertures ne sont pas sujettes à être obstruées (1). .

Les figures 10 et <2 sont les plans des deux derniers appareils que nous venons de décrire.

Appareils mobiles. — Ce genre de couronnement a pour but de diriger constamment l'ouverture du tuyau vers le côté opposé à l’action du vent. Par ce motif, la sortie de la fumée n’est jamais contrariée, et le vent active encore, le tirage de la cheminée.

Les appareils dont nous parlons consistent en un tuyau circulaire fixé au sommet de la cheminée , et autour duquel tourne, sur un axe, une autre partie plus courte cl plus large que la première. Cette partie, qu’on nomme manchon, possède une ouverture avec ou sans rebords, par laquelle s’échappe la fumée, et elle est toujours orientée vers le côté opposé au vent par l'effet de la girouette qui la surmonte. Les appareils mobiles les plus ordinaires sont ceux que représentent les figures 1 et 3. La figure 4 donne l’ensemble de cet appareil, modifié de manière à accélérer la vitesse de la fumée au moyen d’un entonnoir. Comme on le voit, le tuyau de sortie est traversé par un autre tuyau plus court et d’un diamètre moindre. Lorsque le vent agit, l’air qui entre par le tuyau intérieur augmente sensiblement le tirage.

Les appareils mobiles ont une supériorité marquée sur

(!) Nous Pavons employé fréquemment pour des cheminées exposées aux coups de vents, ou dominées par des bâtiments ou des hauteurs voisines. Les avantages que nous en avons retirés nous engagent à inviter nos lecteurs à l'adopter.

ceux qui sonl fixes ; mais pour cela, il faul qu'ils soient faits avec soin, et que la mobilité du manchon ne laisse rien à désirer. Dans ee but, on fait tourner l’axe ou l’arbre du milieu sur un manchon en cristal , et on évite ainsi les frottements et l’oxidalion, qui ne tarde pas à se produire lorsqu'on emploie la tôle. Il faut aussi que la partie supérieure, qui sert de girouette, ait le plus de développement possible, afin de céder facilement aux vents les plus faibles ; sans cela , il pourrait arriver que le manchon présentât son ouverture au vent, et qu’alors la vitesse ascensionnelle de la fumée fût considérablement diminuée.

C’est pour remédier à toutes ces difficultés que quelques constructeurs ont adopté l’appareil de la ligure. 5, lequel consiste en un cône en tô.lc ou en cuivre, mobile à son sommet ; le diamètre en sera assez étendu pour qu'il puisse couvrir l'ouverture de la cheminée. On comprend, à l'inspection du dessin, que pour peu que le vent agisse sur ce cône, il inclinera d'un côté ou d’un autre, et donnera passage à la fumée. À l'état d'immobilité, il n’est pas moins efficace, puisque l’air ne peut pénétrer que très-difiicilemcnt dans le tuyau. La seule objection que l’on puisse élever contre cet appareil, c’est que, quand le vent souille avec impétuosité, ce cône produit un bruit étrange, qui se fait entendre jusque dans la chambre où le tuyau prend naissance.

Quels que soient les appareils qu’on emploie pour les cheminées, il est bon de les prémunir contre les effets de la rouille; par leur position exceptionnelle, ils sont exposés à être facilement dégradés. Il est donc à propos, si l'on fait usage de tôle , de la revêtir d’un vernis fait avec le goudron qui provient de la distillation du bois ou de la houille; le zincage serait encore préférable.

Aujourd’hui on se sert habituellement du zinc pour ces sortes d'appareils ; si le zinc est d'un numéro assez fort et île bonne qualité, les appareils résistent longtemps aux influences destructives de l’atmosphère.

Voici, d’après le Bureau des Longitudes de Paris, le tableau de la vitesse et de la force du vent :

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