II
Mur du fond de la citerne
1 Voûte de la citerne
Cheminée pour vider la citerne au moyen
d’une pompe aspirante
Total
Fourniture d’une trappe en fonte, surmon-
tant la cheminée el affleurant le pavé de
la rue, évaluée
Total général
L’idée de M. Dupont nous semble devoir être prise en considération par les administrations communales, sauf à la modifier dans un but d’économie. Selon nous, il conviendrait d’établir une citerne de cc genre, non à chaque urinoir, mais bien à chaque embranchement de rues; la citerne servirait ainsi pour deux urinoirs. Des tuyaux en poterie d’un petit diamètre partiraient de chaque urinoir et aboutiraient à 1a citerne.
On se plaint avec raison de la rareté des engrais , on n’en saurait trop avoir; mais cet inconvénient n'est-il pas singulièrement augmenté par la négligence même que l'on apporte à les créer, à les recueillir, à les conserver?
Si nous entrons dans une ferme, et surtout dans une ferme de peu d’importance , ce qui frappe nos yeux d’abord , ce sont des étables mal tenues, mal pavées, où les urines se perdent dans le sol, où l’on ne rencontre ni fosse pour les recevoir, ni rigole pour les conduire ; c’est une cour mal disposée, où l’on traîne chaque jour le fumier des écuries, des étables, où ce fumier s'étale sur un sol peu profond, souvent meme en pente , et où, desséché par le soleil, lavé par les
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eaux pluviales qui en entraînent la quintessenee à travers les rues, il est bientôt dépouillé de toutes scs parties fertilisantes et ne présente plus, quand on veut le transporter dans les champs, qu'une paille sèche et brisée.
Ce manque de soins constitue une perte de plus de moitié dans ce que procurerait en engrais un néloieinenl plus soigneux ; et cependant cette perte notable , une meilleure disposition des lieux la ferait éviter. Mais l'apathie, la négligence et la routine , ennemies acharnées du progrès , sont là pour écarter obstinément le profit des conseils, le bénéfice de l'exemple ; on ne songe pas à augmenter ses ressources en engrais ou à s'en procurer moyennant quelques avances de fonds. Pourquoi surtout s’obstiner plus longtemps à repousser avec dégoût les vidanges des villes , le plus puissant de tous les engrais que la riche Flandre recueille avec tant de soin et à l'exclusion de tous autres? Les matières fécales, si faciles à désinfecter, produisent des effets étonnants.
Il est temps que les petits cultivateurs sur lesquels pèsent plus durement que sur les grands propriétaires les chances des mauvaises années, renoncent à leur apathie routinière, et que, sans jeter au hasard de l’expérimentation leurs modestes ressources, ils les augmentent par un travail plus actif et plus intelligent.
Il est à regretter que dans les grands centres de population, où la majeure partie des résidus de matières animales provenant des ménages et des abattoirs reste perdue, et où les égouts recueillent une quantité considérable d'engrais qu'ils s'en vont porter dans les rivières, on n'ait pas encore songé à établir, à la sortie de ces égouts, de vastes réservoirs dans lesquels l’eau, forcée de séjourner, déposerait en passant les matières dont elle se trouve chargée. Ces réservoirs, exploités par l'industrie, comme les boues des villes, offriraient à l'agriculture du pays des engrais nombreux, puissants et d’un prix peu élevé.
Les citernes à purin jouent un grand rôle dans une exploitation bien organisée ; c'est là que se confectionnent les
engrais liquides. On les établit ordinairement à proximité des écuries , des étables et des fosses à fumier. Leur grandeur varie selon l’importance du bétail. Si clics doivent être spacieuses, on leur donnera la forme rectangulaire; mais leur eapacité effective résultera toujours du produit de leur section horizontale par la hauteur que peut occuper le liquide.
Les fumiers doivent être tenus à couvert pour que les eaux pluviales et les rayons solaires n’enlèvent pas les principes azotés qui en constituent la principale valeur. Le jus des fumiers doit se rendre directement à la fosse à purin , et non se perdre dans les ruisseaux voisins. Les eiternes à purin doivent être munies d’une pompe, afin d'en enlever le contenu aussi souvent que le requièrent les besoins de la ferme.
Construction. — Les fosses à purin, de même que les fosses d’aisance, doivent être étanches, construites avec soin, et pourvues d’une cheminée de ventilation. 11 faut que les matières qu’elles contiennent soient désinfectées avant leur extraction.
Les angles des fosses seront arrondis, par le motif que les fuites ont ordinairement lieu par les angles et les arêtes des murs.
La forme la plus avantageuse pour les réservoirs souterrains qui, à volume égal de maçonnerie, présentent le plus de solidité, le moins de surface d’enduit, le plus de capacité intérieure, et par conséquent le plus d’économie, est la forme circulaire verticale.
Le fond de la fosse doit être concave, afin que les matières se rassemblent vers le centre et que la vidange soit plus facile à effectuer.
Une ouverture sera pratiquée dans la voûte, et la ditneusiou de cette ouverture sera suffisante pour qu'un homme puisse y passer au besoin. Le diamètre minimum de la fosse sera de 1™ 50 sur 2 mètres de hauteur sous clef.
Pour qu’une citerne soit parfaitement étanche, il faut, au fur et à mesure que les murs s’élèvent, damer fortement entre le sol et la maçonnerie, de l’argile sèche en poudre, à
l'épaisseur de O"1 15. On peut aussi employer un moyen qui nous a toujours réussi ; voici en quoi il consiste. Lorsqu'on peut sc procurer de la terre glaise, il faut la faire pétrir en pâte ferme, soit par le piétinement, soit à la daine, puis on enduit l’extérieur des murs et du sol, jusqu’à la hauteur des murs de pourtour, d’une couche de cette terre glaise égale en épaisseur à celle de l’argile sèche dont ntiuS parlions toulà-l’heure. On peut aussi appliquer sur toute la surface intérieure de la citerne un enduit imperméable fait de bitume ou de goudron de gaz.
Dans les terrains très-humides ou sujets aux inondations, on ne doit employer à la construction des citernes que des matériaux qui ne peuvent se décomposer par l’action des urines. Pour la même raison, on ne fera usage que de pierres siliceuses, ou de briques fortement cuites et maçonnées à joints serrés.
La désinfection des matières peut avoir lieu par divers procédés; seulement, pour qu’elle soitcllicacc, il faut qu’elle neutralise ou absorbe les produits volatils à mesure qu'ils sc produisent.
Pour absorber et neutraliser ces produits volatils lors de leur formation, on peut recourir à l’emploi des sels métalliques ou à celui des poudres absorbantes.
Iftrwcrlpllon dr la planche I.WII.
Les plus simples habitations de ce genre, destinées aux agriculteurs qui cultivent quelques portions de terres, n’ont qu’un rez-de-chaussée, sur lequel s’appuie le comble qui sert de couverture.
Lorsque plusieurs habitations sont réunies sous le même toit, il en résulte une économie notable quant aux frais de maçonnerie.
Ces deux habitations ont une distribution toul-à-fait identique ; elles renferment tout ce qui est nécessaire pour l’usage auquel elles sont destinées. Nous les avons placées sur une terrasse, afin qu’elles soient saines et exemptes d'humidité.
Chacune d'elles a son porche d'entrée I, une cuisine 2, une chambre à coucher 3, à l'usage du chef de la famille, et une autre 4 pour les enfants ou les domestiques. De la cuisine on communique avec la cour 12 par le couloir 6, lequel donne accès à la laiterie 3. Les dépendances se composent d’une petite vacherie 7, d'un rang à porcs 8, d’une remise pour le bois 9 et d’un water-closcl 10; l'emplacement 1 1 sert de trou à fumier. La citerne à purin peut être établie sous le bâtiment des dépendances ; de là, elle communiquera facilement avec l’étable et le trou à fumier.
Des encaissements sont ménagés dans les principaux murs afin d’y établir des armoires ou des rayons destinés à recevoir les ustensiles du ménage. Comme on le voit, cette distribution est très-simple. Les murs sont faits en pisé, sauf les endroits où se trouvent les cheminées, lesquels sont faits en briques. Les encadrements des portes et des croisées sont en bois. Les pilastres sont en briques ainsi que la partie supérieure des porches.
La couverture est en tuiles de deux couleurs. Les murs sont enduits d’une couche de chaux hydraulique, afin d’empécher l’humidité de pénétrer à l’intérieur.
Ces modestes habitations, où les frais de construction sont réduits à leur expression la plus simple, ont cependant encore un aspect qui plait à l’œil ; cela tient aux proportions que nous avons données à chaque partie.
On pourra faire subir à la distribution intérieure quelques modifications, dans le cas où l’on voudrait communiquer directement de la cuisine 2 avec la chambre 3 , ou si de celte dernière on voulait avoir un accès direct dans la chambre 4. Il ne faudrait pour cela que pratiquer une ouverture dans les enfoncements où nous avons établi des armoires.
De l'air, de la chaleur et de la lumière dan» le» logement» de» animaux domeafiqne».
Un membre de la société centrale d’agriculture de Belgique, M. Maubach, a émis sur ce sujet des considérations que nous
croyons utile d'indiquer iei ; nous extrayons de son travail les parties les plus essentielles.
L’air, la chaleur et la lumière sont trois incitants indispensables à la vie animale. Si l’on jette un coup d’œil sur ce qui s’est fait jusqu’ici dans les exploitations rurales , si l’on passe eu revue les écrivains qui ont traité la question qui nous occupe, on reconnaît sans peine qu’un point est resté en litige, bien qu’effleuré fort souvent par ceux qui ont traité la question de la température à donner aux étables, à savoir si elles doivent avoir une température de 22 à 24 degrés.
La question de la température à donner aux logements des animaux de travail ne présente plus les mêmes doutes ; il est admis qu’elle doit satisfaire ù ces deux conditions : 1° que l'animal, pendant son séjour à l’écurie, ne souffre pas du froid, même après un repos prolongé , et alors 12 degrés de chaleur , sans courant d'air sensible , suffisent ; 2° qu'à son passage au-dehors il n’y ait pas de transition brusque du chaud au froid. En hiver, on préviendra facilement cette transition en ouvrant portes et fenêtres du même côté pendant la pose des harnais.
Pour les jeunes animaux et les vaches laitières, 16 degrés paraissent constituer une bonne température.
Mais, dans tous les cas , l’aération doit marcher de front avec le degré de chaleur. Elle doit particulièrement satisfaire aux exigences suivantes : 1° le renouvellement de l'air doit être en rapport avec sa plus ou grande altération ; 2“ cette altération étant continuelle, le renouvellement doit se faire sans interruption ; 5° le renouvellement de l’air est impossible saus qu’il y ait courant d’air ; 4° il faut que ce courant d’air soit continu pour que les exhalaisons nuisibles soient enlevées à mesure qu'elles se forment; 5° il faut que le plus de points possibles de l'atmosphère renfermée dans une étable soient le siège d’un courant d’air, c’est-à-dire que l’air circule partout, autant que faire se peut; 6° il faut que les ouvertures qui laissent échapper l’air vicié soient au moins aussi grandes que celles qui donnent accès à l’air extérieur.
Tels sont les principes essentiels de l'aération, mais ils ne
sauraient avoir d'application avantageuse, si l’on ne maintient la température à toutes les époques de l'année au degré désirable. Or, la chose n’est pas facile, car en hiver, par exemple, lorsqu’il y a 6 ou 8 degrés de froid, ce qui n’est certes pas une exception dans nos contrées, il est impossible qu’il n’y ait pas abaissement sensible dans l’atmosphère d’une étable quand on y laisse pénétrer l’air extérieur. La raison de ce fait est facile à saisir ; c’est que l’air extérieur est plus vite altéré qu’il n’est échaufTé. Que se passe-t-il dans une étable fort vaste , et dans laquelle l’air est évidemment moins rapidement vicié ?
D’abord, lors des grands froids, la température en est fort basse, les animaux souffrent ; peu à peu cependant l’air s’échauffe, mais il s’altère bien plus rapidement, car les émanations putrides des excréments viennent se joindre aux produits gazeux ou volatils qui s'échappent du corps de l’animal; enfin, la température devient normale, mais l’air est corrompu ; un vice succède à un autre ; la disparition du premier engendre le second.
Dans les étables basses, étroites, le mal est plus grand encore. Supposons un moment que l’air y ait une température de 18 degrés; dans ce cas, il faudrait, ou laisser le bétail dans une atmosphère fortement viciée, imprégnée de celle odeur suffocante et nauséabonde qui frappe le visiteur à son entrée, ou laisser pénétrer l’air extérieur, qui abaisse subitement la température de 10, 12 ou 14 degrés.
Tantôt l’air était froid, et il s'est corrompu en s’échauffant ; ici, il est chaud, mais il s’est refroidi en se renouvelant. Une étable de grandeur moyenne n’est pas aussi vicieuse, mais elle a les deux défauts au même degré : l’air est tempéré pendant huit mois de l'année, à la vérité; mais à l'époque de la gelée, il y fait froid, ou bien il y fait malsain.
Or, c’est précisément pendant les quatre mois restants qu’un système de ventilation rendrait service, s’il pouvait satisfaire à celte double condition : air pur et chaud. Sans doute on peut laisser pénétrer progressivement l’air extérieur ; mais alors le froid deviendra permanent, car, nous
l'avons vu, l'enlèvement eotnplel des produits viciés nécessite un volume d’air pur sullisanl pour abaisser, ou, si Tou aime mieux, pour maintenir lu température à 7 ou 8 degrés, ce qui est trop peu pour la plupart des cas.
L’unique moyen est donc de faire pénétrer un air moins froid.
Deux procédés se présentent; ils consistent : 1° à échauffer artificiellement l’air, ce qui ne peut être pratiqué avantageusement que dans certaines circonstances ; 2° à puiser l’air pur dans un lieu où il soit à l'abri des variations atmosphériques.
Quant à la lumière, elle est bienfaisante, utile et indispensable au bien-être des animaux.
La première condition à remplir, quel que soit le moyen d’aérage admis, c’est que les appareils à ce destinés fonctionnent seuls, que par conséquent toute ouverture ou issue qui pourrait en neutraliser ou en entraver l'action soit supprimée : tels sont les soupiraux, les trous servant à l’écoulement des urines, les joints des portes, des fenêtres, etc.
Et à propos de celles-ci , nous ne saurions trop recommander un appareil simple, économique, durable cl trèspropre à régler l'éclairage avec facilité et célérité. Voici en quoi il consiste : les fenêtres ont deux vitres dépolies, séparées par une traverse verticale, et sont à châssis-dormant; elles peuvent être établies derrière ou devant les animaux, comme on va le voir. Aux parties supérieure et inférieure sont établies deux coulisses dont les rainures sont dirigées l’une vers l’autre; elles se prolongent d’un côté de la fenêtre à une distance égale à la longueur de celle-ci , et de l'autre côté à une longueur double. On y introduit une planche, ou mieux une feuille de zinc, dans laquelle on a percé des trous de deux dispositions différentes ; dans une moitié, ils ont trois centimètres de diamètre et sont a trois centimètres les uns des autres; dans la seconde moitié, ils n’ont qu’un ceulimètrc de diamètre, et sont distants de trois. — Au bas et au milieu de chacune de ces espèces de persiennes est un anneau fixe qui reçoit une corde reliant entre elles toutes
les plaques ou feuilles de zinc ; elle passe dans deux petites poulies et se termine à chacune de scs extrémités par une anse ou un anneau. On comprend déjà qu'au moyen de celte corde on peut faire, d’un même coup, glisser toutes les personnes qui viennent, selon qu’on le désire, présenter simultanément l’une ou l’autre de leurs moitiés devant la fenêtre à laquelle elles sont adaptées.
Notons en passant que dans les étables d'engraissement et les infirmeries , la moitié de la plaque percée de trous de trois centimètres est supprimée et remplacée par une partie pleine, non pereillée, attendu que dans ces cas il faut le plus souvent ou une obscurité presque complète, ou une faible lumière. Celte disposition est encore à préférer pour toutes les fenêtres disposées au midi, et devant les animaux. Au reste le nombre de fenêtres doit également être pris en considération, et, quand il y a excès, le dernier modèle est préférable. Voilà pour l’éclairage.
Quant au problème de l'obtention d’une température convenable, la difficulté existe surtout en hiver.
Dans une exploitation où l’on a une machine à vapeur, on pourra parfois utiliser celte vapeur après qu’elle a produit son effet mécanique, au lieu de la laisser s’échapper dans l'atmosphère en pure perte. Mais il faut, pour que ce moyen soit praticable, que le cylindre de la machine ne soit pas à une trop grande distance de l’étable (nous la limitons à 8 mètres, ou 10 au plus, parcours au-delà duquel le résultat pourrait ne pas valoir la dépense). Pour tirer parti de la chaleur de l’eau vaporisée, on fait passer le tuyau de décharge ou d’échappement sous le sol de l'étable , en le plaçant dans un autre tube d’un diamètre, deux, trois ou quatre fois plus fort, selon le nombre d’animaux, et fait ordinairement de tôle percée, préservée de l’oxidation par les moyens connus. Ce tube ouvert à ses deux bouts, présente de distance en distance une ouverture circulaire destinée à déverser dans l’étable l’air qui s’y introduit par scs extrémités : celles-ci sont béantes à quelques centimètres au-dessus du sol à l’intérieur. — Dans les locaux où le bétail
esi sur deux rangs el dos à dos, le ventilateur-calorifère parcourt la partie médiane ; des ouvertures creusées dans le sol même, et vis-à-vis de celles du tube, servent en même temps de bouches de chaicur et d'aération, et on les surmonte d’une petite grille ou d'une plaque de tôle percillée pour éviter les accidents.
Le nombre des bouches, ainsi que leur diamètre, dépend de celui des animaux et de leur mode de placement dans l'étable. Avec la disposition dont il vient d’être question, des ouvertures de 7 centimètres de diamètre, et circulaires, pourront servir chacune pour six tètes, ce qui fait qu’elles seront à 5" 60 les unes des autres, en admettant que chaque animal occupe en largeur lm 20. Ces proportions sont suffisantes, vu l’extrême énergie de cet appareil.
Comme ce système ne serait admis que chez des personnes déjà familiarisées avec les usages de la vapeur, nous n’entrerons pas dans beaucoup de détails. Disons seulement qu’il faudra disposer le tuyau de décharge en pente douce et le percer à son extrémité la plus basse d’une petite ouverture pour que l'eau de condensation puisse s’échapper ; que si on voulait recueillir celle-ci pour l’utiliser encore, on adapterait un tube de petit diamètre à celte ouverture, et on la ferait descendre jusqu’au fond du récipient, récipient qui est inutile dans le cas où l’on ne voudrait plus se servir de l’eau; enfin au raccordement de la partie de ce tube , qui est sous l’étable avec celle qui subsiste déjà dans les usines, et qu’on doit maintenir, on établira un robinet disposé de telle sorte qu’on puisse à volonté faire aller la vapeur dans le ventilateur calorifère, ou dans l'atmosphère.
Comme on le voit, tout cela n’est guère compliqué, et si ce système nécessite quelques dépenses pour son établissement, il faut reconnaître qu’il n’en demande aucune pour le maintien de son action, circonstance remarquable au point de vue surtout de l'obtention complète du résultat désiré.
A défaut de vapeur, il est encore un moyen qui mérite d'èlre préconisé. Il n'a pas sans doute l’énergie ni la perfection du précédent, mais par contre il a l’incontestable
mérite d’être à la portée du plus grand noiribrë TTagriculteurs. Il s’agit encore de prendre l’air à l’intérieur comme toujours, mais au lieu de l'introduire directement dans le local à assainir, on lui fera faire un certain parcours sous le sol, de manière à ce qu’en hiver le courant d’air puisse acquérir un degré de température qui le rapproche de celui de la terre, soit 10 degrés. Sans doute, le résultat ne sera pas toujours obtenu complètement, mais il n’en est pas moins utile de pouvoir faire en sorte qu’une colonné d’air marquant 8, 10 et 12 degrés de froid n’arrive au bétail que lorsqu’elle aura acquis une température de 8, 6 ou 4 degrés au-dessus de 0 : la différence étant de 16 degrés, on pourra, le plus souvent, sinon toujours, laisser accès à l’air extérieur, au moins plus longtemps et plus souvent que par son introduction directe. En outre, en été, lors des chaleurs, l’effet contraire peut être produit, et l’on a un moyen aisé d’abaisser à un degré normal cette température accablante qui nuit sensiblement aux animaux de travail.
Les matériaux sont des plus faciles à se procurer ; ce sont de simples tuyaux de drainage du plus grand diamètre , et qu’on raccorde soigneusement à l’aide de bons manchons ou collets , reliés eux-mêmes aux tubes par un bon ciment hydraulique; le tout est recouvert d'une épaisse couche de goudron. Ces précautions sont nécessaires pour éviter ou l’introduction de l’eau dans le tube, si le terrain est trèshumide, ou celle d’un air vicié lorsque ce tube traverse un sol imprégné de substances en putréfaction, ce qui est inévitable dans le voisinage des fosses à purin, à fumier, etc., etc. On établit le conduit à 0m 50 de profondeur, le long de la partie extérieure du mur de pourtour, ce qui est facile si l’on a une étable à construire, ou même un pavement à refaire à l’intérieur ; un tube suffit pour douze animaux adultes. Lorsqu'il a ainsi parcouru 10 à 12 mètres, ce qu’on peut toujours obtenir par des circuits, si l’espace manque, on le fait aboutir derrière les animaux; là, il n’a plus que 10 à 15 centimètres de profondeur, et de distance en distance on y pratique des ouvertures de 0ra 04 de diamètre ; une de ces
ouvertures suflit pour trois animaux. L'n conduit est pratiqué dans le sol, recouvert d’une grille comme dans le système précédent, il laisse pénétrer l’air pur dans le local; quant au tube, il peut sc terminer contre un mur, mais il faut le bouclier hermétiquement, l’extrémité opposée, qu'on fait remonter à quelques centimètres au-dessus du sol, supporte un carreau de terre cuite qu’on enlève lorsqu'on veut établir le courant.
Reste maintenant la question de l'enlèvement de l’air corrompu. Pour cela, rien de tel que quelques tuyaux de zinc aboutissant à quelques décimètres au-dessus du toit, et venant s'arrêter à rase du plafond de l’étable ; 5 centimètres de diamètre sont une dimension suffisante pour trois animaux, si le tuyau dépasse le toit de 0“ 80 à 0™ 90, ce qui accélère l'ascension de l'air vicié. Nous ne saurions trop recommander de les disposer de manière que leur extrémité inférieure vienne aboutir dans la ligne médiane du plafond, lorsque les tubes qui amènent l’air pur sont sur les côtés de l’étable, et, au contraire, près des murs de pourtour, si ces tubes sont disposés dans la partie médiane du sol.
Tel est l'exposé que nous avons cru pouvoir soumettre à l'appréciai ion des intéressés, dans l’espoir qu'ils voudraient bien accorder quelque conliancc à des propositions dont la mise en pratique constitue un progrès agricole que nous considérons comme des plus importants.
Doocrlpllon de la planche LXXIII.
Nous avons donné précédemment le dessin de deux cottages réunis, mais composés seulement d'un rez-de-chaussée ; celui dont nous indiquons ici la distribution est surmonté d'un étage, et la partie souterraine renferme plusieurs caves.
Le porche donne accès à la cuisine ou pièce commune 2, et à la chambre 4, qui sert de bûcher ou de remise pour les ustensiles de ménage et de jardinage. Une arrière-cuisine 3 sert de desserte à la pièce 2 ; elle est munie d'une douche, qui sert à cuire les aliments destinés au bétail; deux armoires
9 9 , sont pratiquées aux deux côtés : ces armoires servent à faire sécher du linge ou à conserver quelques provisions.
La vacherie 5 a des dimensions qui permettent d’y placer deux têtes de bétail; 6 est la porcherie, 7 le dépôt de combustible, 8 le watcr-closet. La partie 10 sert de dégagement pour l’escalier de la cave ; des planches sont placées dans l’encaissement pour y déposer des provisions de ménage; 11, escalier desservant le premier étage et le grenier; 12, endroit pour remiser les ustensiles de jardinage; 13, puits commun aux deux habitations; 14, terrasse qui entoure les deux logis. La citerne à purin est située au-dessous de la porcherie et du dépôt de combustible.
Les cheminées de la cuisine et de l’arrière-cuisinc sont disposées de façon à se rencontrer dans le grenier. Leurs souches ne forment que quatre tuyaux, qui sortent du toit au même endroit.
Le premier étage renferme une chambre à coucher qui a le môme périmètre que la pièce 2 du rez-de-chaussée. Comme cette pièce n’a qu’une seule fenêtre, nous lui avons donné une ouverture plus large que d’habitude, afin qu’elle soit parfaitement éclairée. Les croisées faites de cette, façon sont divisées en trois compartiments sur leur largeur ; la partie centrale reste fixe, et les deux autres s’ouvrent à charnières.
Le plan de ces cottages est avantageux et convient parfaitement à un petit métayer. La laiterie, au lieu de se trouver au rez-de-chaussée, occupe la partie souterraine placée audessous de la pièce 3 ; la cave aux provisions est sous la cuisine.
L’élévation présente un aspect pittoresque. Les murs sont construits en pierres et les angles et les porches sont en briques. Le toit peut être en chaume, en tuiles ou en ardoises.
La coupe indique la disposition des toitures. On reconnaîtra que la partie du milieu, comprenant les cuisines des deux habitations, s’élève seule au-dessus des autres parties du bâtiment, que la partie postérieure est couverte en appentis, et que les autres portions de toiture sont à un seul
versant, ce qui permet d'utiliser le dessous du comble comme grenier à fourrages.
Hôtellerie» et auberges de village.
Parmi les constructions rurales, il est une catégorie qui réclame depuis longtemps de notables ameliorations : nous voulons parler des auberges ou hôtelleries. En France, dans les villages éloignés des grands centres, l’auberge de village est tout simplement une maison plus ou moins mal bâtie, mal située, mal aérée, dont la porte basse et étroite est décorée d’un bouquet de broussailles, et où l’on vend un vin ou une bière aigre, et quelquefois du pain. Votre cheval, si vous en avez un, est mis dans une écurie noire et humide, et partage avec des bœufs, des vaches, des veaux une litière infecte et une eau bourbeuse. Son maitre n’est guère mieux logé ; la salle commune est d’ordinaire basse et enfumée, et on y néglige comme à plaisir les plus simples règles de la propreté ; la chambre à coucher est souvent sous l’appentis ; elle exhale la plupart du temps une odeur nauséabonde, car elle sert aux usages les plus variés; on y dépose des provisions de ménage, des semences, des vêtements, et il y manque les plus simples objets nécessaires à la toilette.
En Angleterre, au contraire, l’auberge est toujours une des plus belles maisons du hameau ; elle occupe la partie de la route la plus avantageuse; elle est sur un sol élevé, souvent isolée et entourée de scs dépendances. Elle est d’ordinaire un peu reculée du chemin ; l’espace entre celui-ci et la façade est pavé proprement ou sablé avec soin ; le porche d'entrée est orné de eolonnettes, entre lesquelles se mêlent en festons la vigne, le chèvre-feuille, le jasmin, la clématite, la rose. Cette décoration est charmante ; elle a le mérite d’exiger peu de frais et de durer fort longtemps.
Adroite ou à gauche de l’auberge, une grille, flanquée d’un poteau indicateur au sommet duquel s’étale, blasonné en or, le signe de l’auberge, conduit aux écuries et aux étables. La maison elle-même est bien bâtie, quoique d’une arehitec-
turc souvent tourmentée. La forme est celle des cottages disséminés dans le voisinage. Le style d'Élisabeth, en briques rouges avec rustiques en pierre, est ordinairement celui qui est préféré, et il convient parfaitement à ce genre de construction. L’intérieur de la maison est bien aéré, bien éclairé, commode et de la plus grande propreté.
Nous avons cherché à réunir ees différents avantages dans le projet que nous donnons à nos lecteurs : planches LXXIV, LXXV et LXXVI.
Le plan général de cette hôtellerie est représenté par la planche LXXIV ; il offre la disposition de l’emplacement du oorps-de-logis 1, des dépendances 25, qui renferment les remises et écuries, d’un endroit 3, pour élever des lapins, et d'une basse-cour 4.
Le jardin potager , séparé du corps-dc-logis par une portion de jardin paysager, ajoute à l’agrément de l’ensemble.
Une cour, fermée par une grille, précède le bâtiment et l’entoure de tous côtés, afin de donner la plus grande facilité au passage des voitures.
Si nous analysons la distribution du rez-de-chaussée, nous trouvons qu’il est élevé d’un mètre au-dessus du sol environnant, afin que les parties souterraines puissent avoir une hauteur convenable, sans qu'il soit besoin de creuser beaucoup. Le porche 1 est ouvert, et donne accès à un vestibule 2, lequel est fermé au moyen d’une cloison vitrée. Le vestibule dessert la cuisine 6 et la chambre de l’hôtelier 7 , qui sert de parloir et de bureau. La continuation du vestibule nous amène à la cage d’escalier 3, de laquelle on entre dans la grande salle commune des voyageurs 4.
Cette pièce centrale communique avec la salle à manger 5, et les chambres à coucher 9' et 10. Toutes ces chambres renferment chacune une alcôve cl des garde-robes 12. La chambre 10 en a deux; elle est destinée à une famille. Les dégagements 1 1 facilitent le service de chacun de ces appartements.
La pièce 4, qui est commune aux voyageurs , est éclairée par le haut ; elle est garnie de banquettes dans tout son
pourtour. Au centre se trouve une table circulaire 13, sur laquelle on dépose les bagages à l’arrivée des voyageurs. Cette table est ouverte à sa partie centrale , et par celte ouverture, 14, passe la lumière qui éclaire une partie des souterrains.
Un cabinet 8 est contigu à la chambre 7, occupée par ('hôtelier; ce cabinet sert de lingerie cl de dépôt pour la vaisselle.
Deux watcr-closets sont établis à l'entrée du porche ; ils sont ventilés au moyen d’ouvertures latérales A l’entrée principale.
Le premier étage, planche LXXVI, figure I , se compose d’un palier qui dégage la partie centrale 2, formée d’une galerie ornée d'une balustrade. Celte galerie dessert les chambres 4', 3 et 6’. Les dégagements T en facilitent le service; — 8, garde-robe; — 9, watcr-closel.
La chambre 3 est une loge ouverte où l’on peut prendre le frais ; elle peut servir aussi de fumoir ou de serre. Les chambres qui occupent le centre de chaque façade, possèdent toutes un balcon, ce qui n’est pas sans agrément pendant l’été.
La construction de cette hôtellerie est des plus simples ; on n'y a employé que les matériaux les plus ordinaires. Ainsi, à l’exception de l’avant-corps, qui est en briques, et des angles, qui sont faits de rustiques en pierre, toutes les autres parties qui composent le rez-de-chaussée sont en pierres brutes. Un assemblage de pièces de bois, avec remplissage en briques, constitue le premier étage.
La pièce du milieu est éclairée par quatre lanterneaux qui se trouvent à sa partie supérieure. N’étant dominés par rien, ils transmettent à l’intérieur une lumière égale à celle qui proviendrait de croisées percées directement dans les murs.
La coupe transversale, figure 3, planche LXXVI, fait voir celte disposition. Le vitrage du lanterneau horizontal placé au niveau de la gorge qui décore cette partie, est dépoli, ce qui empêche de voir, du rez-de-chaussée et de la galerie du
premier étage, l'assemblage et les lanterneaux plaeés dans le eomble.
La ligure 2 de la même planche représente la façade principale. La figure 2 de la planche suivante est le dessin d’une des façades latérales, et la figure 3 celui de la façade postérieure.
Nous ne décrirons pas les parties souterraines ; leur aménagement peut être conforme à celui du rez-de-chaussée, la partie du milieu pouvant servir de dégagement pour desservir les pièces qui l’entourent.
Le but que nous nous sommes proposé en composant ce projet, a été de trouver dans un périmètre assez restreint, (soit un carré de 17 mètres de côté), toutes les commodités d’une hôtellerie confortable.
Nous avons cherché à donner aux élévations un cachet de simplicité et d’élégance. Le jeu des toitures et le style que nous avons adopté donnent à l'ensemble du bâtiment l'aspect d'un chalet, moins les saillies qui projettent tant d'ombre.
Celte distribution peut servir à plus d’un usage ; elle conviendrait parfaitement pour une maison de campagne, puisqu'en supprimant quelques parties, ou aurait une suite de pièces communiquant les unes avec les outres.
Nota. — Lorsque nous avons commencé la publication de notre ouvrage, nous avions l’intention d'en faire deux volumes, composés chacun de vingt-quatre livraisons. Différentes circonstances nous ont engagé à changer nos dispositions.
En achevant la première partie de ee travail avec la quatorzième livraison , il nous a semblé qu’un volume grand in-8", composé de 24 livraisons et de 150 gravures eût été trop considérable. Nous avons, pour ce motif, divisé l'ouvrage en trois parties, dont chacune sera composée de 14 livraisons et de 84 planches.
Dans les deuxième et troisième parties, nous donnerons une série de métairies, fermes, maisons d’ouvriers, églises, presbytères, maisons d’école, salles d'asile, crèches, ainsi que des plans variés de maisons de campagne, villas, serres, orangeries, faisanderies, etc., etc.
Notre ouvrage restera ce qu’il devait être ; la distribution seule des volumes aura été modifiée.