‹ L'architecture ruraleChapitre 29 sur 37 · DÉSIGNATION DES CH A IX · texte numérisé non relu

DÉSIGNATION DES CH A IX

de

chaux

caustique

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Moyennement hydrauliques. .

Hydrauliques

Eminemment hydrauliques . .

Chaux limites

Ciments limites inférieurs. . . .

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Id. ordinaires

îd. supérieurs...

Pouzzolanes

N»n combinée. 1

On peut reconnaître, par l'essai cl l'analyse des calcaires, les propriétés de la chaux qui doit provenir de leur calcination. On fait dissoudre i grammes de calcaire dans de l'acide nitrique étendu d'eau; si le résidu n'est composé que d’un dépôt nul ou faible d'argile, la chaux qui proviendra de ce calcaire sera grasse; si le résidu est abondant, on obtiendra une chaux hydraulique; si le dépôt est très-sableux, la chaux sera maigre et non hydraulique ; s'il est gélatineux et abondant, la chaux sera hydraulique; enlin, si le calcaire se dissout lentement avec effervescence (ce qui indique un calcaire magnésien), il suffira d'un faible dépôt, 3 à 7 p. 0/0, pour que le résultat de la cuisson soit de la chaux treshydrauliquc.

Chaux hydrauliques, ciments artificiels. — Presque tous les calcaires qui contiennent de l'argile, de la silice ou de la magnésie, peuvent donner, au moyen d’une cuisson complète, des chaux hydrauliques ou des ciments. Mais comme toutes les carrières ne fournissent pas des pierres qui possèdent ces éléments, on fabrique des chaux de cette espèce en mélangeant artificiellement l'argile au calcaire ou à la chaux pure, dans les proportions du tableau précédent, et en soumettant les mélanges à une cuisson bien ménagée. Ce second mode de fabrication ne doit être employé que lorsque l’on ne peut se procurer du carbonate hydraulique naturel. Lorsque dans une carrière les lits sont séparés par des eou-

chcs alternatives de terres argileuses et de calcaires, c’est un indice qu’on pourra s’y procurer de la chaux hydraulique.

Quand on se sert de mélanges d'argile ou de calcaire pour obtenir de la chaux hydraulique, le procédé de fabrication est dit à simple cuisson ; on le dit à double cuisson , quand on fait usage de chaux obtenue par une cuisson préalable du calcaire.

Fabrication à simple cuisson. — Ce procédé est en usage à Meudon, près Paris, et la chaux obtenue de cette manière a été employée avec succès pour les travaux des fortifications.

Le calcaire qu’on emploie pour cet usage doit être friable et tendre , afin de pouvoir cire facilement réduit en poudre impalpable et transformé en bouillie par addition d’eau. On se sert à cct effet de calcaire marneux , comme la craie ou les marnes , auquel on ajoute de l’argile dans la proportion qui donne à la chaux le degré d'hydraulicilé dont on a besoin.

La trituration et le mélange des matières se fait au moyen de deux meules verticales, mises en mouvement par un manège, sur une aire circulaire d’environ 4 mètres de diamètre. La craie et l’argile qu’on jette sur l’aire, qui forme une espèce d'auge, et dont la proportion est de quatre mesures de craie sur une mesure d’argile, sont constamment arrosées par un jet d’eau fourni par un robinet, et remuées par des râteaux qui suivent le mouvement des meules. La trituration dure environ une heure et demie; au bout de ce temps, on a obtenu 1" 50 de bouillie claire, que l’on fait évacuer par une ouverture percée au fond du bassin.

Cette bouillie est reçue dans une suite de fosses étagées qu’elle remplit successivement, en débordant de chacune d’elles par le sommet d’un déversoir dont elles sont pourvues. Au moyen de cct arrangement, les matières en suspension dans l’eau se déposent dans chaque fosse, en sorte que l’eau qui s’échappe du dernier déversoir est parfaitement claire. Quand la pâte qu’on a laissé durcir a acquis la consistance

convenable pour être moulée, on en fait des prismes qui cubent environ 0m 012; lorsque la dessiccation de ces prismes est assez avancée, on les soumet à la cuisson. Le moulage s’effectue avec rapidité : un ouvrier peut faire, en moyenne, jusqu’à 5,000 prismes dans sa journée.

Fabrication à double cuisson. — Ce procédé consiste à mêler de l’argile à de la chaux grasse éteinte et amenée à l'état de pâte ; on se dispense ainsi de la machine à broyer pour opérer le mélange; mais malgré cette économie de maind'œuvre, la nécessité de cuire deux fois la matière rend en général ce procédé plus dispendieux que le premier.

Dr* barrières.

Après avoir décrit les clôtures qui doivent séparer et clore les propriétés des cultivateurs, il nous reste à parler des barrières qui doivent y donner accès ; celles-ci doivent être placées dans les endroits les plus commodes pour le service.

Les barrières peuvent être soit en bois, soit en fer ; elles sont appelées à remplir les mêmes usages; mais les secondes l’emportent sur les premières, en ce qu’elles sont plus solides et qu'elles ont une durée plus longue. Quels que soient les matériaux qui entrent dans leur construction , il est nécessaire que le bois ou le fer soit de bonne qualité , et assemblé convenablement. Pour ce motif on aura soin, avant de fixer définitivement l’assemblage au moyen de chevilles ou de boulons, d’y introduire une couleur épaisse composée d'huile et de cérusc. Cette couche de couleur a l’avantage de donner beaucoup de force à l’assemblage et d’empêcher la pluie, d’y pénétrer. Ceci est important, car les bois et les fers exposés à l’air se détériorent toujours au point de jonction des différentes pièces , et l’on ne peut leur assurer une longue durée qu’en les entretenant constamment au moyen de quelques couches d’huile ou de goudron.

Les montants qui soutiennent les barrières doivent avoir une longueur suffisante pour qu’ils puissent être fixés soli-

dcment en terre, et leur dimension en largeur et en épaisseur doit être telle, que le poids de la barrière qu’ils ont à supporter ne les fasse pas fléchir. Ces montants doivent être faits avec du bois sans défauts. La partie qu'on enfonce dans la terre doit être maintenue par des traverses et des poussards, afin d'offrir le plus de résistance possible aux forces qui tendraient à la déplacer.

Nous donnons dans la planche LXIX quelques dessins de barrières en bois, pour que chacun puisse y trouver ce qui conviendra le mieux à la disposition de l'enclos et aux ressources pécuniaires dont on dispose.

Les barrières, ligures 1 et 2, sont les plus simples ; elles conviennent principalement pour clore les prairies où l’on parque le bétail. La première est formée de deux montants solidement lixés en terre ; sur l’un de ces montants pivote un tronc d’arbre que l’on a préalablement dégrossi dans presque toute sa longueur; il vient, lorsqu’on le fait tourner, se fixer sur l’autre au moyen d'une ferrure à verrou. Les barres verticales dont l’arbre est pourvu, sont faites de bois ayant 0m Ofi de largeur sur 0" 04 d’épaisseur.

La barrière figure 2, construite d’après les mêmes principes que la précédente, est plus simple ; elle est garnie d’un échcllier pour le passage des piétons. Le tronc d’arbre est dans son état naturel; seulement, pour alléger la manœuvre, on a scellé à sa base une pierre qui, par le poids qu’elle transmet à la partie qui porte à faux , fait à peu près équilibre à la partie qui sert de clôture.

Les figures 5 et 4 donnent des dessins de barrières destinées à empêcher les voitures de circuler sur un chemin. La première est composée de deux parties fixées au sol ; les deux montants du milieu sont percés chacun d'une mortaise propre à recevoir la barre transversale qui ferme le passage. Cette barre est fixée aux montants au moyen de boulons à écrous ou d’une broche à œillet dans laquelle on introduit un cadenas.

La seconde, d’un maniement très-facile, convient spécialement sur les lignes de chemins de fer pour les passages à niveau.

Les barrières d'une assez grande portée se détériorent promptement; ecla lient à leur mauvaise construction et à ce <|u'cllcs tendent à fléchir dans la partie qui reste libre. On obviera à ce grave inconvénient en ménageant dans les montants contre lesquels la barrièrp s'appuie, une bâtée dans laquelle la partie ouvrante pourra s'appuyer lorsqu’elle est fermée.

Les barrières représentées par les figures 5 et 6 sont trèssolides, et n’ont pas l’inconvénient de se disloquer aussi vile que les autres. Les barres diagonales que l’on y remarque soutiennent l’assemblage et l'empêchent de s’incliner vers la partie ouvrante. Ces barrières conviennent parfaitement pour clore les champs, les jardins potagers, etc. Quelquefois les barrières ne sont qu'une suite de la clôture, comme dans les figures 7 et 8. Les montants soutiennent à la fois la barrière et la clôture. Dans la figure 7, nous donnons une espèce de barrière où la partie ouvrante travaille sur une roue. Ce moyen est bon pour alléger le poids de la barrière; mais il ne convient nullement dans les mains de gens peu soigneux , car s’il se rencontre quelque obstacle au passage de la roue, on force la barrière plutôt que de déplacer cc qui gêne son mouvement.

Le genre de barrière représenté par la figure 8 est simple, élégant cl économique ; par sa disposition elle convient parfaitement pour fermer l’entrée d'une cour de ferme, etc.

Les dépenses que nécessite l’entretien des barrières en bois sont cause qu’en Angleterre, où le cultivateur aime tout ce qui est solide et durable, on a substitué le fer au bois. Ce. genre de construction prend chaque jour plus de développement, à cause de l’économie qu’il procure. Nous avons cru utile de donner à nos lecteurs , dans la planche LXX , quelques modèles de barrières en fer.

Le mode de barrière le plus simple est représenté dans la figure 4 ; cette barrière se compose de deux montants en pierre qui soutiennent la grille.

La barrière figure S , d'une excellente construction , est

spécialement affectée au passage des personnes ; elle est très-solide cl d’un très-bon usage.

La grille figure 1 sert au passage des voitures; son assemblage est solide; elle peut être fixée à des montants en pierre, en bois ou en fonte de fer. .

Cette grille a été construite expressément pour l'usage des champs, et comme telle, elle a obtenu la médaille d’argent de la Société royale d'agriculture en Angleterre ; elle a obtenu un prix semblable en Irlande, comme étant la grille de champ la meilleure et la plus économique. Elle est faite entièrement en fer laminé; les barres extérieures et d'angle ont la forme d’un T, parce que c’est sous cette forme que ce métal a le plus de résistance; elle donne de la raideur à la grille sans ajouter à son poids.

Les montants sont en fer rond, avec base carrée également en fer, de manière à pouvoir être fixée en terre sans pierres ni briques. Lorsque ces montants sont bien tassés dans la terre, ils ont assez de force pour supporter des grilles d’un poids considérable.

La grille est suspendue aux montants au moyen de collets en fer solidement fixés. Le bétail ne peut pas la déplacer en s’y frottant ; elle ne peut non plus être enlevée par des personnes malveillantes.

La longueur de celle grille est de 2ra 75, et sa hauteur de lm 20. Avec scs accessoires elle coûte, à la manufacture de M. E. llill et C'", à Bricrley-Hill, 2 livres 2 schellings, soit 52 fr. 40 c., et à Londres, 2 livres 7 schellings G pences, soit 59 francs.

La grille représentée par la figure 2 est en fer laminé et de la forme ordinaire ; elle est très-convenable pour les champs, les prairies, etc. ; elle a 2™ 75 de longueur sur lm 20 de hauteur.

Son prix est de 28 schellings (33 fr. 60 c.) prise à la manufacture, et de 30 schellings (36 fr.) à Londres.

La grille figure 6 convient pour l'entrée d’une métairie ou ferme où l’on recherche la simplicité unie à la solidité ; sa longueur est de 3'“ 05, et sa hauteur de 1” 20 à 1" 50 ; elle

coule environ 4 livres, soit 100 fr. ; elle est montée sur des gonds ; les gonds peuvent être remplacés par des pivots si l’on veut qu'elle puisse se fermer seule.

La grille et le grillage ligure 7 conviennent dans les endroits qui demandent beaucoup de résistance; les barreaux peuvent être pointus à leur extrémité supérieure. Le grillage se fabrique par parties de 1 m 84 chacune, et sa hauteur audessus du sol est de 1” 20.

Ces grilles sont attachées à des piliers ou pilastres faits en fonte de fer; elles ont 2” 90 d’ouverture, sur une hauteur correspondante à celle du grillage.

Le prix du grillage , à la manufacture , est de 4 schcllings 2 pences (3 fr.) par aune de 0m 92, et à Londres, de 4 schellings 6 pences (5 fr. 50 e.)

Le prix de la grille avec les piliers, à la manufacture, est de 5 livres (125 fr.), cl à Londres, de 5 livres 7 schcllings (133 fr. 40 c.)

La grille figure 8 est double; elle est construite en fer laminé, et convient à un chemin public ou privé qui serait traversé par un rail-way. Les barres, qui ont la forme d’un T, sont fixées de telle manière , qu’elles ne peuvent tomber ou se déjeter. Les piliers sont en fonte de fer , avec des bases carrées. Ces barrières fonctionnent facilement, sont d'une longue durée, et d’un prix qui dépasse à peine celui des barrières en bois.

Couverture* des «oit*.

Le toit est la partie d'un bâtiment qui couvre l'étage supérieur, et qui sert à le mettre à l'abri des intempéries de l’air. Sa partie extérieure est composée de matériaux plus ou moins imperméables. Le comble est l'ensemble des pièces de charpente qui soutiennent la toiture.

Chaque peuple a cherché et employé les moyens les plus convenables pour protéger ses habitations, suivant le climat sous lequel il vit. Ainsi, les habitants du nord de la Suède ont conservé l’habitude de couvrir leurs demeures avec des écorces de bouleau , maintenues sur le comble par un rein-

blai en lerre sur lequel ils sèment du gazon. Chez quelques peuples de l’Amérique, les maisons sont couvertes de claies très-serrées, posées horizontalement, sur lesquelles on tasse une couche de sable fin d’une épaisseur d’un décimètre environ. Ces divers systèmes de couvertures ont leur raison d’étre; la première est d'une très-longue durée, par le motif que la terre qui recouvre l’écoree du bouleau, maintient dans celle-ci une humidité qui la rend imperméable et incorruptible. Le sable qui recouvre les toitures de la seconde espèce, a la propriété d’absorber les abondantes rosées de la nuit; ces rosées, néanmoins, ne peuvent pénétrer à l'intérieur, parce que la chaleur du jour les fait évaporer avant qu’il en tombe de nouvelles.

Dans nos climats, les matériaux qu'on emploie pour les toitures se divisent en plusieurs espèces; ce sont des produits végétaux, ou des pierres factices, ou des pierres naturelles, ou enfin des métaux.

Les couvertures en pierres factices, en usage en France et en Belgique, comprennent les tuiles plates, les tuiles creuses et les tuiles ayant la forme d'un S, dites pannes et flamandes. Leur usage remonte à la plus haute antiquité ; elles sont en usage dans la plupart des contrées septentrionales de l’Europe.

Les tuiles plates (système anglais) offrent des avantages que ne possèdent pas les tuiles de la même espèce en usage dans les autres pays. Elles sont maintenant employées avec succès dans les constructions, parce qu'elles sont mauvaises conductrices de la chaleur, et que les rayons solaires n’ont que peu ou point d'action sur les toits construits avec ces tuiles.

Les soins que les Anglais apportent dans leur fabrication, rendent ces tuiles très-utiles pour les fabriques, les ateliers, les écoles et les bâtiments ruraux. Elles remplacent d’une manière avantageuse les anciennes tuiles, et elles conviennent particulièrement pour les logements des animaux domestiques, les granges, greniers, etc. ; enfin elles ne permettent pas les infiltrations pluviales si la partie supérieure

vient à sc casser ou à sc fendre, car la partie intérieure suflit pour empêcher le passage de l'eau.

Couvertures en matières métalli(/ues, fer coulé, etc. — Ces couvertures sont de deux espèces, celles qui sont composées de grandes feuilles assemblées entr'elles , et celles qui sont faites de petites pièces arrangées et disposées comme les tuiles ordinaires. Les toitures de ce genre pèsent moins que les toitures en tuiles. Leur légèreté permet de réduire la force de la charpente qui doit les supporter; mais malgré les avantages qui résultent de leur peu de pesanteur, on emploie encore de préférence les tuiles ordinaires , parce que leur prix est de beaucoup inférieur à celui des tuiles en fer.

Outre les tuiles en fer coulé , on se sert encore de tuiles en tôle de fer , de cuivre ou de plomb ; mais la nécessité de les poser en recouvrement les unes sur les autres, comme les tuiles ordinaires, augmente beaucoup leur pesanteur, surtout si on la compare à celle des mêmes matériaux disposés en grandes feuilles.

Les métaux laminés se placent ordinairement sur les loi- •tures qui ont très-peu de pente, et on en relire un double avantage : 1° une économie dans les bois de charpente, 2& et une moins grande surface à couvrir. Ce genre de toiture sc pose sur un lattis de voliges à claire-voie, ou sur un plancher plein et bien uni, ou sur un plafonnage en lattis.

Les couvertures en tôle de fer laminé sont d'un bon usage dans les pays du Nord. Le fcrblanc dont on recouvre les dômes et clochers, en Prusse et en Pologne, y conserve son éclat primitif, tandis que dans nos climats, cet éclat se perd très-promptement : cela lient à l’état de notre atmosphère, qui , trop chargée d’eau , oxide le fer en très-peu de temps , malgré les peintures dont on l’enduit.

Les couvertures en fer cannelé, dont on fait usage en Angleterre, et qui ont servi à couvrir les docks, sont aussi trèsavantageuses ; étant seulement assujetties au Toilage cl aux pannes du comble, elles dispensent de l'emploi des chevrons.

La charpente d'une toiture varie en force et en inclinaison.

suivant la nature des matériaux qui la recouvrent; ainsi, les tuiles pesant de 75 à 90 kilogrammes le mètre carré , tandis que les ardoises ne présentent qu’un poids de 17 à 20 pour la même surface , il est évident que la charpente devra être plus solide pour les tuiles que pour l’ardoise ; de plus, les tuiles se joignant avec moins de précision que les ardoises (nous en exceptons toutefois les tuiles de MM. Dclanglc et Josson), les versants du toit devront être plus inclinés ; cette circonstance augmente l’étendue de la surface à couvrir , et exige des bois plus longs et plus gros. C’est pour ce motif que, malgré le prix élevé des ardoises , la couverture avec cette espèce de matériaux ne coûte guère plus cher que la couverture en tuiles. Cependant, si l'on fait entrer en ligne de compte tout ce qui compose la couverture d’un bâtiment, on trouve approximativement qu’une toiture, coûtant 2,000 fr. en ardoises, ne reviendrait pas à plus de 1,800 fr. en tuiles.

L’entretien des toitures en ardoises est aussi plus dispendieux que celui des tuiles; cet entretien est de 4 à 5 pour les tuiles, et de 6 à 8 pour les ardoises. Indépendamment des réparations annuelles, il faut compter encore les grosses' réparations ; or, la couverture d'un bâtiment doit être renouvelée tous les 25 ou 50 ans, sauf la grosse charpente.

L’emploi du zinc pour couvrir les bâtiments a pris depuis quelques années un grand essor. Il devait en être ainsi , car après les premiers tâtonnements, on est arrivé à faire des toitures imperméables et d’une longue durée. — Ce métal, qui est à l’abri de l’oxidalion , et qui peut obéir â la dilatation produite par les variations atmosphériques les plus prononcées, finira par devenir d’un usage général. Quand on lui donne une épaisseur convenable , sa durée peut être indéfinie, et son prix n’est pas plus élevé que celui d’une toiture recouverte en ardoises.

La toiture en zinc présente donc réunis les avantages qu’on a toujours recherchés, savoir : la durée, le bon marché et un entretien peu coûteux.

L’expérience a justifié la préférence que l’on accorde au

nouveau mêlai sur ceux qu'on employait précédemment. Le zinc a l'avantage sur le plomb d’être, à épaisseur égale, quatre fois plus résistant que lui, et de peser une fois et demie moins. Cette dernière qualité le rend surtout précieux pour les combles, puisque, pour une égale résistance, le zinc ne doit avoir que le quart de l’épaisseur du plomb, et qu’il charge six fois moins la charpente. Il pèse aussi moins que l’ardoise et la panne. Il résulte de là qu’on peut sans inconvénient donner, à un toit couvert de feuilles de zinc, une inclinaison beaucoup moindre que celle que nécessite un toit couvert en ardoises ou en tuiles; de là, économie notable quant à la surface du toit, puisque le comble étant moins incliné, il n’a pas besoin de présenter un aussi grand développement pour couvrir un même espace horizontal. Ainsi, pour un bâtiment couvert en tuiles, et ayant 10 mètres de long sur 10 mètres de large, la longueur du rampant du toit sera de 7™ 75, sa hauteur de 5™ 93, mesurée verticalement, et la surface totale de la couverture de 155 mètres carrés.

Pour un toit incliné convenablement , et qui doit être recouvert en ardoises, le rampant du toit sera de 7m 10, sa hauteur verticale de 5 mètres, et sa surface de 142 mètres.

Mais dans des conditions défavorables pour la durée et l’entretien, son rampant ne sera plus que de 5” 80, sa hauteur verticale de 2m 92, et sa surface de I IG mètres.

Le zinc recouvrant la couverture d’une habitation ne doit avoir qu’une pente de 0m 20 par mètre. Ainsi, dans l’exemple précédent, et en suivant les mêmes données, la surface à couvrir ne sera plus que de 104™ 60 carrés. Il y a donc une économie de 50m 40 pour la toiture en tuiles, et de 37™ 40 pour un toit en ardoises convenablement établi.

Les terrasses et les hangars se contenteront d’une aire ou charpente ayant une pente de 0” 09 par mètre, ce qui donnera, pour le même périmètre que précédemment, une surface à couvrir de 102 mètres carrés. Conséquemment les pièces de bois seront moins longues, d’un moindre équarrissage, et elles auront à supporter un poids bien inférieur à celui des ardoises ou des tuiles.

H y aura aussi économie de maçonnerie , car les murs de pignon et les souches de cheminées seront moins élevés; tous les murs, en général, ayant moins de poids à supporter, présenteront la même résistance et la même durée, avec une épaisseur moindre.

Les frais de premier établissement , pur mètre carré , des toitures en ardoises, en plomb, en cuivre et en zinc, sont dans le rapport de 16 fr. 91 c. dans le premier cas, 34 fr. 49 c. dans le second, 25 fr. 70 c. dans le troisième, et de 1 2 fr. 16 c. dans le dernier; et si Ton compare la dépense qui en sera résultée au bout de cent années, on trouve que cette dépense est de 27 fr. 90 e. pour l’ardoise, de 45 fr. 35 c. pour le plomb, de 34 fr. 74 c. pour le cuivre, et seulement de 18 fr. 01 c. pour le zinc. Comme on le voit, la supériorité du zinc résulte surtout du peu d'entretien qu'il demande lorsqu'il est bien établi, et cela pour une durée de 20 ou 30 ans, tandis que souvent l’entretien de l'ardoise ou de la tuile, dans le meme laps de temps, a doublé le prix primitif de la toiture.

Le zinc n’a pas le grave inconvénient que présentent le cuivre et le plomb, de communiquer une propriété nuisible aux eaux pluviales, laquelle propriété se produit par la solubilité des oxides qui se forment à la surface de ces métaux, tandis que le sous-oxide qui se forme sur le zinc est complètement insoluble; aussi reste-t-il sur la feuille, et y déposet-il une croûte mince d’un gris noirâtre , qui tourne au gris clair par la dessiccation. Il est donc superflu de couvrir le zinc d'une couche de peinture, et l’on peut sans aucun danger se servir des eaux qui ont passé sur un toit couvert de ce métal.

Le zinc entre en fusion bien avant qu’il ait atteint le degré de température nécessaire à son inflammation. Il n’y a donc pas à craindre que le zinc qui recouvre un bâtiment puisse propager un incendie dans les bâtiments voisins. Le peu d'inclinaison des combles permet d’y marcher, d’y courir, ce qui est d’une immense ressource en cas de sinistre.

Le zinc est dilatable comme tous les métaux. S'il est as-

sujctli de toutes parts , il se bossellera ou se déchirera ; si, au contraire, il est à dilatation' libre, ees effets ne pourront avoir lieu. Il ne faut pas s’exagérer la puissance de celle dilatation; car une bande de zinc de 12 mètres de longueur, ne s’allongera que de 0m 017 sous un accroissement de température de 50° centigrades , ce qui est pour nos climats la limite des variations atmosphériques.

Le plomb est tellement mou et lourd, qu’il ne peut glisser sur le plancher qui lui sert de volige. Lorsqu’il se. dilate, des plis prononcés se manifestent à sa surface, et chaque variation de température imprime à l’angle un mouvement de charnière qui détermine promptement la rupture.

Il faut avoir soin, en employant le zinc, de ne pas le mettre en contact avec du fer qui serait exposé à l’humidité, parce que l’action galvanique qui résulte du contact de ces deux métaux devient une cause de prompte destruction pour le zinc, qui, étant doué d’une électricité positive, par rapport à tous les autres métaux, attire l’oxigène de l’eau, et s’oxide promptement dans toutes scs parties.

La toiture en zinc doit être posée sur voliges en sapin ou bois blanc, et non sur voliges en chêne; car l’eau de condensation qui, dans les changements de température, vient s’appliquer à la face interne de la couverture, dissout les sels tanniques contenus dans le bois de chêne, et acquiert par là une action corrosive qui attaque rapidement les feuilles de zinc.

Dans les constructions où l’on veut employer la charpente en fer et éviter le bois, on peut se servir de feuilles ondulées ou gauffrées dans leur longueur. Celle opération leur donne une raideur telle, qu'il suffit de les poser sur des tringles en fer formant des parallélogrammes de 0m 50 sur 0” 50. On peut aussi poser celte toiture sur un treillage en fil de fer, qui tient lieu de volige.

Les logements situés immédiatement sous la couverture en zinc, sc ressentent de la chaleur et du grand froid que transmettent facilement les toitures métalliques; il faut, pour remédier à cet inconvénient, remplir de matières légères et mau-

vaises conductrices, telles que copeaux, sciure de bois, mousse, vieux tan, etc., l’espace laissé libre entre le plafond et la volige par l’épaisseur des chevrons.

Une dernière précaution à prendre, commune d'ailleurs à toutes les toitures, consiste à laisser circuler l’air extérieur sous les feuilles de zinc, afin que les changements de température se fassent sentir à la fois sur les deux faces du métal. De cette manière, l’humidité ne viendra pas se condenser sur le métal , pour retomber ensuite sur les charpentes et dans les magasins. C'est aussi une sage précaution que d’établir des chatières ou ventilateurs, qui facilitent la circulation de l’air sous la toiture et empêchent la pourriture des bois.

Résumé. — Puisque les toitures métalliques réunissent toutes les qualités qui constituent une bonne couverture, on est naturellement porté à se demander pourquoi elles ne sont pas d’un usage plus répandu dans les villes et dans les bourgs. Nous disons dans les villes et dans les bourgs, parce que pour les habitations de campagne, nous préférons les belles tuiles de MM. Delangle et Josson.

Autrefois on employait fréquemment le plomb pour les terrasses, pour les chéneaux et pour les gouttières. C’est ainsi que les anciens châteaux recélaient des masses de plomb, que les démolisseurs ont depuis recherché avec aridité.

De toutes les toitures métalliques en usage aujourd'hui, la toiture en zinc est celle qui réunit le plus complètement tous les avantages désirés. L’expérience est venue démontrer que l’entretien de ce genre de toiture, à moins d’accident de force majeure, est tout-à-fait nul. Ainsi le grand théâtre de Bruxelles, couvert en zinc depuis sa création, en 1820, n’avait donné lieu à aucune réparation pendant trente-cinq années, lorsqu’un incendie est venu détruire l’édifice (1). L’administration communale s’est donc décidée naturellement à

(t) Ce que nous avons dit plus haut de la fusibilité du zinc avant son inftammation, a cté confirmé par cct incendie, auquel nous avons assisté. Le zinc ne s’est fondu que lorsque les charpentes ont été en feu, et il ne s’est enflammé que lorsqu'il a été en fusion.

employer ce mode de toilure pour le monument que l’on reconstruit. Cet exemple parle hautement en faveur des toitures métalliques.

Quant aux frais d'établissement, on conçoit qu’ils varient en raison de l’épaisseur donnée au métal; mais, dans tous les cas, ils ne s’élèveront pas au-delà de ce qu’il faudrait dépenser pour recouvrir une maison en ardoises. On pourrait même arriver à un résultat satisfaisant sans dépenser plus que pour une toiture en tuiles; mais ce serait là une de ces économies que nous ne saurions conseiller. Ainsi, à égalité de prix d’établissement, l’emploi du 2inc présente un avantage considérable, et cet avantage est la conséquence de l’entretien dispendieux des autres toitures.

La suppression du bois dans les bâtiments, la substitution du zinc aux ardoises et surtout aux tuiles ordinaires, tels sont les deux grands progrès que l'architecture moderne a réalisés. L’usage de ces deux perfectionnements est encore assez restreint, il est vrai, mais laissons faire au temps et à l’exemple, et bientôt la toiture en zinc sera la règle, et les autres toitures l’exception.

De* puits artésiens et de la eonstruetlon des puits.

L’invention de la sonde remonte à une époque très-reculée; le premier puits foré fut exécuté en France par le fontainiersondeur Hillers, près de la ville de Lillers (Pas-de-Calais).

Lorsque la sonde fut connue, le mineur s’en empara pour découvrir les richesses minérales du sol, le fontainicr pour obtenir des entrailles de la terre l’eau qui devait alimenter les populations. Mais faute de savoir, les hommes qui conduisirent les premiers travaux n’obtinrent le plus souvent que des résultats infructueux. Il était nécessaire que le génie de l’homme travaillât pour arriver à constituer une science qui permit de connaître, à l’avance, que sur tel point le succès était certain, et que sur tel autre on devait indubitablement échouer.

Cette science est la géologie ; elle n’est plus une connaissance fictive idéale, mais bien une science réelle et positive.

Les propriétaires, les agriculteurs, les manufacturiers industriels, chez qui les chaleurs de l'été niellent à sec le seul ruisseau qui alimente leurs établissements, sont appelés à retirer du sondage un immense profil, car par le sondage ils peuvent obtenir une eau abondante et intarissable. Il est certain que sans les connaissances géologiques, on pourra réussir quelquefois dans les recherches que l’on tentera ; mais, le plus souvent, on ne rencontrera que déception.

Le manque d’eau est le plus grave inconvénient que puisse éprouver un établissement rural; et si l’on est éloigné d’une fontaine, d'un ruissseau ou d'une rivière, on est exposé aux plus grandes calamités; car, outre le temps qu'il faut perdre pour aller abreuver le bétail , s’il survient un incendie , on est privé des moyens les plus actifs qui puissent en arrêter les progrès.

Pour qu’une exploitation agricole prospère, il faut de l’eau sur les lieux; il en faut, 1" pour les besoins du ménage; 2° pour les animaux domestiques ; 5° pour les arrosages du jardin, du verger et des prairies. C’est pourtant ce qui se rencontre assez rarement; et il est beaucoup de propriétaires qui n’ont jamais rien tenté pour améliorer, sous ce rapport, leur situation. Celte inaction ne peut être attribuée qu’à deux causes : à l’incertitude où ils sont de trouver de l'eau, et à la dépense que cette recherche peut leur occasionner.

Lorsqu’on voudra faire exécuter un sondage (1) pour découvrir de l’eau , il ne faudra confier ces travaux qu'à des hommes spéciaux, si l’on ne veut pas se lancer dans des dépenses infructueuses. L’homme spécial, après avoir examiné la topographie de l’endroit où il est appelé, dira positivement si un sondage peut y être tenté avec espoir de succès. L’homme ignorant pourra choisir une mauvaise place, être forcé d’abandonner son projet, tandis qu’à quelques pas de distance le praticien eût réussi.

Le sondeur ne doit donc pas être seulement un perceur

(1) On se sert pour cet objet d'une sonde, qui consiste en une Urrièrc composée de plusieurs pièces, avec laquelle on peut percer les terres et les rochers.

de trous; il lui faut une grande habitude, une longue pratique pour être à même de réparer les accidents qui peuvent se produire chaque jour. Combien de sondages en Europe sont restés à tout jamais perdus pour la science et pour l'humanité, faute d’hommes capables ! Combien de puits ont été commencés, puis abandonnés, puis repris avec succès par des ingénieurs capables!

Le puits artésien n’est autre chose que le résultat de la recherche, faite au moyen de la sonde, d’une nappe d’eau dont le réservoir a assez d’élévation pour lui permettre de remonter naturellement à la surface de la terre.

Lorsque les eaux rencontrées par la sonde se maintiennent en contre-bas du sol, cela prouve que l’endroit où l’on exécute le forage est plus haut que le niveau de départ de la nappe rencontrée. Ces eaux sont dites ascendantes. Lorsqu'au contraire les eaux s’élèvent au-dessus de la surface du sol, le forage a été exécuté en contre-bas du niveau , point de départ de la nappe. Ces eaux sont dites alors eaux jaillissantes.

Avant de commencer un sondage, il faut avoir fait une reconnaissance du pays , et s'ètrc rendu un compte exact des localités ; il faut connaître le niveau, la distance, et des rivières et des vallées avoisinantes. On devra aussi observer l'inclinaison des couches. Muni de ccs données, l'ingénieur pourra déterminer approximativement la profondeur du puits et son rendement.

Règle générale. — Les recherches doivent être tentées seulement dans les terrains de formation nouvelle, et non dans les terrains primitifs.

L’analyse des terrains où le succès s’obtient le plus fréquemment, les a divisés en quatre groupes principaux, qui sont, par ordre ascendant : 1° les terrains de transition; 2° les ten'ains secondaires; 3° les terrains tertiaires; 4° les terrains d’alluvion. Chacun de ces groupes a été subdivisé; nous allons seulement en donner la description.

Les terrains de transition, ou intermédiaires, se subdivi-

sent en trois groupes : 1° le groupe inférieur; 2° le groupe moyen; 3° le groupe supérieur. Le groupe inférieur se compose de roches schisteuses , de schistes argileux de diverses natures; on n’y rencontre aucun fossile. — Le groupe moyen se compose, à sa base, de grès lustrés cristallins, puis de schistes plus ou moins durs et fusibles, principalement de la variété connue sous le nom d'ardoise. Ce terrain est riche en fossiles. — Le groupe supérieur est composé principalement de grès rougeâtre; sa puissance, dans certains endroits, va jusqu’à 230 à 300 mètres, et il contient plusieurs espèces de poissons fossiles très-remarquables.

Terrains secondaires. — Les nombreux vestiges d’animaux et de végétaux qui se trouvent dans les terrains secondaires , en font le principal caractère. Ici on ne trouve plus ces roches composées d’éléments variés, combinés suivant les lois de Yaffinité; on remarque beaucoup plus d’uniformité ; les superpositions sont évidentes. Les âges relatifs sont incontestables, et, en général, déterminés par tel ou tel fossile qui leur est propre, et qui sert à spécifier les masses prises isolément loin de leur gisement.

Les terrains secondaires se composent : 1° de grès qui comprennent trois formations : les grès de houillière, auxquels appartiennent les terrains houilliers, les grès bigarrés argileux, et les grès quarteux; 2° des calcaires secondaires, également divisés en trois époques de formation; 3° des gypses secondaires.

Terrains tertiaires. — Ceux qui sont formés de matières provenant de la dissolution des terrains antérieurs, sont généralement composés : 1° d’argile plastique avec sable; 2° de calcaires grossiers, de calcaires marins à écrites, avec sable et grès ; 3° de calcaires siliceux; 4" du gypse et de ses marnes; 5° de marnes; 6° de sable et de grès; 7° de calcaires d'eau douce et pierre meulière.

Les différentes formations de terrains tertiaires ne se trouvent pas également répandues partout; elles mauquent souvent dans certaines parties, pour se présenter en masse plus

épaisse dans d’autres, mais toujours avec les mêmes caractères.

Terrains d'alluvion. — Ces terrains se divisent en terrains de transport de montagnes et terrains de transport de plaines. Les premiers se trouvent sur les sommets et les plateaux, où ils ne forment qu’une couche de terre végétale bien mince; les seconds sont déposés sur les flancs des montagnes et dans les vallées; ce sont en général des terres, des pierres, des sables, des graviers et des roches n’observant aucun ordre régulier de superposition. En général, les terrains de transport de plaines sont prinéipalement formés de terrains sablonneux ou argileux , de tufs calcaires et de tourbières.

C’est donc dans les terrains que vient de mentionner cette courte analyse, que se trouvent les sources souterraines qui peuvent être amenées du sol par la sonde artésienne. Nous ferons observer que la sonde devra traverser les terrains intermédiaires, puis attaquer les terrains secondaires ; c’est là seulement qu’on rencontrera les nappes jaillissantes.

Ainsi, avant de creuser un puits, il faut trouver les éléments nécessaires pour établir en toute circonstance le succès de l'entreprise.

Les montagnes sont les réservoirs principaux des eaux qui se répandent dans les vallées, et qui, suivant leur volume, prennent le nom de sources, de ruisseaux, etc. Ces eaux se rendent dans les lacs ou dans la mer, d’où clics sont constamment extraites par l’évaporation, pour retourner ensuite vers leurs réservoirs primitifs sous la forme de pluie ou de neige. En tombant cl en coulant sur les plateaux qui couronnent les montagnes, et sur les montagnes elles-mêmes, l’eau y rencontre soit des couches imperméables , comme le sont celles qui constituent les terrains argileux (dont le schiste ou aguesse est le type), soit des roches perméables ou des roches fissurées , comme le sont , parmi les uns , les marnes et les sables, et, parmi les autres, le calcaire anthraxifère des bords de certains fleuves et rivières. Les pre-

mièrcs retiennent les eaux ; les secondes leur permettent de s’infiltrer dans l’intérieur de la terre, pour ne reparaitre qu’à de grandes distances. — On comprend que si l’on a des chances presque certaines de trouver des sources dans les premières, il n’en est aucune d’en rencontrer dans les secondes. Ces sources apparaissent dans les vallées ou sur les coteaux, à des expositions solaires à peu près constantes, du moins dans les montagnes stratifiées. Lorsqu’un de leurs côtés présente une source visible, celui qui est placé à l'exposition solaire opposée est ordinairement privé d’eau, et les sources sont à des niveaux jilus ou moins élevés, suivant l’inclinaison naturelle plus ou moins grande des couches de roche qui leur servent de lit; en sorte que lorsque l’inclinaison est assez forte pour se prolonger au-dessous du niveau du vallon inférieur, les sources que la montagne peut contenir restent cachées.

Il résulte de ces observations : 1° que si l’on creuse un puits dans un vallon ou sur un emplacement dominé par des hauteurs voisines , et que si l’on fouille à une profondeur suffisante, on est à peu près sûr d’y rencontrer une source; 2° que lorsque l’emplacement est éloigné des hauteurs dominantes, ou sur un tertre isolé, on ne doit point y trouver de source, sinon à une grande profondeur; 5" qu’en creusant un puits sur le penchant d'une montagne où il y a des sources visibles, on est sùr d’y trouver de l’eau; 4° que si le penchant sur lequel on veut s’établir n’offre point de sources visibles, et qu’elles soient apparentes du côté opposé, on ne pourra y trouver l’eau qu’à une grande profondeur.

Le succès de la construction d’un puits étant ainsi assuré, il ne s’agit que de trouver les moyens de reconnailrc en toutes circonstances la profondeur qu'il faut lui donner, afin de pouvoir évaluer à l’avance les frais de sa construction.

Pour creuser un puits, on fait dans les cas ordinaires un trou circulaire, que l’on approfondit jusqu’à ce qu'on ait trouvé l’eau. On établit au fond du trou un rouet en bois dur, sur lequel on élève la maçonnerie du puits. Mais lorsque le terrain n’a pas la consistance suffisante, ou qu’il faut tra-

verser des couches de sable humide , il est de la plus haute importance de cercler le puits, au moyen de claies ou châssis en bois, à mesure que l’excavation continue ; sans cette précaution, on exposerait aux plus grands malheurs les ouvriers qui y travaillent. Souvent les accidents suivis de mort arrivent par suite du peu de précautions que l'on a pris.

La première eau que l’on trouve en construisant un puits est sauvage et bourbeuse ; elle ne peut servir aux besoins domestiques ; il faut donc continuer le creusement jusqu’à ce qu’on arrive à une source d’eau vive. Alors il faut prendre les plus grandes précautions pour que la masse de maçonnerie qui est appuyée sur le rouet descende bien d’aplomb , et que le puits ne prenne pas une direction qui dévierait de la ligne verticale.

Un puits doit être éloigné des écuries , des hangars à fumier, et généralement de tout ce qui pourrait vicier l’eau. Cependant, comme l’éloignement du puits des écuries et étables nuirait à la promptitude du service, on peut établir un puits même dans une basse-cour, en ayant soin de le placer au-dessus du niveau naturel des fumiers. Les eaux des puits sont naturellement dures, indigestes, et ne désaltèrent qu'imparfaitemeut. Elles ne valent rien pour la cuisson des légumes, ce que l’on doit attribuer au peu d'oxigène qu’elles contiennent. Par ces différents motifs, pour que ces eaux soient profitables, il est important qu’elles soient puisées quelques heures avant d’ètre employées aux differents usages de l’exploitation.

Lorsque l'eau des puits est saumâtre et désagréable à boire , on peut l’améliorer en jetant dans le puits quelques poignées de sel, ou en la faisant filtrer à travers du sable ou du charbon pulvérisé que l'on dépose au fond du puits après l’avoir préalablement nettoyé. On peut aussi , lorsque l’eau a contracté un goût désagréable, la faire filtrer dans un réservoir en bois, au travers de certaines pierres sablonneuses et de charbon pilé. Ces réservoirs peuvent se placer dans les habitations, dans les cuisines, dans les souter-

rains, elc. Nous renvoyons nos lecteurs, pour puis amples détails, aux pages 51 et 32.

L’eau d’un puits, si l’on en extrait chaque jour une certaine quantité, est infiniment plus claire et de meilleur goût que celle qui y a séjourné longtemps. Les puits doivent être construits dans la saison où les eaux sont basses ; il convient de les nettoyer de temps en temps, et d’en retirer les matières étrangères qui peuvent y être amenées par l’infiltration des eaux.

Description de la planehe I.XXI.

Cette habitation, composée de trois chambres, peut servir de demeure à un homme marié ayant des enfants, ou à un ouvrier ayant une profession qu'il peut exercer chez lui.

Le périmètre qu’occupe cette habitation est de 49 mètres carrés, pris à l’extérieur des murs. Elle contient un porche 1 , auquel on arrive par l’escalier qui se trouve placé dans le talus de la terrasse sur laquelle la maison est bâtie. Ce porche 1 donne entrée à la cuisine ou pièce commune 2, et à la chambre 5. Un cabinet 4 est adossé à ccttc dernière pièce et peut servir de chambre à coucher pour les enfants, dans le cas où la chambre 5 servirait de chambre à coucher pour l'homme et sa femme.

Dans notre plan, la chambre 5 sert d'atelier ; si celte disposition venait à être changée, la fenêtre qui donne du côté du pignon serait fermée en maçonnerie , de façon qu'intérieurement elle figurât avec la fenêtre du cabinet. On placerait le lit en cet endroit, et la chambre serait encore suffît samment éclairée par la fenêtre ouverte dans la façade.

Le cabinet 4, dans le cas où la chambre 5 servirait d'atelier, ne pouvant contenir deux lits, on changerait alors la disposition du plan ; on placerait un lit dans la pièce 2, on supprimerait l'armoire qui sépare celle-ci du cabinet, et l’on percerait en cet endroit une porte figurant avec celle qui se trouve â gauche de la cheminée. Cette disposition est nécessaire, car la chambre des parents doit nécessairement com-

muniqucr avec celle des enfants, surtout si ces derniers sont en bas âge.

Afin de concentrer la chaleur et de n’avoir qu’un seul corps de cheminée à l'extérieur du toit, nous avons adossé les foyers l’un contre l’autre. Dans la cuisine , on a ménagé à côté de la cheminée une grande armoire qui sert de remise pour les ustensiles du ménage. Nous avons pratique quelques enfoncements dans les murs, afin d’y établir des armoires assez profondes, sans perdre de la place et sans gêner la circulation.

La disposition de ce plan nous semble convenable ; chaque chambre a les proportions qu’exige une habitation de ce genre.

Les murs de cette habitation peuvent être en briques, en pierres ou en pisé. Si l’on adopte ce dernier système , on enduira les murs d’un crépi à la chaux, ce qui empêchera toute dégradation de se produire à la surface. Le porche peut rester ouvert si l'habitation est précédée d’un petit jardin ; dans le cas contraire, il sera fermé au moyen d’une double porte pleine avec abat-jour au-dessus de l’imposte.

Le porche, les pilastres formant chaîne d’angle, et le couronnement des fenêtres sont en briques , et les joints blanchis à la chaux afin de les faire mieux ressortir.

Notre construction ne se compose que d’un simple rezde-ehaussée, mais on peut utiliser le dessous du comble en le faisant servir de grenier. Pour y arriver, il faudrait ménager à l’intérieur du porche et dans le plafond une ouverture que l’on fermerait par une trappe. On se servirait pour cela d’une échelle qui resterait attachée à un des trumeaux intérieurs du porche.

La partie supérieure de l’avant-corps fait saillie sur le nu du mur de 0m 30 ; une découpure en planches la surmonte, et la couverture de ce cottage est en tuiles de diverses couleurs , ce qui donne à l’ensemble un aspect riant et pittoresque.

Bm réMMolr* * cngrnlM cl dr In construction de» citernes A purin.

L'intérêt que présente tout ce qui tend à améliorer et à accroilrc la production des denrées alimentaires nous engage à faire connaître à nos lecteurs une innovation qui est appelée à venir puissamment en aide aux agriculteurs: elle est due à M. Dupont, médecin-vétérinaire à Tournay (Belgique). Voici comment il s'exprime à cet égard :

« Au moment où le gouvernement s'applique à rechercher tous les moyens propres à favoriser les intérêts de l'agriculture, et à amener par conséquent tout le développement dont est encore susceptible la première de toutes nos industries, ce manque d’engrais , ou tout au moins le prix élevé auquel les cultivateurs doivent en faire l’acquisition, est encore une des causes principales qui forment obstacle à ce que la terre donne annuellement ce qu'elle pourrait produire , si les matières fertilisantes ne lui faisaient presque toujours défaut. Il semble donc rationnel d'adopter toutes les mesures propres à faciliter les moyens de recueillir les engrais, dont le besoin se fait sentir partout : je veux parler des résidus des urinoirs publics, résidus qui s’écoulent aujourd’hui dans les égouts.

» Pour obtenir ce résultat, il est indispensable de construire des citernes sur les principaux points de la ville; ces citernes seraient inodores, et leur vidange s’opérerait à l’aide d’une pompe aspirante, sans nuire le moins du monde à la salubrité des rues de la ville.

» Ce genre d’engrais , l’expérience l'a depuis longtemps constaté, est des plus fertilisants, et l’on ne peut révoquer en doute que sa vente, après un certain laps de temps, couvrirait l'intégralité de la dépense occasionnée par la construction des citernes inodores.

» Nous donnons ci-joint le devis estimatif de la dépense» faire pour la construction d’une citerne de la contenance de dix hectolitres :

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