BOULEVARD RASPAIL
BIBUO
S'il voué plauiad d'être mon amante, Noiu partirions pour Pont~Saint-Esprd Oii je eonnaij une heure charmante.
Le chèvrefeuil grimpant la fleurit Et le roéier avec la glycine.
Une fontaine en pleurant sourit.
Dans cette eau claire un figuier dessine Quelque*) rameaux chargés de fruits mûrs Et sainement baigne sa racine.
A on loin, le Rhône aux remous obscurs I . cbe la roche, élude les digues l.l de la tour asperge /<•-• murs.
Je cueillerai*) des fteurs et des figue**: 1.1 non.' irions, ,>'a/i,> croire au danger. Jouer (•//,'< -////'A- aux gens <//// naviguent.
Nous choisirions un bateau léger;
Aiaio, n ayant pas telle expérience Qn il sied d'avoir pour le diriger,
Nous laisserions, sur le flot qui danse, Jj'esquij sans voile et sans aviron .S,- gouverner a sa convenance
l ers Roauemaure et vers Avignon.
A cheval.
Si vous n aimez pas dériver sur le fleuve , Je puis vous offrir une course à cheval. Sous l'ombrage souple, en côtoyant le val, Je sais le ebetnin ijui mené à Villeneuve.
Noué traverserons la Cèze au joli trot Devant Piboulette et devant Caderousse.
L'étalon eut blanc et la jument est rousse, Parfois, au soleil, s'enfuit un lapereau.
io LES POETES FRANÇAIS.
La roule zigzague, cl nos bêtes vont lambic Dans l'air capiteux cl chaud comme l amour, Nous ne dirons pas la majesté du four
Ni noire bonheur de l'admirer ensemble.
Par ici, l'Arabe a longtemps régenté:
lu L/nain) nous serons sortis du breuil sonore Etincelleront les mars de Roauemaure Saturés de sang, braies de volupté.
La, dans une salle où sur le lalh de frêne La jeune sultane a chaule ses langueurs, Soa.< le dais de pourpre, attend les voyageur*
l ' n lit parfumé de sauge cl de caséine.
Ro
quemaure.
Nous n'avons pas défait le lit de Rocjuemaure : Trop noble était l'instant, trop précieux et beau. Le couchant répandait des caresses d'aurore Sur des silences de tombeau.
Lie long des seuils de ce village millénaire, Le souffle vespéral du magnifique été Apportait du Ventoux une odeur salutaire D'orgueilleuse pudicité.
.////<'///• du coL '/;//'/<■/• /'/<•// (^///,» /<• ciel bleuâtre J 'oletaient dcj oiseaux qui //<>//<* semblaient d azur Je sentait votre cauir soudain farouche battre Près du mien subitement pur.
A peine votre main se posa sur mes lèvres; Et tandis ijuc, rompant le charme virginal, Commençaient de rentrer les bouc* avec les chèvres Ni>u,< remontâmes à cheval.
eneuve.
ha nuit tomba, la nuit sans Inné, sans étoiles,
Sans aucune clarté, JUaiâ gardant sous les plis tragiques de ses coites
L'ardeur du jour d'été.
Aîcnie elle ai'ait, Je crois, plus de chaleur profonde
Que n 'en avait le Jour.
On devinait au au cœur des ténèbres du monde
Bouillait un sombre amour.
Nouo étions arrivés pensifs à Villeneuve :
Et le silence obscur Etait comme bercé par le soupir du fleuve
Glissant contre le mur.
Je ne pouvais rien coir dans cette chambre agreste
Oa d'un soufffe pieux f olrc bouche éteignit une lampe immodeste :
Rien, pas même vos yeux.
Nous a avons prononcé nulle phrase subtile,
Nul.' serments turbulente:
l'A, muets, nouo etiono parmi l'ombre immobile Deux cadavres brûlante.
Quel,' Jurent nos baisers ? J rous m 'aimez. Je vous aime
I oui le reste est secret.
La nuit ne dira pas, l'ignorant elle-même,
Ce (/ne nous avons fait.
e ruban.
Vous devez aller veré la nier splendide
Quand je dois revoir le bel Avignon.
Que Vénus me garde et qu'elle voué guide !
Là-bas, sono l'ardent signe du Lion, Débarquent /' Hindoue et la Javanaise Et, rasant les eaux, vole laleyon.
A la Ciotat vous serez bien aide.
Vous odorerez l'oranger niçois,
Et vous rêverez près du palmier d'Eze.
/ oud y rêverez de ce que je r/\u,<,
De ce qui s'éprouve et paà ne s'explique,
l) une volupté qui u a nulle voix.
Il par un soir chaud et mélancolique, l otre cœur bientôt rejoindra mon cœur : En voué j'ai scellé du ruban magique
I ta .'•<'/•/<■ a amour <//// jamais ne meurt.
Avi
non.
// suffira qu'ici je t'évoque,
Nuit d'Avignon quej^énus parfume,
Pour qu'aussitôt en moi se rallume L'astre dansant de la belle époque.
Dès que du haut des Doms catholiques, Led yeux baissés devers Villeneuve, Je reverrai miroiter le fleuve, ALon cœur battra de désird physiques.
Avec l'accu de la tour des Anges
Et sous le-.' pieds de C immense Vierge^
Je descendrai sur l'auguste berge
Ou n ancrent pas les bateaux étranges.
Parmi ton cal/tir en qui se nuancent La majesté des hymnes papales Et la douceur ('es voix provençales,
Palpiteront les anciens silences.
Dôme d azur .<tellc d'émcraudes,
Ion firmament est reste le même.
Ce i/ui de toi me plaisait, je l'aime, A//// d'Avignon aux courtines chaudes.
Ce qui de toi me charmait m enivre.
Comme autrefois ton haleine insente La clarté grave et l'ombre émouvante Par i/ui mou rêve a voulu revivre.
FERNAND MAZADE. ig
Et devinant que je la rappelle Du elod de myrte ou l'amour flamboie S élancera veré ma jeune joie Laid antique et toujours nouvelle.
JLcs Cl
eux roses.
Je croyait qu'à toujours étaient closes le* porte* Sur les dernière* fleurs de mon rêve orgueilleux. San* prévoir que ver* moi se Lèveraient te* yeux, Je pensai* n aimer plus déformai* que le* mortes.
.Je sasais que l'oiseau de* brumes a chanté Et que nous approchon* de la fin de l'automne ; .liais, dan* le beau parterre ou le rosier s'étonne, la ebarmante senne a ramené l'été,