FERNAND MAZADE
Quand aux pages d'autan j'ai rouvert le vieux livre, Tes doigté se sont posés doucement sur mes doigt s. Alors nous avons lu tous deux à demi-voix : Et je me sens heureux de t' aimer et de vivre.
Derrière lej cyprès, le soleil s'est éteint ; /fiais les ombres du soir ne sont jamais complètes : Je vois briller ensemble aux clartés des planète o La rose de ta bouche et celle du jardin.
Arl
es.
77 regnt aux Alyscampé un parfum de flaira lourd Sons ijnoi Ion cœur et mon cœur penchent.
L 'ette heure est émouvante on les urnes ou jour An seuil de l'occident s'épanche ni.
/ 01. < se posa sur Veau ou Rhône et sur ses bordé
De.< ombre* de barques et d'arbres.
Nous respirons un air où la poudre des morte
Se mêle a la cendre de* marbre*.
Arrête-toi. Ce,< mort*, mon amie, oui laissé Dan,' /<•,< tombeaux <•'// jardin d'Arles
Des v'oux qui, conservant l'accent du temps passé, /Montent sous nos pieds et nous parlent.
Au vent du
soir.
Vouj qui venez de L'île de neige, Preddant Le vol ded o idéaux de mer, Qu an nonce z-voud au feuillage amer Du tamarid et du chêne-Uege ?
0 vent gonflé d'audace et de bruit, Voud voud flattez du double prodige De culbuter le rouge quadrige Et d'amener le char de la nuit.
/ ous vous flattez davantage encore, l rent aiguisé sur le golfe bleu, Quand vous croyez éteindre le jeu
Qui m'e jouit et qui me dévore.
f ent dont l'orgueil assaille lu tour, Dites plutôt qu'en donnant lu chasse . lu lourd nuage, u la bruine lasse, vous prolongez les instant* du jour,
Et qu'en soufflant, vent du crépuscule, Sur mes désiré, comme vous feriez Sur des réchauds et sur des brasiers, l ou,< activez l'amour qui me brûle.
oaint~\^h
amas.
Bordant l'étang sacré, le j figuiers lourds de figue v Relui je/it e/ieor sous l'embrun.
Un air chaud continue a porter le parfum Ded fleurs salines des jfîartigues.
Assise sur un tertre ou s'endort peu à peu L'hosanna rauque des cigales,
Vous contemplez le ciel ou d'obscures vestales Veillent devant un astre bleu.
Aion amie, à vos pieds une chèvre se couche Qui voilà choisit comme bayer ;
Et par instante la phalène vient volticjei Dans l haleine de votre bouche.
De l'ile de roseaux à la lande de buis, De la calanque à la terrasse,
Votre pays jamais n'a montré tant de grâce A l heure ou vont naître les nuits.
Aiaio ce ifu ont de plus grand, de plus beau, de plut terû
Le site et l'automne et le soir, Ce sont votre regard capable Je les voir
Et votre âme de leo comprendre.
1 ombe provençale.
Heureux celui qui, le cœur zélé, L'âme naïve et la lèvre fraîche, Frappé soudain de l'ardente flèche, yfïeurt où l'amour l'avait appelé.
Sur le jardin léger de sa tombe Se marîra le myrte au cédrat.
Une fontaine y murmurera Oii voud verrez boire la colombe.
Léàf se gardant Je faire du bruit, D' antiques dieux, d'anciennes déesses Evoqueront de nobles caresses é / la faveur de la douce nuit.
Et du rivage cl <K- la colline Le beau pécheur, le joli pastour r tendront à l'heure où moule le jour Dire le mal t/iu les illumine.
-Le jugement.
Le soir que le vrai Dieu dénombrera te<t crimes Et te demandera ce que tu fis de bien, 11 se peut que ta voix ne lui réponde rien, Tant tu seras ému dans ces instante sublimes.
Il te faudra pourtant te défendre, ô pêcheur,
Si tu veux éviter la sentence sévère.
Alors, après avoir écarté ton suaire,
Tu prendras dans tes mains et montreras ton cœur :
Ton cœur de fou, ton cœur d' orgueilleux et de faune, Qui brilla chaque nuit, qui saigna chaque jour, Ton cœur qui sut tous les supplices de l'amour : Et le vrai Dieu, je crois, dira qu'il te pardonne.