‹ L'ardente chevauchéeChapitre 21 sur 24 · LES VILLAGES · texte numérisé non relu

LES VILLAGES

Comme des reposoirs autour des grandes villes, Silencieux ainsi que des yeux de sommeil, Tristes dans leur bonheur et gris dans leur soleil, Les villages pareils à de petites îles

Sur les routes font signe à l'horizon des pas. Ils sont Itîs exilés qui penchent leur visage Sur la plaine, qui n'a qu'un peuple de mirages, Pour regarder venir ceux qui ne viendront pas.

Ils n'ont connu depuis lage de leurs années Que les seuls messagers qai partent au matin.. Ils gardent, dédaigneux, l'ennui de leur destin Et vieillissent encor leur jeunesse fanée.

Ils portent les noms clairs, harmonieux et doux Des rivières sans but et des vignes prochaines, Ils sont les calendriers éternels des semaines Aux chemineaux qui les regardent d'un air fou.

Leur accueil est semblable et leurs mai sons jumelles, Ils ont le même puits, le même s- eau descend. .. lis ont le même mail et les mêmes passants, Le même arbre, la même place vide et belle.

Ils ont d'anciens patois languissants et distraits Qui paraissent couverts de temps et de poussière ; Leur même étroit clocher dit la même prière Et leur même dimanche a les mêmes attraits.

Le même soir unit leurs mêmes habitudes,

Les mêmes cabarets ont les mêmes lueurs,

Et leurs mêmes grands lits sous les rideaux à fleurs

Recèlent le repos des mêmes lassitudes.

Ils ont les mêmes morts et les mêmes chevets Le même buis pieux ruisselant d'eau bénite; Et le même chemin des âmes qui les quittent Conduit au même ciel que celles-ci rêvaient.

A STACIA NAPIERKOWSKA

Tu danses ! Et ton corps vibrant, que tu découvres,

S'exile dans un grand tumulte de clartés :

Le jour, comme un amant, étreint ta nudité

Et tes voiles ne sont que des ailes qui s'ouvrent.

Tu danses ! Ton ivresse illumine tes yeux ! Le fracas onduleuxde tes bras t'enguirlande Et le ciel affolé que ta bouche quémande S'écrase comme un fruit sur ton vol anxieux.

Tu danses ! Les matins crispenl leurs ongles roses Kt viennent te jeter, pour t'en faire mourir, Les copeaux éclatant.- de leur cœur de saphir Et la moisson volée à la moisson des roses.

Tu danses ! Ton amour, ton extase et tes cris Sont déjeunes guerriers dont les flèches avides S'enfoncent dans le flanc des aurores splendides Et ta beauté victorieuse s'en nourrit.

Mais voici qu'à ton tour dans un délire intense Tu t'abats frémissante au creux de ton ardeur ; Et voici le soleil et les matins railleurs Accourus pour piller ta jeunesse... Tu danses !

BiBLiOTHECA

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Un peu las mais heureux 7

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