‹ L'ArétinChapitre 46 sur 89 · Scène XXII · texte numérisé non relu

Scène XXII

ZOPPINO, travesti ; MESSER MACO, MAITRE ANDREA GRILLO

zoppino. — Veux-tu porter un mort au cimetière ?

maco. — Oui, car j'y suis allé. . .

zoppino. — Comme le pain n'est pas cher, vous autres marauds, vous ne voulez pas prendre de peine.

maco. — Non, je ne veux pas prendre de peine, si ce n'est avec la valise de Madone.

andrea.. — Salue ce gentilhomme, portefaix.

maco. — Vous ne me reconnaissez pas, maître ?

andrea. — Que le chancre te mange ! Qui es-tu ?

maco. — Oh, Dieu ! Je ne suis plus moi depuis que je suis déguisé dans ces habits I... Grillo, ne suis-je pas ton maître ?

crillo. — Par le corps de celui que je ne renie pas, je veux te tuer !

zoppino. — Laissez aller cet âne. Je lui en ferai porter, quand il en devrait crever. Il a été publié un ban, d'après lequel quiconque saurait découvrir, sinon prendre, certain messer Maco, venu à Rome sans passe-port, comme un espion, doit, sous peine du poumon, le livrer au gouverneur, et l'on pense que celui-ci veut le châtrer.

grillo. — Hélas I

andrea. — N'avez pas peur; car nous mettrons vos habits à ce portefaix; et le bargello, croyant que c'est messer Maco, l'arrêtera et le châtrera à votre place.

maco. — Je suis portefaix ! je suis portefaix ! Je ne suis pas messer Maco. Au secours! au secours !

zoppino. — Arrête! arrête ! A l'espion ! au traître ! Ah ! Ah! Cours-lui après, Grillo, de peur que cela ne finisse mal, ou bien que quelque banquier ne soit son parent et

nous garde ensuite de la haine. Il me semble le voir, comme une grosse chouette, au milieu des compl avec un tas de gausseurs autour de lui, lesquels se réjouissent d'une pareille farce.

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