‹ L'ArétinChapitre 47 sur 89 · MAITRE ANDREA, MESSIRE MACO · texte numérisé non relu

MAITRE ANDREA, MESSIRE MACO

andrka. — Vous avez pris la fuite, et ce n'était point nécessaire. Est-ce pour l'amour de vous, que le seigneur Parabolan©, qui nous a renvoyés au logis invisibiiium, fait faire une bravade à la napolitaine î

maco. — Le seigneur Giaraba. .. Maintenant, ditesmoi par quelle voie on vient au monde, maître ?

ANDREA. — Par un trou.

maco. — Large, ou étroit ?

andrea. — Large comme un four.

maco. — Qu'y vient-on faire?

andrea. — Y vivre.

maco. — Comment y vit-on ?

andrea. — En mangeant et en buvant.

maco. — J'y vivrai donc, parce que je mange comme un loup, et bois comme un cheval ; oui, par ma foi, j'en jure Dieu (je baise la main). Mais que fait-on quand on a vécu"?

andrea. — On meurt dans son trou, comme meurent les araignées.

maco. — Ne sommes-nous point tous fils d'aller et de ça ira ?

andrea. — Tous d'Adam et d'Eve, mon macaroni sans sel, sans fromage et sans feu !

maco. — Je pense qu'il sera bon de me faire courtisan à l'aide d'un moule ; ot je l'ai rôvé cette nuit, et puis Grillo me l'a dit.

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andrsa. — Vous parlez mieux que ne fait un cancre qui a deux bouches... Et, afin que Votre Seigneurie le sache, les bombardes mêmes, les cloches, les tours se font avec des moules.

maco. — Je croyais que les tours naissaient, comme elles sont nées à Sienne.

andrsa. — Vous vous trompiez grossièrement.

maco. — Me ferai-je bien ?

a.ndrea. — Très bien.

maco. — Pourquoi ?

ANDREA. — Parce qu'il y a moins de fatigue à faire un homme qu'à faire une bombarde... Mais, puisque vous avez trouvé un si bon expédient, dépêchons-nous.

maco — Allons ; car je veux me mettre au moule aujourd'hui, ou crever.

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