‹ L'ArétinChapitre 64 sur 89 · EN MANIÈRE DE CONSOLATION · texte numérisé non relu

EN MANIÈRE DE CONSOLATION

La fortune a beau régir les destinées des hommes de elle sorte *ue toute leur prévoyance ne saurai préva loir contre elle, néanmoins elle perd ses droits dès Z Dieu veut y mettre la main. Quiconque tombe de ri haut que Votre Sainteté doit donc se tourner vers Jésus es prières à la bouche, et non contre le Destin, en exha! IantdespUnntes.il était de toute nécessité que le vicaire de Christ, en souffrant les misères de l'heur 1 en e payât pour les fautes des autres, et la justice^ la' quel e le Gel châtie les péchés n'apparaissait 1^ ment si votre prison n'en portait témoignage ConsoS vous donc dans les angoisses où vons^.puiZe « volonté vous a placé en la puissance de C ar et aue

vin » et la clémence humaine. Si pour un prince toujours ferme, toujours prudent, toujours préparé aux inlhes du Destin, après qu'il a tout fait pour se mettre à îïbri de ses coups, c'est un honneur que de supporter rt il ment tous les malheurs que l'adversité du DesUn C guil supporte, quelle gloire sera la vôtre, si, œfnt de patient, après avoir encore surpassé ce Prince en

iaa "Lté dcern-té'eD prudence- v°us -ff-c;;

la^oloné de Dieu vous .mpose I Recueillez en vous-

de II ?trCwS7rêT »«-«■«■ *. e-minant chacune de ses facultés, sachez me dire s'il est digne d'elle de ne pas espérer monter plus haut encore qui vous n -tl monté. Ne doutez pas que Dieu ne veuille soutenir £ rehgmn de son Eglise, qu'en la soutenant H ne Tous dinge, et que, s'il vous dirige, votre chute „ ! qu apparente, non effective. Ce qui doit être effectif e^ non pas seulement apparent, c'est la manière d'agi du

LE» LETTUES 2*3

Pontife, qui doit penser au pardon et non à la vengeance ; vous n'aurez pas plutôt song-é à pardonner au lieu de vous venger que vous vous proposerez ainsi une fin convenable à la haute dignité dont vous êtes revêtu. Quelle œuvre serait plus propre à exalter au delà de toute limite le nom du Sanctissime et du Béatissime que de vaincre les haines par la piété et la perfidie par la générosité ? La meule aiguise le fer et le rend apte à couper les choses les plus dures ; de même l'adversité aiguise les cœurs généreux de telle sorte qu'ils se moquent de la Fortune ; elle eu sera pour sa courte honte, si vous ne lui rapportez pas à elle l'immensité du désastre qui vous prive de la liberté. On ne peut nier qu'elle ne vous ait assailli de toutes sortes de cruelles injures et que, par sa faute, vous n'ayez rencontré de la perfidie dans Rome même, de la fraude chez vos amis, de la faiblesse chez vos capitaines, de l'ingratitude chez ceux que vous aviez comblés de bienfaits, de la trahison chez ceux qui vous devaient fidélité, de l'envie chez les potentats ; mais, si Dieu fût resté neutre, vous auriez montré à la Fortune, par votre habileté, que c'était à elle non de co.umander, mais d'obéir. À Dieu seul, qui peut tout, tous devez tout rapporter, et, en lui rapportant tout, lui rendre grâces. L'Empereur étant le ferme appui de cette Foi dont vous êtes le père, Dieu vous a mis en son pouvoir pour que vous unissiez vos intentions avec les intentions de l'Empereur. Votre honneur ne fera que s'accroître et resplendir davantage dans l'Univers entier. Voici que le bon Gharlus, tout mansuétude, revient à vous comme il était autrefois, le voici agenouillé devant vous, avec l'humilité due à celui qui tient sur la terre la place du Christ : eu le haut rang où est César, Sa Majesté ne garde nul orgueil. Appuyez-vous donc au bras de la puissance qu'il tient d'en haut et, dirigeant la pointe de sa catholique épée sur le cœur féroce de l'Orient, tournez-le contre l'objet de votre courroux. Ainsi de la

l'auétin

déplorable situation où vous ont placé les fautes et le* pèches du Clergé, vous sortirez à votre gloire et à voire louante, emportant le prix de la patience avec laquelle a tout enduré la ferme constance de Votre Sainte'é dont je baise les pieds bien dévotement. De Venise lé dernier jour de mai mdxxvii.

AU MARQUIS DE MANTOUE

A. PROPOS D'OUVRAGES DU TITIEN, DU SANSOVINO ET DK SÉBASTIEN DEL PloMIiO

Comme je sais que Votre Excellence veut que ceux i qui elle donne la remercient en ne lui faisant pas de remerciement, je lui dirai seulement que Mazzone mon serviteur m'a rapporléJes cinquante écus et le pourpoint de drap d or que vous m'envoyez. Je vous dirai encore de vous souvenir de la promesse que vous avez faite à li tien, à 1 occasion de mon portrait, que je vous ai fait ottnr en mon nom. Je crois que messerJacopo Sansovino artiste d'un rare talent, ornera votre chambre d'une Vénus si vraie qu'elle remplit de désirs libidineux la fantaisie de quiconque la regarde. J'ai dit à Sebastiano ce peintre merveilleux,que votre souhait était qu'il vous fit quelque tableau de son invention, mais qu'il vous plairait quece ne fussentpasde ses hypocrisies habituelles, de ses clous et de ses stygmates : il m'a juré de vous peuidre quelque chose de surprenant; quand serace? voilà ceque se réserve in petto la fantasque humeur qui trop souvent bataille en la tête des gens comme lui Je le harcèlerai, taquinerai et presserai tant que j'en ai bon espoir, il en viendra à bout. En attendant Titien et moi nous vous baisons les mains. Venise le 26 d'août mdxxvii.

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