SUR UNE COPIE DU LA0C00N ET UNE STATUE DE JUP1TK
Excellent Prince,
Je vous baise les mains et, autant que je le puis, vou remercie du don, digne d'être offert à plus gran personnage que moi. Je m'en parerai pour l'amour d vous et je suis fâché que le porteur n'ait pu, à cause d quelque ornementation inachevée, vous rapporter u petit travail que j'envoie à Votre Excellence en témoi gnage de mon attachement.
J'ai fait copier en stuc le Laocoon antique du Belve dère, à peu près de la hauteur d'un bras, et au juge ment du Pape ainsi que de tous les sculpteurs de Rome on n'a jamais exécuté copie si parfaite. Celui qui Vt faite est Jacopo Sansovino ; don messer Giulio, votn. peintre (i), peut vous dire quel homme il est. 11 a pas se tout l'hiver à achever cette copie, et Notre Seigneui est souvent allé au Belvédère le voir travailler. Enfin, sous dix jours je vous l'expédie, accompagné de quelques petites autres nouveautés. Hier soir,Notre Seigneui « m'a justement dit que le tableau de Raphaël était à pet près fini de copier à Florence, et qu'aussitôt il l'enverrait à Votre Excellentissime Seigneurie.
Maître Pasquin se fait à mon nom, cette année, et il a un succès .'...Dieu réchappe tout fidèle chrétien des mauvaises langues des poètes! Pour moi, Monseigneur, tout ce que Pasquin dit, je vous l'enverrai, et, en fidèle serviteur, je me recommande à Votre Excellence. De Rome,
le 20... MDXXIV.
Je serai un misérable si je ne vous envoyai un petit sonnet. Le sujet est celui-ci. Ces jours derniers, dans la vigne de ce scélérat de Cardinal Armellino, on a trouvé
(i) Jules Romain.
an Jupiter, l'une des plus belles et des plus grandes statues qui soient à Rome. Le susdit sonnet en a pris l'occasion de naître.
SONNBT.
II y eut autrefois sept merveilles du monde, Ainsi parle messer Pline, qui fut homme docte; Mais celles qu'on a vues de nos jours sont huit, Comme le Jove (i) le met dans ses Chroniques.
La première fut que Milan se perdit, Puisque le pape Léon mourut, sans dire mot ; La suivante, le pontificat de l'ignare pédant (2) ;
La quatrième, que Rhodes se rendit ; Lorsque a porta inferi Adrien, En moins d'un an alla heurter bien fort, Cinquième allégresse de tout bon Chrétien ;
La sixième fut que la haute prudence de Clément Prononça l'inutile serment de foi catholique, Et fut élu Pape, canonique ment;
La septième n'est rien :
C'est que se fit prendre, comme par plaisanterie, Avec tous ses Paladins le roi de France ;
Mais à la balance Donne le trait cette huitième, qui va nous stupeur, Car nul ne devine ce que je vais vous dire.
Je n'entends point parler Du Sermoneta en l'art militaire, Ni du galant Alcion, qui se le fait faire;
Mais c'est à vous renverser, De penser que le divin Jupiter Se soit fait le vigneron de l'Armellino !
(i) Panl Jove.
(a) Adrien VI.
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A CLÉMENT VII