‹ L'Argent Colloidal dans les Suppurations DentairesChapitre 14 sur 15 · ADR · texte numérisé non relu

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chloracétique sous le capuchon, mais dans plusieurs cas (obs. IV, XVIII, XX, XXI) l’amélioration a été trop brusque et trop rapide pour ne pas nous permettre d’attribuer ces résultats à l’Electrargol.

Il est donc avéré que dans les ostéophlegmons, adénophlegmons, adénites géniennes, accidents de dent de sagesse, abcès périamygdaliens, l’'Electrargol s’est révélé comme un agent thérapeutique efficace.

Faisons de suite cette remarque générale : la T° après une ascension plus ou moins accentuée 6 heures environ après l'injection, tombe brusquement parfois jusqu’à la normale en s’y maintenant pendant toute la durée du traitement.

D'autre part, nos résultats de laboratoire nous ont permis d’avoir des preuves de l’entrée en jeu des organes hématopoiïétiques sous l’influence du choc déclenché par l’Electrargol.

Ainsi, après de nombreux auteurs, ACHARD et P. EF. WEIL, CLAISSE et JOLTRAIN, RIBADEAU-DUMAS, DEBRÉ, STO- DEL, etc. nous avons à notre tour, noté une hyperleucocytose polynucléaire neutrophile, Très marquée 24 h. après la 1'° injection, elle diminue les jours suivants parallèlement à l’amélioration clinique.

Cette leucocytose n’est nullement physiologique. Le travail du Pr. CABUAT, se rapportant aux variations physiologiques de la leucocytose surtout apparues entre 15 et 21 heures, ne mentionne guère que des écarts de 8.000 à 6.000 et non de 8.000 ou 23.000 leucocytes, comme nous l'avons constaté. D’ailleurs nos examens de sang étant faits le matin, nous échappons par conséquent à !a phase principale des variations physiologiques.

Outre l’hyperleucocytose, nous avons trouvé une polynucléose neutrophile avec éosinophilie. Sans doute, les suppurations de quelque ordre qu’elles soient, s’accompagnent-elles de leucocytose, mais des injections qui sont suivies de brusques augmentations de l’ordre de 8.000 ou 23.000 leucocytes, en sont très probablement des génératrices. Nous avons tenu à nous assurer du

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bien fondé de cette assertion en recherchant la leucocytose au cours des suppurations dentaires non traitées par l’Electrargol.

Nous rapportons un seul exemple qui nous semble tout-à-fait démonstratif. Au cours d’un abcès migrateur de Chompret avec évacuation très abondante de pus, l’examen du sang effectué quotidiennement à la même heure pendant 10 jours, n’a jamais révélé de leucocytose moyenne supérieure à 9000; le maximum étant 15.000 au début de l’évolution. D’ailleurs, ce fait n’a pas été mis en conteste jusqu'ici, sauf dans la thèse de LAIMRE (1906), qui reconnaît, cependant, qu'après une phase initiale de leucopénie qui dure G h. environ, la leucocytose redevient ce qu’elle était initialement et quelquefois supérieure.

Mais, s’il est vrai que nous vérifions la leucocytose polynucléaire et l’éosinophilie, nous n’avons guère trouvé de mononucléose; au contraire, nos courbes montrent l’augmentation des lymphocytes que nous n’essayons nullement d’interpréter, et des éosinophiles de ‘ 1 à 7,7 surtout à la phase terminale, remarque déjà faite récemment par À. RoBn, AcHARD et P. E. WEiLz et RIÆUX.

Quant à la leucopénie transitoire (AcHARD et P. E. WEILL), qui apparaît, suivant LAIRE, 2 heures après, nous avons modifié nos expériences en faisant des lames de sang, 1 h. 30 au lieu de 1/2 heure après l’injection. Le résultat fut concluant : 26.000 avant l'injection, 12.000, 1 h. 30 après.

Cette leucopénie transitoire est donc patente et nous pouvons affirmer l’avoir trouvée à notre tour.

En somme, à part la mononucléose que d’autres auteurs (CAILLARD, GRENET, DROUNN), ont déjà contestée, nous sommes entièrement d'accord du point de vue hématologique, avec les recherches effectuées jusqu'ici. Il nous est donc permis de conclure que nos résultats cliniques d'amélioration peuvent être dûment étayés sur nos épreuves de laboratoire, témoignant par l’hyper-

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leucocytose polynucléaire neutrophile avec ou sans leucopénie préalable, d’un processus de défense des organes hématopoïétiques déclenchés par le choc hémoclasique.

D'autre part, cette thérapeutique est inoffensive. Selon la susceptibilité du sujet, les injections peuvent être plus ou moins douloureuses. Quant au mécanisme de l’action de l'Electrargol, il a été souvent discuté. On s’accorde à reconnaître des propriétés bactéricides, antitoxiques à l’Argent colloïdal, mais c’est surtout dans l’augmentation du pouvoir phagocytaire et des opsonines du sérum que réside son rôle. LE FÈVRE, DE ARRIC WER- NER, DUHAMEL et THIEULIN corroborent ces faits expérimentaux dans leurs divers travaux communiqués à la Société de Biologie.

Ils distinguent dans la crise colloïdale une première crise hépatique. Le foie qui se charge rapidement d’Electrargol acquiert des propriétés toxolytiques énergiques; sa glycogénèse est augmentée. Il exerce secondairement une action sur le sérum (crise hématique) en augmentant ses propriétés agglutinatives et opsonisantes. Rappelons à ce sujet, les expériences semblablement démonstratives de STENBBEN (1925).

Enfin, selon Nozr et KOPACIESKY, il serait logique d'’attribuer l’action thérapeutique des colloïdes aux phénomènes de choc par contact ou choc hémoclassique décrit par Wipar, ABRAMI et BrIssAUD.

Peu importe le processus exact suivant lequel l'agent colloïdal agit. Nous sommes persuadés qu’il augmente les moyens de défense de l’organisme. Nous avons pu, cependant, faire quelques remarques qui nous ont orienté plus particulièrement vers l’hypothèse de choc colloïdo-clasique. Ce choc sans doute atténué quand on procède par injections intramusculaires est caractérisé par : l'élévation de la température, des frissons, et les modifications hématiques (hyperleucocytose).

Ces tests du choc ne se sont pas toujours réalisés d'emblée. Ils ne se produisent parfois, qu’à la 2 injec-

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tion, lorsque la dose est supérieure à la première. Nous en avons conclu qu'il existe comme un seuil qu'il faut atteindre pour déterminer le choc. De nombreux auteurs, dont CAziN, DELBET, ont déjà formulé cette remarque.

On peut donc commencer par une injection de 10 eme et si l'élévation thermique fait défaut, si l’état du malade reste stationnaire, faire une seconde injection de 15 ou 20 cmc. Avec un peu d'habitude, on arrive aisément à préciser d'emblée la dose à employer.

Nous le répétons, il faut commencer par 10 emc. pour les cas ordinaires, 20 cmc. pour les cas plus graves.

En plus de la nécessité de bien choisir la dose d’attaque, il nous a paru que pour faire rendre à cette méthode son maximum d'effet, il fallait continuer par des injections quotidiennes répétées à doses égales.

Il semble qu’il faille une ration d'entretien pour maintenir le corps sous l'influence thérapeutique de l’argent cotloïdal.

En résumé, il faut bien choisir la dose d’attaque : 10 ou 20 cmc. et continuer par des doses quotidiennes répétées, qui, pour nous, n’ont pas dépassé 7 à 10 injections. Il ne faut pas s’obstiner après la 10° injection, car sous l'influence des coups de fouet successifs, les défenses de l’organisme peuvent s’épuiser.

C’est ce qui pourrait expliquer les échecs constatés chez des personnes préalablement déficientes.

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