DUCROS, EDOUARD
EDOUARD
Vous savez ce qui m*amene?
DUCROS
Je m'en doute.
EDOUARD
Monsieur Leclercq sort de la Chambre.
DUCROS
Vous en venez ?
EDOUARD
Qui.
DUCROS
Ehbien?
EDOUARD
Soyez satisfait.
II est perdu ?
Perdu.
Enfin !
DUCROS
EDOUARD
DUCROS
EDOUARD
Pas une main ne s'est tendue vers lui.
DUCROS
A-t-il parl6 en faveur de sa maison de Dunkerque ?
EDOUARD
On a demande le renvoi de la discussion. Le billet k ordre dont vous parlez dans votre article et qui serait avalise par le Directeur de cette compagnie, vous Tavez ?
DUCROS
Je rai.
EDOUARD
Comment est-il entre vos mains >
Peu importe. Je Tai.
EDOUARD
Vous ne vous 6n servirez pas. Vous n'attaquerez plus Leclercq.
DUCROS
Qui m'en empScherait }
EDOUARD
Songez au scandale, k Juliette, inotre mariage!
DUCROS
Si vous aimez reellement ma fille, vous I'^pouserez malgre tout.
EDOUARD
C'est vrai. Ne parlons done que de Monsieur Leclercq. C'est de lui seul qu'il faut nous occuper... car le temps presse. Soyez g^n^reux. . . ayez pitie de lui.
DUCROS
Ah ! . . . Ah ! . . . voilA du nouveau.
EDOUARD
J*ai voulu tenter une d-marche aupr^s de vous.
DUCROS
Corv6e inutile !
EDOUARD
Ecoutez-moi d'abord. . .
DUCROS
A quoi bon ? Mon si^ge est fait.
EDOUARD
Ecoutez-moi. Je vous assure que Theure est solennelle. Quelque opinion que vous ayez sur Leclercq, il vous faut reconnaitre que c'est un homme dnergique et r6solu. . .
DUCROS
Ce qui signifie...?
EDOUARD
Tout a rheure, en sortant de la Chambre, il m'a dit : « Si cet article paratt demain, je n'ai qu'un parti k prendre. »
DUCROS
Filer en Belgique >
EDOUARD
Me tuer I
DUCROS
Rassurez-vous. II dementira mon article. II m'attaquera dans
ses journaux. II me trainera en correctionnelle. II ne se tuera pas.
EDOUARD
Je vous dis, moi, que si je reviens vers lui sans une promesse de silence de voire part, il se tuera.
DUCROS
Qu'il se tue I
EDOUARD
Songez k ce malheureux qui m'attend pres d'ici et a qui je vais rapporter un arr^t de vie ou de mort.
DUCROS
AUons done ! C'est une derni^re com6die qu'il vous fait jouer aupr^s de moi ; je n'en serai pas dupe. Si je ne Tecrasais pas aujourd'hui, demain il n'en aurait que plus d'arrogance a men endroit. Allons, finissons-en . . . adieu.
EDOUARD
Vous voulez vous venger, n'est-ce pas ?
DUCROS
Oui. . . et j'attends depuis cinq ans cette heure.
EDOUARD
Eh ! bien, M. Leclercq est k bout de ressources. II a des echeances auxquelles il ne pent pas faire face. II court k la fail lite. Que vous faut-il de plus ?
DUCROS
Oh ! . . . C'est un vieux renard qui a plus d'un tour dans son sac II saurait encore se tirer de ce mauvais pas. Sa femme lui viendrait en aide. Elle Tadore. . . Elle me I'a dit avant-hier.
EDOUARD
Vous voulez done qu'il meure >
DUCROS
U ne se tuera pas.
EDOUARD
Avajit une heure peut-etre vous regretterez vos parole?.
DUCROS
C'est ce que nous verrons.
EDOUARD
Une derniere fois...
DUCROS
Une derniere fois cessons cet entretien. J'ai trop ardemment souhait6 ma vengeance pour y renoncer quand je la tiens enfin.
EDOUARD
Ainsi rien ne peut vous toucher, vous flechir ?
DUCROS
J'ai pris une determination sur laquelle je ne reviendrai pas.
EDOUARD
Alors,... adieu...
DUCROS
Adieu...
EDOUARD
Puissiez-vous n'avoir jamais ^ vous repentir de vous etre montre sans pitie.
(// sort,)