‹ L'argent: comédie en quatre actesChapitre 102 sur 106 · PA SC A LET · texte numérisé non relu

PA SC A LET

Tu feras paraitre demain le fac-simile de ce billet ?

Je le ferai paraitre.

PASCALET

Th res d^cidd k I'acheter >

DUCROS

Qui.

PASCALET

Et tu prouveras en outre que Leclercq a touche quinze mille francs dans les affaires de I'Alfa }

DUCROS

Je le prouverai... comme je Tai promis dans mon article de ce matin.

PASCALET

(^a va faire un eclat scandaleux.

DUCROS

J'y compte bien.

PASCALET

Et tu ne te prdoccupes pas des consequences qu'il pent avoir r

DUCROS

Voyons... parlons franc. C'est Leclercq qui t'envoie vers moi >

PASCALET

Non.

DUCROS

Madame Leclercq alors >

Pas davantagre.

DUCROS, incrMule, Tu ne les as vus ni Tun ni Tautre >

PASCALET

Ni Tun ni Tautre. lis ont quitte Saint-Germain hier au soir avec Juliette : ils devaient dejetner ce matin au minifet^re.

DUCROs, riant.

Je presume qu'on n'a pas dd les y voir.

PASCALET

Probable. J'ai lu ce matin dans L' Union ton article. J'ai pris le premier train qui partait. J'avais, je I'avoue, Tintention de passer d*abord chez Leclercq, qui habite 4 deux pas d'ici, faubourg Saint-Honor^. Mais je Tai aper^u en voiture. II devait se rendre k la Chambre.

DUCROS

Nous verrons comment Tauront accueilli ses collegues.

PASCALET

J'ai agi spontan^ment, sans consulter personne. J'esp^rais obtenir de toi, k raison de notre vieille amiti^. . .

DUCROS

N'insiste pas... ce serait inutile. J'ai annonce pour demain un article documents. . . il paraitra.

PASCALET

Ainsi... Tu ne reviendras pas sur ta decision >... Elle est irrevocable ?

Irrevocable I

PASCALET

Si Madame Leclercq tentait une d-marche aupr^s de toi, je suis bien silr...

DUCROS, vivement, Gilberte ? Tu es fou.

PASCALET

Oh !. . . Elle ne viendra pas. .. C*est clair.

DUCROS

Tu vois bien !

PASCALET

Mais si elle venait. . .

DUCROS

Je ne la recevrais pas.

PASCALET

Allons done ! Tu la ferais entrer, et tout de suite, ne serait-ce que pour jouir de ton triomphe... car enfin nous pouvons tout dire maintenant, racharnement que tu mets a poursuivre Leclercq demontre que tu n'as jamais cesse d'aimer Gilberte.

DucROs, avec hiimeur.

Raisonnement stupide.

PASCALET

Franchement, tu n'as pas conserve au fond du coeur quelque tendresse pour elle ?

Je la hais.

PASCALET

Done elle ne t'est pas indifferente.. . c'est ce que je disais,

DUCROS

Tu es absurde.

PASCALET

Soit. (Pause.) Alors, mon intervention n'auraservi de rien>

DUCROS

Je le reg-rette.

PASCALET

C'est bon. . . Au revoir. Tu restes ici longtemps encore >

DUCROS

Pourquoi r

PASCALET, apres une hesitation.

Nous pourrions diner ensemble.

DLCROS

Merci. . . Je suis engage ; je sortirai a cinq heures. [Entre le

domestique avec une carte.) Je dois aller au journal. [Apres avoir

jeU un coup Sml sur la carte.) Faites entrer. [Le domestique

sort.) C'est ton filleul.

[Edouard entre par la gauche.)

PASCALET, qui a jetd iin rapide coup d'ceil siir sa montre.

Ah !. . . Te voila. . . Je t'avais devance. . . Mais je crains que tu ne sois pas plus heureux que moi. . . je vous laisse.

(// sort.)

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