PA SC A LET
Tu feras paraitre demain le fac-simile de ce billet ?
Je le ferai paraitre.
PASCALET
Th res d^cidd k I'acheter >
DUCROS
Qui.
PASCALET
Et tu prouveras en outre que Leclercq a touche quinze mille francs dans les affaires de I'Alfa }
DUCROS
Je le prouverai... comme je Tai promis dans mon article de ce matin.
PASCALET
(^a va faire un eclat scandaleux.
DUCROS
J'y compte bien.
PASCALET
Et tu ne te prdoccupes pas des consequences qu'il pent avoir r
DUCROS
Voyons... parlons franc. C'est Leclercq qui t'envoie vers moi >
PASCALET
Non.
DUCROS
Madame Leclercq alors >
Pas davantagre.
DUCROS, incrMule, Tu ne les as vus ni Tun ni Tautre >
PASCALET
Ni Tun ni Tautre. lis ont quitte Saint-Germain hier au soir avec Juliette : ils devaient dejetner ce matin au minifet^re.
DUCROs, riant.
Je presume qu'on n'a pas dd les y voir.
PASCALET
Probable. J'ai lu ce matin dans L' Union ton article. J'ai pris le premier train qui partait. J'avais, je I'avoue, Tintention de passer d*abord chez Leclercq, qui habite 4 deux pas d'ici, faubourg Saint-Honor^. Mais je Tai aper^u en voiture. II devait se rendre k la Chambre.
DUCROS
Nous verrons comment Tauront accueilli ses collegues.
PASCALET
J'ai agi spontan^ment, sans consulter personne. J'esp^rais obtenir de toi, k raison de notre vieille amiti^. . .
DUCROS
N'insiste pas... ce serait inutile. J'ai annonce pour demain un article documents. . . il paraitra.
PASCALET
Ainsi... Tu ne reviendras pas sur ta decision >... Elle est irrevocable ?
Irrevocable I
PASCALET
Si Madame Leclercq tentait une d-marche aupr^s de toi, je suis bien silr...
DUCROS, vivement, Gilberte ? Tu es fou.
PASCALET
Oh !. . . Elle ne viendra pas. .. C*est clair.
DUCROS
Tu vois bien !
PASCALET
Mais si elle venait. . .
DUCROS
Je ne la recevrais pas.
PASCALET
Allons done ! Tu la ferais entrer, et tout de suite, ne serait-ce que pour jouir de ton triomphe... car enfin nous pouvons tout dire maintenant, racharnement que tu mets a poursuivre Leclercq demontre que tu n'as jamais cesse d'aimer Gilberte.
DucROs, avec hiimeur.
Raisonnement stupide.
PASCALET
Franchement, tu n'as pas conserve au fond du coeur quelque tendresse pour elle ?
Je la hais.
PASCALET
Done elle ne t'est pas indifferente.. . c'est ce que je disais,
DUCROS
Tu es absurde.
PASCALET
Soit. (Pause.) Alors, mon intervention n'auraservi de rien>
DUCROS
Je le reg-rette.
PASCALET
C'est bon. . . Au revoir. Tu restes ici longtemps encore >
DUCROS
Pourquoi r
PASCALET, apres une hesitation.
Nous pourrions diner ensemble.
DLCROS
Merci. . . Je suis engage ; je sortirai a cinq heures. [Entre le
domestique avec une carte.) Je dois aller au journal. [Apres avoir
jeU un coup Sml sur la carte.) Faites entrer. [Le domestique
sort.) C'est ton filleul.
[Edouard entre par la gauche.)
PASCALET, qui a jetd iin rapide coup d'ceil siir sa montre.
Ah !. . . Te voila. . . Je t'avais devance. . . Mais je crains que tu ne sois pas plus heureux que moi. . . je vous laisse.
(// sort.)