ACTE PREMIER ^t
REYNARD
Sois sans crainte, d*ailleurs, je prendrai des precautions. Tu ne seras pas dans la g^ne. J*ai Tintention formelle de t*avantager dans mon testament.
MADAME REYNARD
Oui I Je m'en doiitais bien. Mais des fois, tu sais, m^me avec Ics meilleures intentions du monde, on ne fait pas ce que Ton veut. Tieris, voiscette pauvre madame Jordanet, Elle 6tait mariee sous le regime de la separation, commc nous. Elle avait travaill6 autant que son mari, ils avaient fini par acquerir unejolie fortune, comme nous. Pour la recompenser, Jordanet lui avait promis de lui laisser tout ce dont la loi lui permettait de disposer en sa faveur. Un jour, il a fait une chute de cheval, et il est mort sur le coup, sans pouvoir faire connaitre ses volontes. Eh bien, les fils de madarae Jordanet n*ont pas hesite une seconde a prendre leur m§re par la main, et a la mettre a la.porte. Fie^^-vous aux enfants.
REYNARD
II ne t'arrivera rien de pareil, va; j'y veillerai.
MADAME REYNARD
J*y compte bien. (un temps.) Une seule chose, m'embMe, c*est que mes parents n'aient pas pu me donner une plus forte dot ; car si le bon Dieu me rappelait a lui la premi(^re, je te laisserais tout.