‹ L'argent: comédie en quatre actesChapitre 31 sur 106 · ACTE OEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE OEUXIEME

^ Penses-tu enfin que nous puissions tolerer que notre maisan soit ainsi deshonor^e, souillee... Nous n*avons pas d'enfants, heureusemenl, mais nous pouvons en avoir, et songe comme leur ^tablissement serait difficile un jour, k cause de cette tare dans notre famille... Et cela peut aussi nous faire manquer des affaires. Enfin, nous qui devrions donner le bon exemple, nous qui connaisaons Monseigneur, nous ne pouvons pas continuer a ^tre des sujets de scandale...

MATHILDE

J'avais pens^ h tout cela... mais seule, que faire? n m*dtait impossible de parler k mon pSre, d* accuser ma mdre. Tandis que toi, tu es un homme... Et puis, tu n*as pas de managements k garder.

ROUX

Non, sans doute... mais...

MATHILDE

Quoi? Tu hesiterais k faire ton devoir ?

ROUX

Du tout* Settlement je trouve ma situation erabarrassante, k cause de ce testament; ma bellem^re s*en fera une arme contre moi. Elle dira que c'est par jalousie que j*ai devoil6 ses turpitudes. .

MATHILDE

Qulmporte ce qu'elle diral

ROUi*

Je ne veux pas que Reynard se m6prenne sur mes intentions. II faudrait trouver quelqu*un... qui

consentirait... 'i prendre la responsabillte de.-.. quelqu'un dont ce aerait aussi le devoir... de prevenir ton p^re.

MATHILDE, apr^ un silence.

Eh bien... Laurent.

ROUX, faiblement.

OhI non... non... pas Laurent.

MATHILDE

Mieux que personne il pourrait se charger de ce soin.

ROUX, apres une hesitation feinte.

En effet... cela le regarde lui aussi... oui, des qu'il rentrera je lui ferai connaitre la situation. Justement il parlait tout a I'heure de separation... on aurait dit qu*il avait comme un pressentimeat.

MATHILDE

OhI il sait ce qui se passe, va.

ROUX, meme jeu que plus haut.

Ahl tu crois... Alors, il pensait deja peut-^tre d avertir ton pere et a lui faire prendre une mesure 6nergique... J'aime mieux que ce soit lui qui y ait song6 le premier, (on entend marcher.) G*est lui.

MATHILDE, qui a remont6.

G*est mon p6re.

ROUX

Laisse-moi seul... mais reste dans ta chanibre, si j'ai besoin de toi, je t*appellerai.

Mathllde sort, deuxi^me plan a droite. — Roux redescead, s'assied pros de la table, prend un journal et le parcourt.

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