SCENE VI
Les Hemes, REYNARD, BOUSQUET,
JULIENNE
REYNARD, a Mathilde.
Te voila d6j^, petite ? Nous pourrons done diner a I'heure, ee soir? C'est bien etonnant. Si j'avais su, je n'aurais pas dit a Julienne de m'apporter a goilter.
mathilde.
Je vais mettre ma robe de chambre. Je te laisse
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avec Louis. II a, je crois, quelque chose a te dire.
Elle sort, a droite, deuxieine plan.
REYNARD, a ROUX.
Amoi?
ROUX, g^ne.
Oui... Oh ! Qa n'est pas presse.
REYNARD
Et le contrat de vente? Vous savez que je I'attendais.
ROUX
Je ne Tai pas trouve. J'ai cherche sur votre bureau.
REYNARD
Et dans les tiroirs?
Non.
REYNARD
II doit etre danscelui de droite. Allez le prendre. J*ai fait monter Bousquet pour le lui donner. Notre avocat I'attend.
ROUX
Le tiroir de droite?
REYNARD
Oui. Sous les polices d'assurance.
ROUX sort. Julienne est entree avec une bouteille et des biscuits qu'elle pose sur la table.
JULIENNE
Voila, monsieur.
Elle sort par le fond.
AGTB TROISIEME 107
UEYNAliD, s'assied.
Un verre cle madere, Bou^quet ?
BOUSQUET
Non, merci.
REYNARD
Avez-vous revu Fleury ?
BOUSQUET
Pas depais avant-hier.
REYNAUD
Qu'est-ce qu'il veut encore cet animal ?
BOUSQUET
Un rabais, c*est clair.. comme M. Miguel. II est venu se plaindre, hier. II dit que les chocolats ne sont pas purs, qu*il fera demander une expertise...
REYNARD
II m'embete, celui-la. Qu'il la demande son expertise. J§ ne la crains pas. (il boit.) Je connais tous les experts d'ici. Enfin, ne nous plaignons pas, les affaires ont assez bien marche cette annee. (II boit.) Ah Qa, pourquoi diable quand je vous ai offert de rargent pour vous etablir a votre compte, ne r.avez-vous pas accepte?
BOUSQUET
On ne fait pas bien deux choses a la fois. J'ai quatre enfants. Ma pauvre femme est morte. Si j'avais eu les soucis d*un commerce, qui s^ seralt occupe de Teducation des petits?
REYNARD
Vous vous seriez debarrasse d'eux. Vous les au-
riez fourres en pension, comme moi. lis se sont 61ev6s tout seuls* Aujoard'hui, vous seriez a voire aise et vos Ills se la couleraient douce, comme on.dit.
BOUSQUET
^I vaut peut-^tre mieux qu'ils soient obliges de travailler.
On pent toujours les forcer k travailler. Qa n*est pas malin. (pause.) On pretend que la richesse, ne fait pas le bonheur. Quelle bourde I Tenez. Regardez ma famille. Tout le monde est heureux ici : ma femme, ma fiUe, mon fils, mon gendre. Et c'est a notre fortune que nous devons notre bonheur. Ou voit-on des tiraillements, des criailleries, des disputes ? Dans les families pauvres. Quand il n'y a pas de foin au ratelier les anes se battent. (&ntre Roux.) L'avez-vous trouve?
ROUX
Oui. Le voila.
REYNARD
Prenez-le, Bousquet. Et envoyez le gamin chez notre avocat. Dites au bureau que je descendrai dans un quart d'heure pour signer le courrier.
Bousquet sort.