SCENE VII
ROUX, REYNARD puis JULIENNE.
REYNARD, a ROUX.
Un biscuit ? /
Jt'
ACr£ TROISIEME 409
Non, ca me couperait Tapp^tit.
Un silence.
REYNARD
Au fait, vous avez quelque chose a me dire... D'urgent ?
ROUX
D'urgent? Mon Dieu, non... pas trop. G'est Laurent qui me .presse... moi... j*aurais attendu encore.
RKYNARD.
Laurent ? Vous avez k m'entretenir a son sujet ? Encore une carotte?
ROUX
Oh I il s!agit d*autre chose... d'une chose plus grave.
REYNARD
Pour la fabrique ?
ROUX
Non.
REYNARD
Alors, quoi?
Voici. Je vous deraanderai d'abord d'etre un peu calme. Ge que j'ai a vous dire est p^nible. II est necessaire que vous m*enteiiJiezjusqu'aubout sans broncher. Vous prendrez apres, telle resolution que vous voudrez. Vous etes un homme fort...
REYNARD
Pas de preambule... au fait.
no L'ARGENT
ROUX, lentement, par meuibres de phrase haches.
J'y arrive. Sachez d*abord que je ne me suis resigne a vous avertir... qu*apr6s m'^tre convaincu que mon devoir me Tordonnait. Notez encore, que je suis seulement le porte-paroles de votre fille et de votre fils... G*est Mathilde, qui la premiere m*a ouvert les yeux... qui m'a montr6 cefte situation deplorable... G'est Laurent qui m*a engage 4 vous la faire connaitre... Vous ne pouviez eternellement I'ignorer... De quoi auriez-vous eu I'air? Moi, je me refusais de croire ce que Ton affirmait... G*etait si irivraisemblable... J*ai voulu des preuves... Des preuves certaines... II 6tait inutile de vouschagriner inutilement... Oh! on m'en a fourni d'irr^cusables...
REYNARD
Mais, sacre tonnerre, que voulez-vous dire a la fia?
ROUX
Oh 1 si vous vous emportez, je me tais... Je vols bien que j'aurais mieux fait de ne pas entamer cette conversation. Je le disais k Laurent.
Non, que diable, parlez I Mais d6pSchez-vous. Voyons, il s'agit encore d'une canaillerie de nos aclieteurs. Fleury...
ROUX
Si ce n'etait que cela I Mais rasseyez-vous, beaup6re. Puisque j'ai commence de parler, j'ach^verai. Quand le vin est tire, il faut le boire...
REYNARD
Finissons-en. Tons ces detours rn'impatientent.
AGTE TROISIEME 111
ROUX
G'est que... ma situation est p^nible... Je vais vous faire un grand chagrin.
REYNARD
Ohl.j'ai eu des emb^tements dans ma vie... et plus s6rieux sans doute que celui que vous avez a m'annoncer. Parlez done sans crainte.
ROUX
Mais il ne -s'agit pas de votre commerce. Je me tue a vous le rep6ter... il s'agit de vous.
REYNARD
Je pense bien que ^a n'est pas du grand Turc, parbleu!
ROUX
Oh ! si vous ne voulez pas comprendre.
Je ne demande qu'A comprendre, mais je ne sais pas deviner les 6nigmes. Expliquez-vous nettement, une fois pour toutes.
ROUX
Eh bien, il se passe ici quelque chose d'indigne... Vous ^tes le jouet de deux personnes qui se moquent de vous, et depuis de longues annees dej^ ..
REYNARD
On me vole? Bousquet peut-^treV Je ne le surveillais pas assez.
ROUX
On vous vole... on vous vole... non... C'est votre honneur qu'on vous vole.
REYNARD
Qu'est-ce que vous me chautez?
ROUX
Ah! le mot est lache... J'ai crubien faire de vous pr6venir, et quand vous connaitrez exactement la situation, vous verrez que j'ai eu raisou... tenez... J*ai Ik des lettres... J'en prends une au hasard... la premiere... lisez-la...
REYNARD, 11 prend la lettre que lui tend Roux.
« Ma ch^re Marie... » G*est adresse k ma femme, Qa... G*est sign6 Albert... Qui est7ce?
ROUX
Lisez.
REYNARD, 11 la lettre.
Qu'est-ce que c'est que ^a? (aeste de roux. — un silence, puis Reynard assene un coup de polng sur la table.) Tonnerre de Dieu! (Debout.) Ma femme? Ou est ma femme? Elle est rentr6e?
ROUX, vlvement.
Non... pas encore,..
REYNARD, sonnant.
Julienne... Irma... Julienne...
ROUX
Que voulez-vous faire?
REYNARD
Irma I (juiienne parait.) Oii est madame?
ROUX, violemment a Julienne.
Non... Allez-vous en... Partez... Partez... (julienne sort. — A Reynard.) Vous etes fou... devant desbon-