ACTE PREMIEfl
II devrait ra^iiie se doaner quelques distractions... voyager un peu...
MADAME REYNARD
Non, non. Qu'il ne quitte pas sa famille en ce moment. Sa situation pent s'aggraver. II faut qu'il nous ait tons aupres de lui. Sans compter qu'il peut avoir des volontes k faire connaitre.
ROUX
Qui I'emp^cherait de prendre des dispositions avant son depart ? Nous trouverions mSme, lk.„ un bon pretexte pour Tengager a manifester ses intentions relativement a sa fortune. Gertes il n'y aura pas de difficultes entre nous, nous sommes trop unis... mais il vaut mieux etre fixes k I'avance.
Evidemment.
MATHILDE
Tu ?is raison.
ROUX
Un voyage lui fera du bien... croyez-moi... Reynard travaille trop.
MADAME REYNARD, d^aolee.
4 Oui. Mes pauvres enfants, votre pere s*est tu6 pour vous.
MATHILDE
Gomme tu exageres tout!' A Tentendre, on croirait que papa est perdu. II n'en est rien, heureusement, et tu vas voir, comme nous allonsle cajoler, le dorloter.
ROUX
II a beaucoup peine, c'est incontestable, mais il faut se donner du mal pour devenir un des premiers negociants de Marseille etamasser unegrosse fortune.
LAUllENT.
Deux millions?
MADA.ME REYNARD, se recriant.
Deux millions I On volt bien que tu es habitue a flanquer l'argent par les fen^tres... Deux millions I II faut joliment trimer pour les gagner.
ROUX
Oui... deux millions... c'est beaucoup... quoique cependant...
MADAME REYNARD
Vous croyez que nous possedons lant que Qa ?
ROUX
Dame! calculez. Notre marque et I'usine valent six cent mlUe francs. Gette maison-ci qui est bien situee, boulevard Longchamps, trois cent cinquante mille. L'immeuble de la rue de Lodi, cinquante mille.
MATHILDE
Gela fait un million I
ROUX. t
Restent maintenant nos valeurs. (a madame Reynard.) Mieux que moi vous en savez le montant.
MADAME REYNARD
Non... Qa... je I'ignore.
ROUX
Voila belle-maman qui fait la cacliottifere ! Rey-