ACTE DEUXI^ME
ItOGER.
Jadevrais d^j^ L'avoir remis £tu tcibunal. J& I'y porterai tout k I'heure.
Tu ne le feras pae. D'ailleurs eot-il bieh de la main du cousia ? .
Oui..,
UOOEK.
1 doriture.
UADAHE ROGBH.
On a pu riiniter. [I y a des faussaires haltilos. Ton cousin n'aurait pas laisae tout son avoir k sa maitresso. II n'aurait pas commis cctte raau-i raise action,
ROGER
Qui I'empScliait de disposer comme il I'entendait de son bien 7
MADAMK UOQEE- ;
Alors on poiirrait se dSbarrassev... -le cette fiUe, en lui faisant reinetlre... secr^temenC une petite somme... quinze ou viaijt mills francs?
ROGER
A tltre de transaction?... Imposaible..., elle exigera la totality de I'bgritage si nous montrons ce testament, et comment expiiquer ua don volontoire si nous ue ie montrons pas? Et puis ce n'est
g de noire fortuno qailiii ruviciit,
iD&UE KOliEll.
MADAME ROGER
Qu'en sais-ta ?.. Ei mdme, le voulant, tu ne pourrais luifaire une restitution complete... Ainsil Notre installation, ces meubles, les sommes avancSes ou donnSes par toi k dos amis, montent k plus de quarante mille francs... Oi!i les prendre aujourd'hui?
ROGER
Les rSclamerait-elle ?
MADAME ROGER
Ju8qu*au dernier centime... Enfiu, s*il existait un second testament ?
ROGER
Gelui-14 est date de quelques mois k peine.
MADAME ROGER
Ton cousin Tavait cache dans un livre. II voulait le refaire.
ROGER
Non... G'est que Roger Stait un maniaque.
MADAME ROGER, vivement.
S*il dtait fou, il ne pouvait tester.
ROGER) haussant les epaules.
Fou !...
MADAME ROGER
Voila pourquoi sa maitresse le sSquestrait, ne le laissait approcher par personne.
ROGER
II revenait de voyager avec elle. II 6tait done Ubre et lucide.
ACT£ DEUXIEMB 5i
MADAME ROQER
Quand tu t*es rendu chez lui, rappelle-toi... il voulait parler.,. Use repeniait au moment de mourir de t* avoir dSsh^ritSet...
ROGER
Non, non... Ge n'est pas a moi qu*il parlait... c*est a elle... Et le geste, le geste qu'il faisait^ ce geste je le comprends aujourd*hui. II d^signait du doigt la bibliotheque... II lui indiquait, a Tautre. qu'elle trouverait Ik le testament.
MADAME ROGERT
II n*ayait plus conscience de ses actes, ni de ses paroles...
ROGER
Aht nous avons beau discuter, ergoter... Un testament existe et nous dSpouille...
MADAME ROGER
En as-tu parlS k Muller?
ROGER
Non... pas prScisSment.
MADAME ROGER
Personne ne le connait alors ?
ROGER
Sauf nous.
MADAME ROGER
Qui nous oblige k le montrer ? On aurait pu les vendre ces livres, ou les mettre au grenier. Gelui que Jeanne a pris n'aurait jamais 6te ouvert et nouscontinuerions4 jouir en paix de notre fortune.
ROGER
Nous ne le poUVOns plus. (LuI prenant les mains.)
Nous taire, Marthe, nous taire «3t criminel. Garder una fortune qui ne m'appartient pas ? Est-ce possible? II s*agit avant tout d'Slre honn^te.
MADA.ME ROGBE.
II s'agit avant tout de Pavenir de mon fils, de mes filles et de Jeanne. Je refuse de le sacriiier. Non, Roger n'avait pas le droit de disposer de toute sa fortune... Ne portais-tu pas son nom? N'6tais-tu pas son seul parent? Get argent te Tes-tu indilment appropri6? As-tu fait pour T avoir una d-marche 6qui^que? Elle, comment Ta-t-elle obtenu? De quelles s^les complaisances a-t-elle payS la lib^ralit6 du cousin? Pourquoi t*ali6ner Tesprit de Roger? Pourquoi te fermer sa porte, si" ce n'^tait pour capter 8a succession? Le hasard, Dieu peut-^tre, a dSjouS sescalculs. II nous a rendu notre bien, et nous nous en d^pouillerions, parce qu'il a plu k un malade, a un fou, de tracer quelques lignes dont il ignorait la pprt^e? Alprs, moi qui toute ma vie fus une honnSte femme, toi qui es un honn^te homme, nousi nous ruinerions au profit d*une fille, qui a rouI6 tons les trottoirs let pendant que nous recommenceridns a trimer, elle se pr^lasserait dans un luxe Indolent.? fit.cel^L aerait Equitable? et eel a serail juste ? Allons done I
Mais, comprends..«
MADAME ROGER
Enfin, je ne songe qu'a mes enfants, moi. Qu'il^i
continuent k ignorerla v6rit6 et qu'ils soient riches sans remords.
ROGER
Je sills pr6t A tout sacrifier a mes enfants, tout,
AGTE DBUXIEME ^^
hors ma probity. Tes raisonneraents neferont pas que cet argent qui ne m'appartient pas, m»'ftpp$iriienne. Mon cousin a eu tort ou raison de me desheriter; je n*ai pas k trancher la question. II m*ad6sh6rit6. Je connais mon devoir et je I'accomplirai.
MADAMiS ROGER.
Mais que deviendra Rene? Que deviendra Marie? Et si Fournier refuse de I'epouser ?
fioaER.
Ne la courtisait-il que pour sa dot ? Alors, noire* fille ne le pleurera pas.
MADAME ROGER
Enfin, tu ne vas pas te dessaisir de ce testament ce soir mdme ?
ROGER
Plus nous tarderons k la restituer, plus nous regretterons cette fortune.
MADAME ROGER. , ,'
Qui nouspresse? Attends un mois... Attends lihe semaine. Cette Manon est riche. Nous pouvons sans inconvenient pour elle, garder quelques jours encore notre argent. . .
ROGER
Puisqu'il faut le luirendre.
MADAME ROGER
Tu peux changer d*avis.
ROGER
Je n*en changerai pas.
MAPAME ROGER.
• Mais malheureux,qu*alloas-'nous devenir? - - -
J'ai moQ ancienne place.
MADAME ROGER
EUo est dej4 donn6e.
ROGERr
La semaine dorniere encore elle etait libre.
MADAME ROGER
Mais OR peut Tavoir prise depuis. J'exige avant tout que tu t'en assures, ou que tu en trouves une nouvelle. Je ne soufTrirai pas que mes enfants soient jet^s du jour au lendemain dans la rue, plus mis6rables encore qu'autrefois. Voyons, Denis, ce que je te demande 14, est raisonnable... tu le comprends...
ROGER
Tu le veux I Soit! Je vais k Tinstant mdme trouver M. Dirsher, et apr^s....
MADAME ROGER, voyant dntrer Ren^ et Marie.
Ah! Enfin... vous voildl