‹ L'argent: comédie en quatre actesChapitre 84 sur 106 · BEN£. ^ I MARIE · texte numérisé non relu

BEN£. ^ I MARIE

Ce n*est pas possible 11 Oh ! moa Dieu t

FOURNIER, a Roger.

Vous avez trouve aa testament qui vous d^sberite?

ROGER

Oui.

FOURNIER

All profit do qui?

ROQBR.

D'elle?

FOURNIER

Elle, qui?

ROGER

Manon.

FOURNIER. I RENfi.

Manon! ' Gette fillet

MADAME ROGER

Qui.

II ne nous laisse rien?

ROGER

Rien!

FOURNIER

Ah! diablel

renjS.

LegredinI

MADAME ROGER

G'est injuste, n'estce pas?

FOURNIER

Qu'allez-vous faire?

MADAME ROGER

Vous le voyez. Le pr^venir peut-6tre !

AGTE DEUXl^ME

FOURNIBR.

Ahl noQ pas de blague.

MARIE9 a Four-

nieripour qu'il

interyienne.

Monsieur Andr6.

ROGER

C'est mon devoir.

ren£.

Y pensestu?

MADAME ROGER

Get argent est k nous cependant.

FOURNIER

Personne ne connait ce testament?

MADAME ROGER

Personne encore.

Sauves I

FOURNIER, a Roger.

Eh bien, alors?

ROGER

Gette fortune ne m'appartient pas.

FOURNIER

Nul n'osera vous la disputer.

MADAME ROGER

C'est oe que je disais.

ren£.

Tu as raison^

MARIE

Evidemment I

ROGER

Et ma conscience ?

FOURNIER

Votre conscience I Votre conscience I Et moi,

n'ai-je pas aussi une conscience? Ne suis-je pas uu honnSte homme ? Ai-je jamais fait tort k person ne d'un sou? Si jo vous dis que vous pouvez garder cette fortune, vous le pouvez sans crainte,

Tu entends, frerel

MADAME ROGBK.

Je I'avais compris tout de suite avec mon simple bon sens.

ren£.

Quediablel On ne rend pas six cent mille francs comme on boirait un verre d'eau.

ROGER, a Fournier.

Mais r6flSchissez un pen, mon ami... Aucune hesitation ne m*est permise.

FOURNIER

R6£Lechissez vous-meme et longuement. En somme, rien ne presse.

ROGER

Si elle vient a mourir ...?

FOURNIER

Tant mieux, parbleu 1 Vous n'aurez plus de scrupules, alors.

ROGER

Me croyez-vous assez malhonn^te pour garder une fortune qui...?

MARIE

Mais elle t*apparticnt.

ren£.

Plus justement qu*d cette lille.

AGTE DEiJXIEME 63

FOURNIER

Enfin, quelle est votre intention? Vous n*allez pas, j*imagine, avertir la Mauon de votre dScou-

verte ...?

BOGER.

Si.

FOURNIER

Dans son etat, une nouvelle pareille peut la tuer.

MADAME ROGER

La tuert Tu entends.

ren£.

Ge n*est pas Ik ce que tu veux.

FOURNIER

Avant de faire une d-marche auprSs d'elle, laissoz-moi m'assurer si elle peut vous recevoir, si elle est capable de discuter avec vous, de oomprendre m6me ce que vous lui direz...

rbn£.

G'est trop raisonnable.

MARIE

Oh t petit pere, attends.

FOURNIER, avec autorit^.

D*ailleurs, maintenant, cher monsieur, c'est le mSdecin qui parle. Vous allez me faire le plaisir d*entrer chez vous, de vous alLonger sur lecanapS, de n'en pas bouger jusqu'd mon retour et de ne plus penser k rien... Cette histoire vous a bouleverse, je le vols.

MADAME ROGER, alariiK^e.

Si tu allais tomber malade 1

FOURNIER

Jo vais marquer une potion.

ROGER

Eh! non... que diable!

FOURNIBR, energique.

Je vous dis que vous allez rentrer dans votre chambre... Je ne parrlirai qu'apres vous avoir install^ dajas un fauteuil... La... Est-ce clair ?

MARXB.

Oui... Hopose-toi, petit pere.

MADAME ROGER

Nous te laisserons bien tranquille... E^ tu pourras mUrement r6flechir sur le parti que tu dois prendre.

^ Allons... venez...

RENfi.

Viens.

On 1 accompagne jusqu'a la porte de sa chambre* — II y entre.

, SCfiNE V

FOURNIER, RENfi, MADAME ROGER, MARIE,

LA PETITE JEANNE

E'OURNIER} redescendant apr^s avoir donnd un tour de cU.-

Oufl Nous voiU d6barrass6s de lui!

RENfi.

Quelle tuilel

AGTE DEUXi£mE 65

FOURNIER, a madame Roger.

Je V0U3 disais de les vendre ces sales livres. J'avais comme un pressentlment qu*ils nous porteraient malheur.

rbn£.

Aht Si je m'etais dout^... quel feu de joie f

MARIB.

Voila tous nos beaux projets an^antis t

Mais aussi que diable quand on a un cousin quasi millionnaire on s'occupe un pen plus de lui que vous ne le faisiez .. On ne le perd pas de vue... On le fr6quente... On le dorlote.. On est aux pelits soins pour lui... On t§,che de se le rendre favorable.

MADAME ROGER

Je le disais d mon mari. Mais il craignait que Ton tint ses d-marches pour int^ress^es, alors...

FOURNIER

Alor§, il a laissS le champ libre h la Manon t.. Je le reconnais Id !

MADAME ROGER

Quel malheur !

FOURNIER

Ne perdons pas k nous d6soler un temps pr6cieux. Groyez-vous M. Roger assez simple pour rendre sa fortune ?

MADAME ROGER

II le fera comme il le dit.

. . RENfi.

Nous depouiller.

66 LE BIEN D'AUTHUI

FOURNIER

II est fou t

G'est uu honn^te homme, et...

FOURNIER

II a la monomanie de rhonnStet^. Les monomanes on les enferme.

rbn£.

Si nous ne nous insurgeons pas contre lui, il enrichira k nos depens cette fiUe I (a Fournier.) Au fait, la croyez-vous gravement malade?

FOURNIER, d'un air satisfait.

Oui... De plus elle est soignee par JoflFre.

ren£.

Eh bien?

FOURNIER

G'est un ane. Mais elle pout trainer deuxou trois mois encore. Sacredie de sacredi6 I (Pause.) Voyons, lues enfants, pavlons peu, parlous bien... Qui a le testament?

MADAME ROGER

Denis, dans sa poche.

FOURNIER

II ne le gardera pas toujours sur lui. S'il le mettait dans un tiroir...

MADAME ROGER

Eh bien?

FOURNIER, avec le geste de ddchirer un papier.

Eh bien... Eh bien... Dame I...

AGTE D£UXIE:MK 67

MADAME ROGER

Ah!.; noQ... cela... jamais...

FOURNIER

Quoit.. Go serait si simple! ^

REN£. e

Oai... mais il ne s'en dessaisira pas.

FOURNIER

Jele crains... A moins que... (pause.) ^ moinsqu'il qu'il ne doive s'absenier. 11 ue Temporterait pas...

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