BEN£. ^ I MARIE
Ce n*est pas possible 11 Oh ! moa Dieu t
FOURNIER, a Roger.
Vous avez trouve aa testament qui vous d^sberite?
ROGER
Oui.
FOURNIER
All profit do qui?
ROQBR.
D'elle?
FOURNIER
Elle, qui?
ROGER
Manon.
FOURNIER. I RENfi.
Manon! ' Gette fillet
MADAME ROGER
Qui.
II ne nous laisse rien?
ROGER
Rien!
FOURNIER
Ah! diablel
renjS.
LegredinI
MADAME ROGER
G'est injuste, n'estce pas?
FOURNIER
Qu'allez-vous faire?
MADAME ROGER
Vous le voyez. Le pr^venir peut-6tre !
AGTE DEUXl^ME
FOURNIBR.
Ahl noQ pas de blague.
MARIE9 a Four-
nieripour qu'il
interyienne.
Monsieur Andr6.
ROGER
C'est mon devoir.
ren£.
Y pensestu?
MADAME ROGER
Get argent est k nous cependant.
FOURNIER
Personne ne connait ce testament?
MADAME ROGER
Personne encore.
Sauves I
FOURNIER, a Roger.
Eh bien, alors?
ROGER
Gette fortune ne m'appartient pas.
FOURNIER
Nul n'osera vous la disputer.
MADAME ROGER
C'est oe que je disais.
ren£.
Tu as raison^
MARIE
Evidemment I
ROGER
Et ma conscience ?
FOURNIER
Votre conscience I Votre conscience I Et moi,
n'ai-je pas aussi une conscience? Ne suis-je pas uu honnSte homme ? Ai-je jamais fait tort k person ne d'un sou? Si jo vous dis que vous pouvez garder cette fortune, vous le pouvez sans crainte,
Tu entends, frerel
MADAME ROGBK.
Je I'avais compris tout de suite avec mon simple bon sens.
ren£.
Quediablel On ne rend pas six cent mille francs comme on boirait un verre d'eau.
ROGER, a Fournier.
Mais r6flSchissez un pen, mon ami... Aucune hesitation ne m*est permise.
FOURNIER
R6£Lechissez vous-meme et longuement. En somme, rien ne presse.
ROGER
Si elle vient a mourir ...?
FOURNIER
Tant mieux, parbleu 1 Vous n'aurez plus de scrupules, alors.
ROGER
Me croyez-vous assez malhonn^te pour garder une fortune qui...?
MARIE
Mais elle t*apparticnt.
ren£.
Plus justement qu*d cette lille.
AGTE DEiJXIEME 63
FOURNIER
Enfin, quelle est votre intention? Vous n*allez pas, j*imagine, avertir la Mauon de votre dScou-
verte ...?
BOGER.
Si.
FOURNIER
Dans son etat, une nouvelle pareille peut la tuer.
MADAME ROGER
La tuert Tu entends.
ren£.
Ge n*est pas Ik ce que tu veux.
FOURNIER
Avant de faire une d-marche auprSs d'elle, laissoz-moi m'assurer si elle peut vous recevoir, si elle est capable de discuter avec vous, de oomprendre m6me ce que vous lui direz...
rbn£.
G'est trop raisonnable.
MARIE
Oh t petit pere, attends.
FOURNIER, avec autorit^.
D*ailleurs, maintenant, cher monsieur, c'est le mSdecin qui parle. Vous allez me faire le plaisir d*entrer chez vous, de vous alLonger sur lecanapS, de n'en pas bouger jusqu'd mon retour et de ne plus penser k rien... Cette histoire vous a bouleverse, je le vols.
MADAME ROGER, alariiK^e.
Si tu allais tomber malade 1
FOURNIER
Jo vais marquer une potion.
ROGER
Eh! non... que diable!
FOURNIBR, energique.
Je vous dis que vous allez rentrer dans votre chambre... Je ne parrlirai qu'apres vous avoir install^ dajas un fauteuil... La... Est-ce clair ?
MARXB.
Oui... Hopose-toi, petit pere.
MADAME ROGER
Nous te laisserons bien tranquille... E^ tu pourras mUrement r6flechir sur le parti que tu dois prendre.
^ Allons... venez...
RENfi.
Viens.
On 1 accompagne jusqu'a la porte de sa chambre* — II y entre.
, SCfiNE V
FOURNIER, RENfi, MADAME ROGER, MARIE,
LA PETITE JEANNE
E'OURNIER} redescendant apr^s avoir donnd un tour de cU.-
Oufl Nous voiU d6barrass6s de lui!
RENfi.
Quelle tuilel
AGTE DEUXi£mE 65
FOURNIER, a madame Roger.
Je V0U3 disais de les vendre ces sales livres. J'avais comme un pressentlment qu*ils nous porteraient malheur.
rbn£.
Aht Si je m'etais dout^... quel feu de joie f
MARIB.
Voila tous nos beaux projets an^antis t
Mais aussi que diable quand on a un cousin quasi millionnaire on s'occupe un pen plus de lui que vous ne le faisiez .. On ne le perd pas de vue... On le fr6quente... On le dorlote.. On est aux pelits soins pour lui... On t§,che de se le rendre favorable.
MADAME ROGER
Je le disais d mon mari. Mais il craignait que Ton tint ses d-marches pour int^ress^es, alors...
FOURNIER
Alor§, il a laissS le champ libre h la Manon t.. Je le reconnais Id !
MADAME ROGER
Quel malheur !
FOURNIER
Ne perdons pas k nous d6soler un temps pr6cieux. Groyez-vous M. Roger assez simple pour rendre sa fortune ?
MADAME ROGER
II le fera comme il le dit.
. . RENfi.
Nous depouiller.
66 LE BIEN D'AUTHUI
FOURNIER
II est fou t
G'est uu honn^te homme, et...
FOURNIER
II a la monomanie de rhonnStet^. Les monomanes on les enferme.
rbn£.
Si nous ne nous insurgeons pas contre lui, il enrichira k nos depens cette fiUe I (a Fournier.) Au fait, la croyez-vous gravement malade?
FOURNIER, d'un air satisfait.
Oui... De plus elle est soignee par JoflFre.
ren£.
Eh bien?
FOURNIER
G'est un ane. Mais elle pout trainer deuxou trois mois encore. Sacredie de sacredi6 I (Pause.) Voyons, lues enfants, pavlons peu, parlous bien... Qui a le testament?
MADAME ROGER
Denis, dans sa poche.
FOURNIER
II ne le gardera pas toujours sur lui. S'il le mettait dans un tiroir...
MADAME ROGER
Eh bien?
FOURNIER, avec le geste de ddchirer un papier.
Eh bien... Eh bien... Dame I...
AGTE D£UXIE:MK 67
MADAME ROGER
Ah!.; noQ... cela... jamais...
FOURNIER
Quoit.. Go serait si simple! ^
REN£. e
Oai... mais il ne s'en dessaisira pas.
FOURNIER
Jele crains... A moins que... (pause.) ^ moinsqu'il qu'il ne doive s'absenier. 11 ue Temporterait pas...