ACTE DEUXIEME
MAPAME ROGER.
Roger I'a mis k la porte. 11 ne consentait k te r,eprcndre qu*i\ cause de ta fortune. Quand il saura que nou3 n'avons plus rien, il s'empresser^ de divorcer. - •
ALPHONSINE, stupdfaite*
Nous n'avons plus rien?
FOURNIER
Voire pere a trouve un testament oii le cousin laisse tous ses biens k Manon.
ALPHONSINE
OhI...
Et il veut absolument le montrer.
ALPHONSINE
Mais c'est foul... Quand a-t-il trouv6 ce testament? Oii? Comment?
FODRNIER.
On vous expliquera cela plus tard... Pour le moment, il faut trouver le moyen d'^loigner M. Roger pendant deux ou trois jours. Si Manon, qui pr6cis6ment est malade, tr^s malade en ce moment, vient h claquer avant que votre p6re lui ait montr6 le testament, nous sommes sauves.
ALPHONSINE
Eloigner papa? Comment?
FOURNIER
C*est ce que nous cherchons.
Un silence.
MARIE
Si nous nous faisions ecrire une lettre par M. Gaubert?...
FOURNIER
Son ami de Saint-Etienne?
MARIE
... Qui Tappellerait en toute hate aupres de lui.
Sous quel pr6texte? (pause.) Et puis, je le connais M. Gaubert, il ne I'ecrira pas, cette lettre.
MADAME ROGER
D*ailleurs, vous n*y pensez pas, A peine arrive ^ Saint-Etienne, Denis verrait qu'on s'est moqu6 de lui, il reviendrait furieux,
FOURNIER
Oui... En effet... Ahl sapristi de sapristil...
Un silence.
ALPHONSINE
AttendeZ done... (on la regarde. — A madame Roger.)
Mon mari est decide k poursuivre son proces.
MADAME ROGER
HMasIJ
ALPHONSINE
Et on va proc6der k Tenqu^te qu'il demande?
MADAME ROGER
Sans doute... Qu'est-ce que cela te fait?
ALPHONSINE
Cela me fait... cela me fait... (Pausd.) Ah! si je pouvais me faire appeler a Paris par mon avoue ou par mon avocat!... Comment obtenir d'eux une dSpdche?
FOURNIER
Une d^pfiche?... Ot Ton vous dirait... quoi? Un« de vos amies ne peut-elle vous Tenvoyer?
AGTE DBUXIEME 7i
ALPHONSINE
Heul... Je n'aime pas que mes amies soient au courant de mes affaires.
FOURNIER
Jossot, mon associe, est k Paris en ce moment, et lout a mon service. Je n'ai qu'a lui tel6graphier le texte de la d6p6che a nous r6exp6dier k Nancy.
ALPHONSINE, vivement.
Et il la signerait alors du nom d'une de mes amies.,. Lucie, par exemple?... Oui, c*est cela.
Mais enfin, que diras-tu [dans cette depSche ? Pour decider papa k partir, il faudrait un motif puissant.
ALPHONSINE
Donnez-moi dequoiecrire. (a Marie.) Laisse-nous, toi.
MARIE
Tu ne veux pas que...?
ALPHONSINE
Laisse-nous et emm^ne la petite.
Marie sort avec Jeanne. — Alphonsine s'assied et ^crit.
MADAME ROGER
Alphonsine... ma fille...
ALPHONSINE
Eh! Je prends tout sur moii (a Fournier.) Vous pouvez lire.
FOURNlERi qui lit par dessus son ^paule.
(( Ton marl a trouv6 deux nouveaux t6moins.
t Grand danger. Viens en toute h&te. — Lucie. »
MADAME ROGER
Qu'est-ce que cela veut dire ? Ton p^re te demandera des explications.
ALPHONSINE
J'y compte bien. Je lui en donnerai.
MADAME ROGER
II ne partira pas.
ALPHONSINE
AprSs m'avoir entendue, il partira avec moi, je
t'en rdponds. (a Foumler, qui I'interrogd du regard. — • A
mi-voix.) Ma foi, tant pis, papa saura tout, puisqu'il le faiit.
FOURNIER. II a pris la d^pSche. II regarde sa montre.
Diablel Je suis en retard, [(a Rene.) Allez chez Manon, place de la Garriere, 16 bis. Dites-lui que je suis chez un client, que je vais arriver. Je cours k la poste et je vous rejoins. La d6p^che sera ici vers cinq heures et demie, six heures... Parfaitl...
(ll prend son chapeau.) AlloUS, hop I FilonS... Fichtre, j'OUbliais... (Il enl^ve la cle de la porte de Roger et la re-
met a Aiphonsine.) La... Je suis plus tranquiUel
MADAME ROGER
Mais... M. Fournier...
FOURNIER
S'il veut sortir, il sera oblig6 de vous appeler. Je compte que vous ne le laisserez pas aller plus loin que ce salon, hein?... (sortant avec Ren^.) Et maintenant, en route !