SCENE PREMlliRE
MADAME ROGER, ALPHONSINE, puia RENfi, puis MARIE.
Au lavor du rideaD) la sc^ue est vide. — Madame Roger enlre. Ella vient collar sod oreille a la porto da Iloger.
MADAMK BOOER, ii mi-voii.
Alphonsinel... (piua ham.) Alphonsinel
ALPHONSINE, olle entre. CostumD do voj'ago triia simple.
Eh bien? Qua veux-tu, mamanT
MADAME ROQBR.
Je Tiens de colter mon oreille k cette ports, je c'entends rien. - •
ALPHONSINE
Papa repose, sans doute.
MADAME ROGER
S*il dtait malade, si toates ces emolions...
ALPHONSINE
Eh! non, voyons I A quoi vas-tu penser lk\
MADAME ROGER
Je suis trop inquidte... II faut que j'ouvre^
ALPHONSINE
Ah! non, non, par exemple... Je te le defends bien.
MADAME ROGER
Mais...
ALPHONSINE
Pas avant le retour de M. Fournier.
MADAME ROGER
Que fait-il done, mon Dieu I
ALPHONSINE
II y a deux heures k peine qu'il est parti. Donnelui le temps d'examiner cette lille, de discuter avec ses collogues. Attendons-le.
MADAME ROGER, avec un soupir.
AttendonS-le. (Elles s'asseyent. — Un silence. — RenS
entre par la gauche.) Ah! Rene, te voili! et M. Four* pier?
RENfi.
II n'est pas revenu?
MADAME ROGER
Pas encore.
AGTE TROISIJEME 75
ren£.
J'ai vu chez Manon le docteur Joffre. II paraissait Ir^s soucieuxjtres impatient. Puis, j'ai do faire un« course pour moi. Je croyais retrouver Fournier.
MADAME ROGER
Nous ne Tavons pas vu.
RENlS.
II ne tardera pas k rentrer. Rien de nouveau?
MADAME ROGER
Rien.
RENfi.
Et la depSche?
ALPHONSINE
Elle n'est pas arrivee.
Pourvu que Jossot se soit trouve chez lui au moment oii on lui aura port6 le t616gramme de Fournier.
ALPHONSINE
II suffit que nous recevions notre d^p^che avant huit heures. Nous prendrons le rapide de neuf heures trois. Je suis prSte.
ren£.
Et une fois k Paris...
ALPHONSINE
Oh! je me charge d'y retenir papa tout le temps necessaire. II aura des courses nombreuses k faire pour moi, et avec moi.
MADAME ROGER
On a eu tort d'envoyer cette depfiche. Que vas-tu
76 LE BISW D'AUTRUI
dire a ton p^re quand elle arrivera? Y as4u bien r6flechi ?
ALPHONSINE
Oui... oui...
MADAME ROGER
Prends garde de I'irriter.
ALPHONSINE
Eh! mon Dieu, maman, laisse-moi faire. (Marie
entre? les yeux rougis par les larmes.) Tu as pleurS, toi ?
MARIE
Ah... Je suis bien malheureuse.
ALPHONSINE
II n*est pas encore temps de se d^soler, ma mignonne.
MARIE
Nous voila plus pauvres qu'autrefois.
MADAME ROGER, devinant la pens^e de sa fille.
Ton fiance ne t'abandonnera pas. II t'aime; il t'epousera.
MARIE
Tu crois...?
MADAME ROGER
N'est-ce pas, Alphonsine?
ALPHONSINE
Gertainement. D*ailleurs nous conserverons notre fortune; va, j'en fais mon affaire.
MARIE
Toi?
ALPHONSINE
Oui. Allons, essuie tes yeux, ma ch^rie. Tout s'arrangera. (Bruit.) Qui est-cel... Ah! M. Fournier...
AGTE TROISI&ME 77
SCfiNE II
Les MfiMEs, FOURNIER.
Fournier ontre on scftne, essoufflo, hors d'haleine, mais le
visage 6panoui.
FOURNIER
Je n'en puis plus! Je suis en nage! Je n'ai pas mis cinq minutes pour venir. Laissez-moi m'asseoir. Ouf!