‹ L'argent d'autrui: comédie en cinq actesChapitre 35 sur 98 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

KATE

Un autre bonbon ?

TAMISEY.

Merci. Le croyez-vous du moins que je vous aime? En êles-vous bien convaincue ?

KATE, sans cesser de manger.

Certes, oui, je le crois. Ce n'était pas une fantaisie, une amusette.

Une fantaisie ? mais vous m'avez rendu très misérable, si misérable môme, que parfois, quand j'étais seul dans mon bureau, je me mettais à pleurer comme un enfant.

KATE

A pleurer !

TAMISEY.

De jalousie, de voir qu'étant votre ami le plus dévoué, le meilleur, je ne parvenais point à mieux.

KATE

Toujours, vous en arrivez là, les hommes, avant d'avoir su mériter ce mieux, comme si l'amitié d'une femme n'était pas déjà une chose suffisante et gracieuse.

TAMISEY.

Moins gracieuse que son amour.

KATE

On peut discuter là-dessus.

64 l'argent d'adtrui

Si encore vous aviez aimé LafontasI

KATE

Attendez que j'arrange votre cravate; elle glisse.

TAMISEY, cherchant à lui baiser les mains.

Lesdouces, les délicates menottes !

KATE, les retirant.

Quel mauvais garçon vous êtes ! Tenez-vous tranquille.

TAMISEY.

Laissez-moi vous embrasser les mains, de nouveau.

KATE, les lui tendant.

Puisque vous demandez, gentiment...

TAMISEY, après les lui avoir baisées.

Ah I s'il ne fallait que demander pour obtenir !

KATE

On demanderait tout le temps, n'est-ce pas ?

TAMISEY.

Je vous aime avec une telle ferveur...

KATE

Vous m'êtes pas indifférent, monsieur Tamisey.

TAMISEY.

Prouvez-le-moi.

KATE, une fois la cravate rajustée.

Gomment! vous n*avez pas remarqué? (Sartgâr^

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