‹ L'argent d'autrui: comédie en cinq actesChapitre 47 sur 98 · BANQUE · texte numérisé non relu

BANQUE

BERTIN

Est-ce toi Lafontas ? jour trois fois heureux t Que bénit soit le ciel qui te rend à mes vœux,..

Tu ne me reconnais pas ?

..4 Non<

ACTR TROISiéMB K!

BERTIN

Berlin... Jean Berlin, du lycée de Versailles. Qu'une barbe mousseuse amplifie et transforme.

Ah ! mon gaillard, je te retrouve donc ! Tu peux te vanter de m'avoir fait courir, par exemple ! courir et te chercher inutilement. Je ne le cherchais plus même, lorsque hier, ftgure-toi, aux Ambassadeurs, tout-à-coup, un vieux monsieur, dans mon dos, s'est mis à prononcer ton nom, à glorifier la banque catholique. C'était une piste ! des souvenirs me lancinant, j'ai interrogé le vieux monsieur, il m'a répondu ; et me voici, très cher, avec Georges. Il s*avance, la mata tendue.

LAFONTAS, sans bouger, impassible.

Georges? Quel Georges?

BERTIN

Mais, lui, le bon Georges^ sacrebleul du lycée de Versailles, comme nous.

LAFONTAS.

. .Souviens pas.

BCRTIN, rœil aigu.

Hé ! hé ! tuas la mémoire courte.

LAFONTAà.

C'est si loin, le collège !

BERTIN

A 18 kilomètres de Paris.

LAFONTAS.

Si ennuyeux! que je ne m'explique pas l'importance que vous y attachez.

82 L ARGKNT D AUTRUI

BERTIN

Oh I oh! tu ne me tutoies plus?

L\FONTAS.

Non ; je ne tutoie plus.

BERTIN, à Georges.

Il est lier.

LAFONTAS.

Est-ce que vous habitez toujours Versailles?

Peu.

LAFONTAS.

Une belle ville, cependant! des jardins magnifiques, des bois, le château. A votre place .-

GEORGES, bas à Berlin.

Filons. 11 est trop pignouf.

BERTIN

Minute, que je lui rende sa monnaie. (A Lafonias.) Et, bien entendu, ça va comme tu le désires, à la Bourse ?

LAFONTAS.

Oui.

BERTIN

Moi, je ne m'y serais pas habitué.

LAFONTAS.

A cause?

BERTIN

Dame ! les larmes des veuves^ les cris des orphe-

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