‹ L'argent d'autrui: comédie en cinq actesChapitre 49 sur 98 · UNE VOIX · texte numérisé non relu

UNE VOIX

Bravo!

LAFONTAS.

Qu'on me trouve une maison de finance où clients et patrons soient mieux d'accord ! Il n'en existe point. Mesdames et messieurs, quand vous êtes satisfaits, je le suis à mon tour... et confus de vos témoignages unanimes. Je ne regrette qu'une

chose : c'est, maintenant, qu'un de nos ennemis, un Juif, ne soit pas là pour voir et raconter ce qu'i 1 aurait vu.

PLUSIEURS VOIX, entre elles, avec de petits rires.

Ah! ah! — Ils doivent être joliment furieux! — Vous pensez !

UN ARCHITECTE, des plans à 11 main, très agité.

Monsieur, un immeuble restauré, incommode, sans dehors, sans valeur décorative, est-il vraiment digne de vous, de votre clientèle, de la France, de Paris, capitale de TEurope? Je ne le crois pas; et certes! vous ne le croyez pas non plus. L'évidence crève les yeux. Je me suis donc mis au travail, et vous apporte un projet de bâtisse grandiose : le temple de la fortune, avec statues allégoriques. (Déployant ses papiers.) Débutons par la façade.

LAFONTAS, bon enfant.

Un temple... grec ? Oh! monsieur... (Il sourit et on rit.) Cela aurait convenu à tant de nos bâcleurs d'affaires!... Mais je plaisante, laissez-moi vos dessins, nous protégeons beaucoup! on les examinera, et je vous écrirai.

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